
Après le président tunisien Kaïs Saïd, c’est au tour de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, de s’exprimer sur l’accord militaire entre l’Algérie et la Tunisie après la polémique soulevée par la publication d’un faux document le présentant comme authentique.
Le chef de l’État a abordé le sujet lors de son traditionnel discours annuel devant le Parlement réuni en congrès ce mardi 30 décembre au Palais des nations à Club des pins sur la côte ouest d’Alger.
A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison
Tebboune désigne les coupables
« La Tunisie ne fait pas partie des normalisateurs et de ceux qui se sont rués pour le faire », a assené d’emblée le chef de l’État, devant les députés et les sénateurs réunis dans la grande salle du Palais des nations, désignant ainsi, sans les nommer les coupables de cette campagne visant à porter atteinte aux bonnes relations entre Alger et Tunis. Il avait déjà accusé les Émirats arabes unis de se ruer pour normaliser ses relations avec Israël lors de la signature des Accords d’Abraham entre Abu Dhabi et Tel Aviv en 2020.
A lire aussi : Visas diplomatiques : l’Algérie accuse la France de « mauvaise foi »
« Ils croient qu’en la coupant de l’Algérie, la Tunisie sera une proie facile. Ils ne connaissent pas les Tunisiens », a enchaîné le président de la République. Poursuivant, il a dénoncé une « tentative de déstabilisation » de la Tunisie et l’est et l’amitié algéro-tunisienne. « Ils essaient de nous diviser et de semer la zizanie », a-t-il encore dénoncé, en affirmant que la sécurité de l’Algérie et la Tunisie est « liée ».
Tebboune répond aux accusations d’ingérence
Plus précis, le chef de l’État a assuré que l’Armée nationale populaire (ANP) « n’est jamais rentrée » et « ne rentrera jamais » en Tunisie. « Je ne me suis jamais mêlé des affaires intérieures de la Tunisie », a assuré le président, ajoutant que l’Algérie respecte la direction tunisienne.
A lire aussi : L’Algérie instaure un triple contrôle des importations
Le faux document qui est présenté comme l’accord militaire entre les deux pays prétend que l’armée algérienne peut pénétrer jusqu’à cinquante kilomètres dans le territoire tunisien pour poursuivre des terroristes et même participer au “rétablissement de la stabilité institutionnelle” en Tunisie en cas de troubles, en neutralisant des “groupes séditieux”.
Le 18 décembre, le président tunisien a démenti le contenu d’un document publié sur des plateformes et des médias de l’opposition tunisienne et présenté comme l’accord militaire entre l’Algérie et la Tunisie.
Le 7 octobre, l’Algérie et la Tunisie ont signé un accord dans le domaine de la défense qui est en fait une actualisation de celui qui a été conclu entre les deux pays en 2001.