
Hormis les titres de presse français, les médias étrangers ont consacré peu de place aux résultats des élections législatives algériennes. La plupart les évoquent seulement à travers les informations relayées par les agences de presse.
Législatives : « une défaite générale ? »
Selon le ministère de la Communication, « près de 80 représentants de grands médias arabes et étrangers » ont été accrédités pour couvrir les élections législatives. Libération fait partie des médias français qui ont pu dépêcher un envoyé spécial. Ce dernier fait d’ailleurs une amère conclusion en qualifiant cette élection de « défaite générale ». « La « stabilité », si chère au régime, frise la caricature », explique le journaliste, avant de noter que les « partis dits d’opposition », bien qu’ils aient tous choisi de participer au scrutin, ont « échoué à capter le vote protestataire ».
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Le Monde consacre aussi, ce samedi, un éditorial aux législatives avec un avis bien tranché : « Le pouvoir algérien est incapable de se renouveler ». Selon le grand quotidien français, qui n’a pas pu envoyer de journaliste faute de visa, le résultat des élections n’est guère surprenant et Alger s’est réveillée « toujours aussi blanche, toujours dirigée par un Président fantôme ». Pour qualifier la classe politique et le pouvoir en général, le journal use de termes fermes : « corrompue », « opaque », « monopolisation », « caste » et « incompétence ».
Une victoire du FLN qui « masque à peine une grande fracture »
L’Express parle d’une « Algérie sclérosée » et rappelle le « loupé » de la campagne avec les affiches aux visages non-algériens et les appels aux boycotts sur les réseaux sociaux. Le média panafricain Africanews estime que les « vidéos subversives » des Youtubeurs « ont poussé les internautes algériens à s’interroger sur l’utilité de leur vote ». Aujourd’hui, Le Monde souligne aussi le rôle des jeunes Algériens qui ont utilisé les réseaux sociaux pour « tourner le pouvoir en dérision », avant de conclure laconiquement que le pouvoir est tel « un bloc d’immobilisme, indifférent aux attentes d’une population ».
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Dans la presse espagnole, on constate une rupture entre le pouvoir et la population. El Mundo note un maintien du « statu-quo », avec la victoire d’un parti (FLN) qui « domine la scène politique depuis l’indépendance ». Le quotidien revient aussi sur les partis islamistes, troisième force politique du pays. « Il s’agit d’une force islamiste tolérée par le régime, et qui n’a rien à voir avec le Front islamique du salut (FIS) », précise El Mundo qui rappelle aussi le faible taux de participation (37,09% selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur).
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