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Crise de l’eau en Algérie : un expert sonne l’alerte

L’Algérie fait face à une grave pénurie d’eau. Le constat est établi par Mustapha Kamel Mihoubi, professeur en hydraulique.

Crise de l’eau en Algérie : un expert sonne l’alerte
« D'ici à 2040, les eaux renouvelables ne représenteront plus que 40 % du mix hydrique », relève un spécialiste / Par STOCK PHOTO 4 U / Adobe Stock pour TSA
Badreddine Khris
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« Avec seulement 287 m³ d’eau disponible par habitant et par an, l’Algérie se trouve en situation de pénurie absolue. Ce qui équivaut à six fois en dessous du seuil minimal de stress hydrique international ».

Le constat établi par Mustapha Kamel Mihoubi, professeur en hydraulique, quant à la rareté des ressources en eau en Algérie, est, on ne peut plus, alarmant.

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Pour lui, l’indice d’exploitation qui a atteint 171 % prouve clairement que l’on prélève plus que la nature ne peut régénérer.

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Les chiffres alarmants de la crise de l’eau en Algérie

« D’ici à 2040, les eaux renouvelables ne représenteront plus que 40 % du mix hydrique alors que le 1/3 des ressources proviennent déjà de nappes fossiles non renouvelables », relève-t-il lors d’une table ronde organisée récemment par le Club Energy à Alger et dont un compte-rendu a été publié sur les réseaux sociaux.

Partageant le même avis, Abdelmadjid Attar, ancien ministre, avoue que « dépendre aujourd’hui, à raison de 48 %, des eaux non conventionnelles, cela signifie que sur la base de besoins de consommation estimés à 10,8 milliards de m³, 5,18 milliards de m³ sont des eaux non conventionnelles, dont 1,4 milliard de m³ d’eau dessalée et 100 millions d’eaux usées épurées. Cela indique que les eaux non conventionnelles et non renouvelables du Sahara contribuent à environ 3,68 milliards de m³ ».

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Si l’Algérie dépendra à raison de 60 % des eaux non conventionnelles en 2040, sachant que les besoins seront au moins de 13 milliards de m³, a-t-il estimé, le volume des eaux non conventionnelles atteindra 7,8 milliards de m³, dont 2 milliards de m³ à partir du dessalement et 0,45 milliard de m³ d’eaux usées épurées (selon les programmes prévus actuellement).

Ce qui nécessite, selon l’ancien ministre des Ressources en eaux, d’ici à 2040, « soit de soutirer 5,35 milliards de m³ des nappes fossiles du Sahara, or, cela représente un risque à éviter pour en préserver la durabilité et la qualité, soit de poursuivre le programme de dessalement, avec par exemple 5 nouvelles stations, d’une capacité de 1,5 milliard de m³, et surtout investir dans la récupération des eaux usées, dont les capacités actuelles de traitement sont, certes importantes, mais font face à un taux de raccordement de récupération des eaux usées qui ne dépasse pas les 40 % ».

Que faut-il faire ?

Face à cette inquiétante situation et afin de garantir une sécurité hydrique au pays, l’universitaire propose quelques pistes de solutions.

Il estime qu’il est impératif de réduire les pertes d’eau de 35 % à 20 % à l’horizon 2030 et à 15 % d’ici à l’horizon 2040. Ce qui permettra au pays de récupérer entre 0,6-1,5 milliard de m³ d’eaux/an.

M. Mihoubi juge indispensable également de multiplier le dessalement « afin d’atteindre une production de 2,65 milliards de m³/an et pouvoir sécuriser l’approvisionnement en eau potable à 78 % ».

Outre la réutilisation de 1,6 milliard m³ d’eaux usées épurées d’ici 2035, l’enseignant-chercheur suggère la modernisation de l’irrigation agricole pour une efficience et des économies d’eau de (30-40 %).

Il soutient que le secteur de l’eau exige une bonne gouvernance qui ne peut être garantie qu’avec « une haute Autorité dotée de véritables pouvoirs de régulation et d’arbitrage ».

Kamel Mihoubi propose aux autorités compétentes de fixer l’année 2037 comme un échéancier pertinent afin d’assurer la sécurité hydrique en Algérie. Car, prévient-il, « l’enjeu dépasse la simple question de l’eau. Il s’agit d’un problème de sécurité alimentaire, de stabilité sociale et de souveraineté nationale ».

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