
Amine El Bahi, jeune juriste, homme politique et chroniqueur franco-algérien, a appris à ses dépens que l’extrême droite ne se fréquente pas quand on a le profil qui est le sien.
Ses origines algériennes l’ont très vite rattrapé. Malmené et humilié par ceux qu’il croyait être ses amis, l’homme s’est rendu à l’évidence. Un peu tard ?
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Drame familial et engagement contre l’islam radical
Amine El Bahi a tout juste 30 ans. Il est né en France dans une famille originaire d’Algérie. Très jeune, il a décidé de s’engager en politique. Il a fait le choix étonnant de rejoindre le camp qui fait de l’immigration, des Algériens et des musulmans une obsession.
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Militant de la droite traditionnelle, il a fini par rejoindre la campagne d’Éric Ciotti en 2022. Son problème à lui, c’est “l’islamisme” et le “séparatisme islamiste” depuis le départ de sa sœur pour faire la guerre en Syrie. Ce drame familial l’a profondément marqué.
Sorti de l’anonymat par un reportage de M6 sur le salafisme dans les quartiers, El Bahi a multiplié les prises de position publiques. Il a réaffirmé son engagement total contre l’islam radical dans son ouvrage intitulé “Je ne me tairai pas !”. Il aurait pu en rester là.
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Mais sa trajectoire ne pouvait que le mener vers un de ces médias qui, “matin, midi et soir”, pour reprendre la sentence de Sabrina Sebaihi, parlent de l’immigration, des musulmans et de l’Algérie.
Cnews était tout indiquée. Il devient chroniqueur sur la chaîne de Vincent Bolloré. Mais aussi membre du comité stratégique du média “Livre Noir”, devenu “Frontières”, avec un certain Boualem Sansal.
Le discours xénophobe a toujours eu recours à la légitimation par la caution qu’apportent des personnes issues des communautés qu’il stigmatise.
Amine El Bahi a pris ses distances avec “Frontières”, à qui il a reproché ses penchants “identitaires”. Ce qu’il fera plus tard avec CNews.
CNews et le courant identitaire
Sur cette chaîne, il a publiquement été humilié une première fois en mai dernier pour ses origines algériennes. Sur le plateau, il a expliqué que la volonté d’Éric Zemmour d’imposer aux Français de “choisir” est une “faute historique qui conduirait demain à demander à nos compatriotes juifs de choisir entre la France et Israël”.
Le journaliste Gautier Le Bret l’a alors pris à partie, lui demandant et redemandant s’il était “100 % Français et 100 % Algérien”.
Le chroniqueur a beau répéter que ses grands-parents “étaient français avant les Niçois et les Savoyards” et qu’ils ne sont pas 100 %, “mais 200 % français”, le journaliste ne l’a pas lâché. La séquence a fait le bonheur des réseaux sociaux et a rappelé à tous qu’il est vain de tenter d’amadouer l’extrême droite.
Quelques semaines après, El Bahi fait parler de lui en France en saisissant le gendarme de l’audiovisuel contre… la chaîne qui l’emploie. Les chroniqueurs français n’en reviennent pas. C’est une première.
Selon Mediapart, Amine El Bahi a appelé l’Arcom à tirer “les conséquences que les nouveaux éléments d’information relatifs à la situation politique d’Erik Tegnér appellent au regard des règles applicables en matière d’équité du temps de parole et de respect du pluralisme”.
Plus clairement, il a découvert (encore tardivement) que le journaliste Erik Tegnér, qui est aussi directeur de Frontières, “a été identifié en sa qualité de membre du parti Identité-Libertés de Marion Maréchal”.
“Mon avenir personnel importe peu au regard de ces impératifs démocratiques”, a-t-il écrit sur X, ajoutant qu’ “être français est une fierté qui dépasse les origines et les parcours individuels.”
Amine El Bahi était peut-être sincère dans son engagement contre l’islam radical. Mais il avait aussi la naïveté de croire à la sincérité de CNews et de penser, un moment, que l’extrême droite ne met pas tous les concepts dans le même sac.