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Algérie : récolte abondante de céréales, manque inédit de moissonneuse

L’Algérie fait face à un manque inédit de moissonneuses-batteuses pour la récolte de céréales 2026 qui s’annonce exceptionnelle.

Algérie : récolte abondante de céréales, manque inédit de moissonneuse
L’Algérie fait face à un manque inédit de moissonneuses-batteuses pour la récolte de céréales 2026 / Photo par James Baltz / Unsplash pour TSA
Djamel Belaid
Durée de lecture 2 minutes de lecture
Clock 2 minutes de lecture

Du fait de la récolte exceptionnelle de céréales et de la demande accrue en matériel de récolte, l’Algérie a musclé son dispositif afin de faciliter la moisson et les livraisons aux Coopératives de céréales et légumes secs (CCLS) et de répondre au manque inédit de moissonneuses-batteuses.

Récolte de céréales : quatre mesures d’urgence

La première est le lancement par le ministère de l’Agriculture de la plateforme hassad.dz, qui permet aux agriculteurs de faire appel à des moissonneuses, avec la mobilisation de plus de 1.300 machines par l’Office algérien professionnel des céréales et la société Agrodrive afin de pallier la pénurie enregistrée dans plusieurs wilayas du pays.

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La deuxième mesure est la possibilité offerte aux agriculteurs ne disposant pas de la carte d’agriculteur de livrer leurs récoltes aux CCLS, en déclarant leur production soit via la plateforme hassad.dz, soit en s’adressant aux responsables des antennes les plus proches de chez eux.

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La troisième mesure prise par le département de Yacine Oualid est la mise en service d’un nombre supplémentaire de moissonneuses-batteuses au profit des agriculteurs, dans le cadre de l’accord conclu entre la société Agrodrive et le PMAT.

Quatrième mesure décidée par le ministère de l’Agriculture : ouverture des centres de stockage et de réception des récoltes tous les jours de la semaine (7 jours sur 7), y compris les jours fériés et les fêtes nationales et religieuses, avec une prolongation des horaires d’ouverture.

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Ces quatre mesures surviennent après qu’un manque criant de moyens de récolte des céréales se fait sentir sur le terrain en raison, dit-on, d’une récolte exceptionnelle voire historique.

« Les grains tombent et il n’y a pas de machines »

Sur les réseaux sociaux, des agriculteurs font part du manque de matériel. L’urgence est d’autant plus grande que les risques d’égrenage liés au vent, de dégâts d’animaux, voire d’incendies menacent.

Dans la wilaya de Tiaret, au volant de son pick-up, un agriculteur confie à la chaîne Web Midan News : « Les grains tombent et il n’y a pas de machines. » D’un ton alarmiste, il déclare : « Les récoltes sont perdues, on vous demande d’informer de cette situation. »

Devant un centre de collecte, l’agriculteur Belkhir Lakdhar témoigne de la présence d’une quarantaine de camions attendant de pouvoir décharger leur cargaison de grains.

À Mila, le directeur de la CCLS a lui-même lancé un appel aux agriculteurs pour les informer de la réception des livraisons de 7 h du matin à 7 h du soir.

La campagne de moisson en Algérie a pourtant fait l’objet d’une attention particulière de la part des services agricoles. Dans chaque wilaya existent des commissions rassemblant les différents organismes concernés.

Fin avril, l’agence APS faisait part qu’en application des orientations du président Abdelmadjid Tebboune, « visant à mettre le matériel nécessaire à la disposition des agriculteurs », le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche annonçait que la société AgroDrive mobilisait « d’importants moyens matériels et techniques à travers les différentes wilayas du pays pour assurer le succès de la campagne moisson-battage de la saison 2025-2026 ». AgroDrive a « récemment procédé à l’acquisition de 331 moissonneuses-batteuses et 1.800 tracteurs ».

Augmentation des emblavements

L’explication de cette soudaine demande de matériel supplémentaire réside dans l’augmentation des surfaces emblavées et des volumes de production attendus à la suite d’une météo particulièrement clémente cet hiver. Les pluies de l’automne ont poussé les agriculteurs à prolonger les semis, puis la poursuite des pluies au printemps ont profité aux cultures.

La filière céréales a d’autant plus profité de ces conditions climatiques que les CCLS ont pu répondre à la demande accrue en semences certifiées, à la location de semoirs et à la vente à crédit de produits phytosanitaires. Quant aux banques, elles ont assuré des prêts de campagne ainsi que le rééchelonnement des remboursements concernant les agriculteurs touchés par les précédentes sécheresses.

La réalisation du programme de construction de 350 centres de collecte a également pu lever les appréhensions des agriculteurs qui, les années précédentes, devaient parfois attendre jusqu’à 48 heures devant les CCLS pour livrer leur récolte.

Lien permanent : https://tsadz.co/pojqk

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