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« Prime de garde à 3.400 DA ! » : le Pr Belhadj réclame 15.000 DA

Le Pr Belhadj déplore la situation des médecins dans le secteur public en Algérie. Il réclame une prime de garde à 15.000 DA

« Prime de garde à 3.400 DA ! » : le Pr Belhadj réclame 15.000 DA
Médecins en Algérie : le constat amer du Pr Belhadj. | Par Iryna / Adobe Stock
Badreddine Khris
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Pr Rachid Belhadj, président du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu) déplore les pratiques bureaucratiques qui pèsent de tout leur poids sur le secteur de la santé en Algérie, et réclame la multiplication par cinq de la prime de garde.

Sur la chaîne Al Hayat TV, il dénonce le comportement bureaucratique de certains responsables qui « bloquent la réalisation des projets de développement identifiés dans le secteur ».

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Pr Belhadj qualifie le secteur de la santé d’ « équation à multiples variables ». Il fait allusion aux autres départements dont ce secteur dépend, à savoir, la fonction publique, les ministères des finances, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

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Le président du Snechu met l’accent sur le « manque de coordination » entre tous ces intervenants et l’«incompétence » de certains de leurs représentants lors des négociations et des discussions autour de sujets engageant l’avenir de la corporation.

Pire encore, chaque responsable interprète à sa manière des dispositions et des articles de loi pourtant clairs et précis, créant ainsi une confusion voire une désorganisation dans le secteur, regrette Pr Belhadj. Il a cité l’exemple du maître-assistant qui exerce pendant des années dans un service. « Une fois promu Professeur, ces années lui sont, en principe, comptabilisées conformément à la loi en vigueur », affirme-t-il.

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Manque de coordination et de professionnalisme

Or, dans la pratique, des cadres spécialisés de la fonction publique ou du ministère des finances font valoir leur propre lecture qui est en parfaite contradiction avec ce qui est prévu par la réglementation promulguée par les ministères de la santé et de l’enseignement supérieur, relève le spécialiste.

Pour lui, la Fonction publique continue de prendre en charge des problèmes nouveaux qui ont surgi dans le secteur de la santé avec un « modèle archaïque ».

«Le secteur de la santé se caractérise souvent par de nouvelles données, des transformations régulières. C’est de la sécurité sanitaire dont il est question », argue -t-il.

En tant que représentant d’un syndicat qui est un partenaire social, Pr Belhadj souhaite avoir en face, comme interlocuteur, des « experts qui anticipent les problèmes dans le domaine et qui ne se suffisent pas de la gestion des crises ».

Ce n’est pas le cas des responsables actuels qui se comportent comme des « pompiers », alertés pour éteindre le feu de la protestation lors des grèves décidées par les organisations syndicales, regrette le Chef de service de médecine légale au CHU Mustapha.

Face à ce « manque de professionnalisme », le président du Syndicat des hospitalo-universitaires plaide pour une spécification au sein de la Fonction publique pour le secteur de la santé.

La principale revendication mise en avant par Pr Belhadj a trait au niveau bas des salaires des praticiens en Algérie. Il en veut pour preuve, la rémunération mensuelle dérisoire de 30 000 dinars algériens (DA) que perçoit de la part du ministère de la santé un maître-assistant débutant.

Des salaires à 30 000 DA !

Le syndicat est allé encore plus loin. Il suggère la radiation de tout praticien qui n’accomplit pas les missions qui lui sont confiées et ne respecte pas ses obligations professionnelles. C’est dire les « bonnes intentions » affichées par cette organisation syndicale.

Ce que trouve inadmissible, encore, Pr Belhadj est la « fragilité » et les « perturbations » qui caractérisent les secteurs de la santé et l’enseignement supérieur.  

« En tant que syndicalistes, nous suggérons des solutions adaptées à la réalité du terrain et conformes à la réglementation en vigueur, approuvées même par les plus hautes autorités du pays mais qui ne sont jamais mises en application par certains responsables », constate-t-il.

Pour lui, il est inconcevable que la prime de garde soit maintenue à 3 400 DA. Ce seuil pratiqué pour ces gardes durant le week-end constitue l’une des raisons qui poussent les professionnels de la santé notamment les spécialistes à quitter le secteur public pour le privé ou aller à l’étranger, ajoute Pr Rachid Belhadj.

En tous cas, la médecine n’est plus choisie par l’étudiant algérien pour les salaires qu’elle offre mais elle est devenue la « filière royale » qu’il suit pour s’installer à l’étranger, reconnaît-il. Par conséquent, le Professeur estime qu’il est plus raisonnable de réviser à la hausse cette prime en la portant à 15.000 DA.

Comparant sa rémunération mensuelle à celui d’un responsable dans d’une entreprise publique économique, il dira : « il s’offre un salaire de 600.000 DA alors que moi, professeur, chercheur, Bac+20, qui exerce et enseigne ma spécialité, je perçois un revenu beaucoup plus bas que le sien ! »

 

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