
Les tentatives de spoliation du patrimoine algérien par le Maroc se poursuivent, avec recours aux coups bas et aux tromperies juridiques.
Après l’inscription à l’Unesco de deux types de caftan, la Gandoura et la Melehfa, comme patrimoine algérien en décembre 2024, le Maroc a usé d’une grosse supercherie pour induire en erreur l’instance internationale, en présentant une candidature qui reprend des éléments déjà inscrits au nom de l’Algérie.
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Le Maroc a-t-il menti sur le caftan ?
Le Maroc a aussi tenté de mentir à leur opinion publique en faisant croire que l’UNESCO a reconnu le caftan comme marocain, alors que deux types de ce vêtement sont officiellement au nom de l’Algérie de une année.
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Lors de la 20e session du comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui se tient à New Delhi du 8 au 13 décembre, l’UNESCO a seulement reconnu “une spécificité marocaine” au caftan, tout en précisant qu’il “existe dans différentes cultures”. En plus de graves irrégularités ont été constatées dans le dossier marocain, dans la forme et sur le fond.
Des irrégularités dénoncées par le délégué algérien devant l’organisation onusienne pour la culture et l’éducation.
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“Nous avons relevé avec une très vive préoccupation que cette candidature ait pu être menée alors que de nombreuses irrégularités ont été constatées dans ce dossier relatif au caftan”, a dit le représentant de l’Algérie.
Celui-ci a précisé que le dossier marocain a été mis en ligne à plusieurs reprises en dehors des délais prévus par les règlements de l’UNESCO.
Aussi, ces mises en lignes successives ont été accompagnées de “modifications substantielles” du dossier initial. Le formulaire, la vidéo et les photographies l’accompagnant ont été profondément remaniés dans la version diffusée fin avril et ces ajouts “figuraient sur un formulaire de candidature 2025, destiné à être examiné en 2025, c’est-à-dire la même année”.
Alors qu’un tel formulaire n’existe pas dans la banque de formulaires de l’UNESCO. “Nous l’avons cherché vainement”, a dénoncé le diplomate algérien.
Caftan : le dossier marocain a repris plusieurs éléments inscrits par l’Algérie
Dans le fond, et c’est le plus important, il a souligné que les modifications marocaines ont introduit une liste de plus de 50 vêtements féminins et éléments de parures sans lien direct avec l’archétype proposé, et plusieurs de ces éléments “reprennent intégralement des vêtements, bijoux et éléments de parures” présentés par l’Algérie sur la liste représentative en 2012 et inscrits en 2024.
“Une telle intégration aurait dû relever d’une procédure d’extension multinationale dès lors qu’il est avéré qu’il s’agit d’un patrimoine partagé”, a-t-il dit, déplorant l’absence de sollicitation de la part des instances compétentes pour “clarifier, discuter ou dialoguer pour compléter le dossier”.
Celui-ci a été publié sur le site officiel de l’UNESCO en avril 2025. Or, et conformément aux directives opérationnelles de l’organisation, “le dossier devait être pendant cette même période entre les mains de l’organe d’évaluation pour examen de décembre 2024 à mai 2025”.
L’Algérie, a rappelé son représentant, a demandé dans sa communication du 19 mai 2025 le retrait immédiat de tous les documents déposés en avril de la même année. “Nous regrettons que ces préoccupations et les correspondances y afférentes n’aient pas pu être mises à la connaissance des États membres dans les délais impartis”, a conclu le délégué algérien.