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L’Algérie et la France sont en train de rétablir le contact, mais cette fois dans la discrétion. C’est la méthode pour laquelle aurait opté le président Emmanuel Macron, à en croire son ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Une manière de mettre la tentative de rapprochement hors de portée de la capacité de nuisance du courant anti-algérien ?
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Dans des confidences faites mardi 21 avril au journal français L’Opinion, Laurent Nuñez a réaffirmé que les choses commencent à bouger avec l’Algérie. « Pas assez vite », reconnaît-il, mais « ça redémarre ». Les deux pays sont « partis de zéro », après un « blocage complet », indique-t-il.
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Nuñez a effectué à la mi-février une visite à Alger à l’issue de laquelle il a annoncé la reprise de la coopération sécuritaire et migratoire. Deux mois après, il réitère que « ça repart » concernant les reconduites aux frontières.
Laurent Nuñez a révélé un changement d’approche dans la relation avec l’Algérie. « On a décidé qu’on ne communiquait pas », et, précision importante, « c’est le président de la République qui a pris cette décision ». « On ne communique pas sur la reprise de la politique migratoire avec l’Algérie. On ne dit pas ni c’est pas bien, ni c’est bien. Voilà, on ne dit rien », déclare Laurent Nuñez.
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France – Algérie : une reprise loin du tapage médiatique
La décision d’Emmanuel Macron d’opter pour la discrétion s’apparente à une précaution après les échecs essuyés lors des tentatives de rapprochement passées, trop médiatisées.
En avril 2025, la visite à Alger du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a été suivie d’une nette dégradation de la relation bilatérale à la suite de l’incarcération d’un agent consulaire algérien en France.
Les deux capitales ont procédé à des expulsions réciproques sans précédent d’agents consulaires et la France a rappelé son ambassadeur à Alger. Une année après, Stéphane Romatet n’est toujours pas retourné à son poste.
Alger avait accusé Bruno Retailleau, qui était alors ministre de l’Intérieur, d’avoir orchestré l’incident pour saboter le processus de rapprochement.
Après le voyage en Algérie de Laurent Nuñez, la relation a connu de nouvelles tensions à cause de la même affaire. Fin mars dernier, Alger a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France à la suite de la décision de maintenir en détention le diplomate algérien.
Les choses ne sont toutefois pas allées plus loin cette fois puisque, comme le confirme le ministre français de l’Intérieur, les engagements pris en février concernant la reprise de la coopération migratoire ne sont pas remis en cause.
La surmédiatisation a fait plus de mal que de bien à la relation bilatérale à cause essentiellement de l’interférence du courant anti-algérien, représenté au sein du gouvernement français, jusqu’à octobre dernier, par Bruno Retailleau.
Loin du tapage médiatique et de la surenchère politicienne, le processus de retour à la normale a plus de chances d’aboutir.