
L’intention était peut-être bonne, mais l’exemple très mal choisi. À moins que ce soit intentionnel pour rendre les Palestiniens responsables de leur malheur.
En voulant convaincre les dirigeants israéliens de renoncer au rétablissement de la peine de mort pour les détenus palestiniens, le chef de la diplomatie française a fait une citation qui ne passe pas.
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Pour démontrer l’ « humanisme » d’Israël malgré le génocide à Gaza, Jean-Noël Barrot a cité une phrase raciste prononcée il y a plus d’un demi-siècle par la Première ministre israélienne Golda Meir (1969-1974). Dans les réactions suscitées, il est rappelé que Meir est l’une des dirigeantes “les plus racistes et intransigeantes qu’Israël ait connu”.
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Devant le Sénat, Barrot a exprimé jeudi l’inquiétude de la France devant la loi israélienne rétablissant la peine de mort pour les Palestiniens.
“La France reconnaît en Israël, non seulement un peuple ami, mais aussi une éthique humaniste, universaliste, qui a été forgée par des siècles d’exil et de persécution, et qui rejette l’arbitraire de la peine de mort”, a-t-il dit.
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Le ministre français a invité à se rappeler cette phrase de Golda Meir : “Nous pouvons pardonner à nos ennemis d’avoir tué nos enfants, mais nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants.”
Les propos de Jean-Noël Barrot ont suscité un tollé d’indignation en France et au-delà. Beaucoup sur les réseaux sociaux ont d’emblée tenu à rappeler les propos exacts de la responsable israélienne qui n’a pas parlé d’ “ennemis”, mais bien des “arabes”. “Nous pouvons pardonner aux Arabes…”
Golda Meir est connue pour être ouvertement raciste envers les Palestiniens dont elle niait jusqu’à l’existence. Jean-Noël Barrot pouvait-il l’ignorer ?
France : Jean-Noël Barrot dans la tourmente après des propos sur la Palestine et Israël
“Mais qu’est-ce que cela signifie, un tel niveau de confusion. On reste pantois. Cette femme était obsessionnelle de la démographie arabe, elle disait en faire des cauchemars. Sait-il cela l’homme du Quai ?”, s’est interrogé sur X l’avocat français Jean-Pierre Mignard.
Mais qu est ce que cela signifie🙄à un tel niveau de confusion on reste pantois’ cette femme etait obsessionnelle de la démographie arabes elle disait en faire des cauchemards. Sait il cela l’ homme du Quai?😡 https://t.co/fjer0V28Vt
— Jean-Pierre Mignard (@jpmignard) April 10, 2026
Après la diffusion des “fake news, sur Francesca Albanese (la rapporteure de l’ONU sur la Palestine), le chef de la diplomatie française tombe encore ”plus bas” et “creuse toujours plus”, se désole le député de La France Insoumise (LFI), Aymeric Caron.
Barrot a cité une phrase “raciste et suprémaciste attribuée à Golda Meir pour justifier les massacres de Palestiniens, qui ne devraient s’en prendre qu’à eux-mêmes d’être exterminés”, a ajouté le parlementaire, dénonçant l’ “inversion totale des bourreaux et des victimes” et estimant que, “dans un pays normal, cet homme (Barrot) aurait été démissionné depuis longtemps, tant il fait honte à notre diplomatie”.
“C’est de la folie ! C’est inquiétant ! C’est indescriptible !”, s’est indigné le journaliste de TRT Bassam Bouhenni. “Loin de faire preuve de compassion, cette déclaration renverse toute morale en rendant les Palestiniens responsables de la mort de leurs propres enfants”, ajoute-t-il, rappelant que la phrase de Golda Meir est depuis longtemps considérée comme “la preuve de la déshumanisation systématique des Palestiniens par Israël et de la banalisation de la violence à leur égard”.
Unbelievable! A Western official, France’s Foreign minister, tried to prove Israel’s “humanist ethic” by quoting Golda Meir’s disturbing words: “We may forgive the Arabs for killing our sons, but we cannot forgive them for forcing us to kill theirs.” This is insane! Troubling!… pic.twitter.com/1YffNt9cBJ
— Bassam Bounenni بسام بونني (@bbounenni) April 11, 2026