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Ahmed Merani, ancien ministre des Affaires religieuses : « Mon seul tort est d’avoir défendu l’État algérien »

Ahmed Merani, ancien ministre des Affaires religieuses du gouvernement Sid Ahmed Ghozali et membre fondateur du FIS dissous dénonce des pressions qu’il dit subir depuis 2014.

« Je suis interdit de voyage depuis 2014. Je suis poursuivi pour une affaire de port d’armes sans autorisation alors que j’ai cette autorisation. Je ne sais pas si le juge d’instruction reconnait l’État algérien ou pas, puisque une copie de l’autorisation est dans le dossier », a-t-il déclaré, dans un entretien à TSA Arabi, publié ce mardi 12 décembre.

Selon lui, l’arme lui a été remise, à sa demande, en 1991 pour se protéger. « À l’époque, j’ai fait des déclarations à la télévision algérienne pour dire que des partis au pouvoir et au sein du Front (FIS) poussaient vers l’affrontement et vers le bain de sang. J’étais alors condamné à mort par ceux qui n’ont pas compris ce que je disais. J’étais ensuite convoqué par le général Mohamed Mediene (Toufik, alors patron du DRS) qui m’a dit que j’étais ciblé. Il m’a dit qu’il pouvait m’assurer la protection. J’ai répondu que je connais ces lâches et que je ne les crains pas. J’ai demandé une arme. Il m’a demandé des documents avant la remise de l’arme. Mon seul tort est d’avoir défendu l’État algérien. C’est l’État qui m’a remis l’arme. Si ceux qui me poursuivent pour port illégal d’arme ne reconnaissent pas cet État, c’est autre chose », a-t-il détaillé.

Ahmed Merani a confié également que son téléphone et ses emails sont sous contrôle 24 h sur 24, depuis les déclarations qu’il a faites sur la chaîne Atlas TV (fermée depuis) lors des élections présidentielles de 2014.

Merani avait pris position contre le 4e mandat pour le président Abdelaziz Bouteflika. « J’ai fait ces déclarations durant la campagne électorale. Il se pourrait qu’Atlas TV ait gêné le pouvoir. Le quatrième mandat se termine presque et le pays continue son chemin. L’Algérie doit tourner cette page. Mon affaire, dès le début, n’était pas logique. La Gendarmerie nationale n’est pas venue à la maison pour les fouilles. Un responsable de la gendarmerie m’a convoqué pour me dire qu’il avait reçu l’ordre de récupérer l’arme. Ils sont venus ensuite à la maison la prendre. Après, j’étais étonné de constater que le juge d’instruction me poursuivait pour port d’arme sans autorisation. Une accusation sans fondement », a-t-il expliqué. « C’est une mascarade qui n’honore ni l’Algérie ni la justice. Je dis que j’aime l’Algérie et je continue à la défendre », a-t-il conclu. L’Affaire Ahmed Merani a été reportée six fois. Son procès est reprogrammé pour le 21 décembre au tribunal de Sidi M’Hamed à Alger.

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