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Entretien avec Laid Benamor : « La crise en chinois s’écrit avec deux caractères »

La CACI organise ce mercredi un forum sur les opportunités d'investissement en Algérie. Pourquoi ce timing ? Ce forum, c’est la traduction d’une volonté politique portée en plus haut lieu.…

Entretien avec Laid Benamor : « La crise en chinois s’écrit avec deux caractères »
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La CACI organise ce mercredi un forum sur les opportunités d’investissement en Algérie. Pourquoi ce timing ?

Ce forum, c’est la traduction d’une volonté politique portée en plus haut lieu. La CACI organise ou s’associe régulièrement à ce type d’événements, ici ou à l’étranger comme le week-end dernier à Marseille. C’est notre rôle de Chambre de Commerce que de promouvoir l’investissement. Ce qui change depuis quelques temps, c’est une plus grande facilité à vendre la destination Algérie. Le regard des entrepreneurs étrangers a changé parce que notre pays a entamé une démarche sérieuse de diversification. L’initiative, notamment privée, est encouragée et soutenue. Nous avons multiplié les actions pour cibler davantage les investisseurs susceptibles d’apporter une contribution effective à notre économie nationale hors hydrocarbures.

Ces actions, ces nouvelles opportunités et les instruments d’investissements seront détaillés lors de ce forum, qui sera aussi l’occasion de nouer des liens entre hommes d’affaires car je crois que rien ne remplace le contact humain.

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En quoi l’Algérie est-elle attractive ?

Je citerais d’abord le contexte politico-économique. Notre pays présente une stabilité qui rassure les investisseurs et qui leur offre un climat favorable. C’est un marché immédiat en plein essor, qui ouvre la porte d’un marché régional et continental à très fort potentiel. Que recherche un investisseur ? À faire fructifier son argent. À récolter davantage que sa mise. Si vous arrivez sur un marché saturé à faible croissance, ça n’a aucun intérêt. L’un des avantages de l’Algérie, je le dis souvent, c’est que c’est le pays des possibles. Nous avons beaucoup misé sur la formation, ce qui fait qu’aujourd’hui la ressource humaine qualifiée est davantage disponible.

Il y a de nouvelles dispositions fiscales, législatives et réglementaires mises en place par la loi de finances et la loi sur la promotion de l’investissement. Je peux aussi vous parler de nos infrastructures : des zones industrielles viabilisées et dotées des sources d’énergie, un coût compétitif du GwH, un réseau routier qui s’étend sur des milliers de kilomètres, des accès à proximité des grandes villes, des ports et aéroports, et des marchés d’écoulement. À tel point que Faderco, et c’est un exemple parmi d’autres, a inauguré il y a quelques jours une troisième usine à Sétif et fait partie aujourd’hui des acteurs sérieux dans l’hygiène sur les marchés internationaux.

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Y-a-t-il des secteurs à promouvoir ?

Les industries mécaniques, les industries manufacturières et les industries de transformation en général. L’agro-industrie connaît aussi un engouement, cela me réjouit. C’est un secteur qui draine les investissements. En réalité, c’est un élan qui traverse toute la filière agricole, grâce à l’introduction des nouvelles pratiques technologiques dans les cultures intensives et la mise en valeur des terres dans de nombreuses régions stratégiques.

Des programmes spéciaux existent pour le développement de la céréaliculture, l’arboriculture, certaines cultures maraîchères ainsi que les cultures pour nourrir le bétail.

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Le tourisme est un autre secteur qui bénéficie d’une attention particulière. Notre potentiel est infini en la matière : nous partons de zéro et la diversité de nos paysages – mer, désert, montagne – est exceptionnelle ! Le législateur ne s’y trompe pas d’ailleurs en orientant les incitations vers ces secteurs en priorité.

Est-ce que le climat d’affaires est un obstacle ?

C’est à nous, hommes d’affaires, de le façonner ! Raison pour laquelle nous nous sommes structurés et organisés, au sein d’associations, de chambres de commerce… C’est à nous d’impulser la dynamique pour porter publiquement le débat sur nos préoccupations. Pour trouver des solutions. Il faut évidemment continuer à le faire. Je dis à mes camarades que s’ils attendent que les autres s’organisent à leur place, ils devront s’accommoder de ce qui existe.

Le climat des affaires comporte partout des avantages et des inconvénients. Mais cela ne devrait en aucune manière constituer un frein à l’investissement.

La règle 49/51 est-elle un frein à l’investissement étranger ?

C’est un choix de politique économique de l’État algérien. Il n’est pas le seul. De nombreux pays, aussi bien en Europe et en Asie, adoptent aussi cette règle pour asseoir une stratégie de protection d’une structure économique pérenne, à l’abri des aléas économiques et des risques de perte des infrastructures de base.

De nombreuses entreprises étrangères nous font part ces derniers temps de leur intention de s’installer en Algérie. Elles acceptent volontiers cette règle, que je crois saine, parce qu’elles savent que le partenaire à 51% apporte une valeur ajoutée dans sa connaissance du marché et du processus de déploiement de l’investissement. Ça fonctionne pour les entreprises qui conçoivent une stratégie de long terme et qui ne sont pas juste à la recherche des moyens les plus efficaces de transfert des fonds.

La crise économique actuelle est-elle une opportunité à saisir ?

La crise en chinois s’écrit avec deux caractères. L’un représente le danger. L’autre l’opportunité. J’en ai fait ma maxime. C’est une opportunité dans la mesure où les facteurs de croissance sont tirés par une demande en nette évolution et un marché résilient et agile. Ça peut devenir un frein si on ne traite que les effets sans s’intéresser aux causes pour mieux anticiper.

Est-ce que les investisseurs manquent d’informations sur les secteurs porteurs en Algérie ?

Les informations sont disponibles mais éparses et souvent non structurées. Un investisseur a d’abord besoin de visibilité. Les informations sont un outil d’aide à la décision, avant de se positionner sur un marché. Ce n’est pas convenable de trouver parfois, dans des domaines très spécifiques, des données différentes selon la source qui les génère. Il serait peut-être utile que le ministère du Commerce et ses structures d’une part, et le ministère de l’Industrie et les siennes d’autre part, soient promus aux avant-postes des sources officielles et autorisées.

Les investisseurs se plaignent souvent des obstacles bureaucratiques et de l’instabilité juridique. Ont-ils raison ?

Franchement, des efforts louables et considérables ont été consentis, sur la simplification via la dématérialisation et l’ « e-administration. » En tant qu’opérateurs économiques, nous nous félicitons aussi que les pouvoirs publics œuvrent pour une plus grande stabilité du cadre réglementaire.

Pour convaincre les investisseurs, qu’est-ce que vous allez leur dire ?

En Algérie, beaucoup est à faire. Le marché est encore apte à accueillir des intentions, mais pas pour longtemps. Dans la conjoncture actuelle, il y a ce qu’on appelle un avantage pionnier ou prime au premier entrant. C’est-à-dire que dans les secteurs stratégiques que j’ai évoqués, les premiers qui disent « banco ! je viens ! je signe » ont la garantie d’être dans les meilleures dispositions et de n’avoir aucune concurrence pendant longtemps. De quoi préparer sereinement la phase deux du déploiement : l’internationalisation notamment vers les pays voisins régionaux, puis continentaux.

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