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Algérie : l’Anira accuse des médias de gonfler leurs audiences

L’Autorité de régulation de l’Audiovisuel met en garde les médias TV qui gonflent leurs audiences

Algérie : l’Anira accuse des médias de gonfler leurs audiences
Médias algériens : l'Anira tire la sonnette d'alarme sur le gonflement des audiences. / Par StockPhotoPro / Adobe Stock
Rafik Tadjer
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Plusieurs chaînes de télévision privées en Algérie s’octroient régulièrement les meilleurs classements en termes d’audience, sans toutefois se référer à des organismes spécialisés et indépendants, comme cela se fait ailleurs dans le monde.

Des médias recourent aussi au gonflement du nombre de visites de leurs sites et de vues de leurs contenus sur les réseaux sociaux. Le phénomène s’accroît pendant le Ramadhan où sont menées de larges campagnes publicitaires, créant une forte concurrence entre les médias.

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La pratique, destinée à attirer des annonceurs est “trompeuse”, estime l’Autorité de régulation qui a décidé de mettre le holà.

L’Algérie ne dispose pas d’un marché solide et organisé de mesure d’audience. Par le passé, certains journaux de la presse écrite avaient recours aux services de l’organisme français de justification de diffusion (OJD) pour certifier leurs chiffres de ventes.

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La prolifération des chaînes de télévision privées et de sites internet a donné lieu à des pratiques malsaines, consistant à s’octroyer des chiffres et des classements qui ne sont pas toujours vrais.

Des pratiques qui sont susceptibles de “nuire à la transparence et à la crédibilité du secteur”, alerte l’Autorité nationale de régulation de l’audiovisuel (Anira) dans un communiqué diffusé ce mardi 10 mars à l’attention des différents acteurs du paysage médiatique et publicitaire.

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La veille de cette montée au créneau, une chaîne de télé algérienne a soutenu que l’une de ses émissions diffusée pendant ce mois de Ramadhan a été vue 25 millions de fois sur Facebook en quelques heures.

L’Anirav a exprimé sa “grande inquiétude” devant l’augmentation de certains comportements qui consistent à “gonfler les indicateurs de suivi et d’interaction sur les plateformes numériques par des moyens artificiels, en achetant des abonnés ou en recourant à ce que l’on appelle les fermes à clics, dans le but de créer une impression trompeuse quant à la taille réelle de l’audience”.

Gonflement de l’audience : une pratique qui nuit au public et aux annonceurs 

Il ne s’agit pas d’une simple “manipulation technique”, estime l’autorité qui souligne que les conséquences de telles pratiques peuvent être lourdes.

Elles sont susceptibles, lit-on dans le communiqué, de “nuire à la transparence du marché publicitaire et d’influencer directement les décisions des annonceurs qui basent leurs investissements sur des indicateurs inexacts”. Cela entraîne “un gaspillage des ressources financières et sape la confiance dans l’environnement médiatique”.

Surtout, les auteurs de telles pratiques tombent sous le coup de la loi. Ces chiffres inexacts peuvent en effet être assimilés à de la “publicité trompeuse”, interdite en vertu de l’article 51 du cahier des charges des activités audiovisuelles.

Il s’agit d’une “atteinte aux principes de concurrence loyale que l’autorité s’efforce de protéger”, signale l’Anirav. D’où sa mise en garde contre “la diffusion de classements et de listes qui prétendent établir le classement des chaînes de télévision ou des œuvres artistiques sous le titre ‘les plus regardées’, sans s’appuyer sur des outils de mesure fiables.”

En l’absence d’une institution nationale compétente et agréée, spécialisée dans le sondage et la mesure d’audience suivant des critères scientifiques uniformes, les résultats et les données diffusés ne peuvent être considérés comme une référence fiable et sont souvent utilisés pour “justifier l’augmentation des prix des espaces publicitaires ou exercer une pression commerciale injustifiée sur les annonceurs”, explique l’autorité de régulation.

Du reste, la loi est claire à ce propos. Le cahier des charges limite la publication des taux d’audience aux données provenant d’institutions compétentes et agréées.

“La publication ou la promotion de données qui ne reposent pas sur des méthodes de mesure reconnues constitue une tromperie de l’opinion publique et des acteurs économiques”, insiste l’Anirav qui invite les médias en question à “faire preuve d’un esprit de responsabilité professionnelle et à respecter les règles de transparence et d’équité dans les activités publicitaires, afin de préserver l’équilibre économique du secteur et de protéger les droits des annonceurs et du public”.

Tout dépassement ou violation de ces règles sera suivi par la prise des “mesures réglementaires nécessaires”, avertit le régulateur public.

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