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Choléra : l’origine de l’épidémie reste inconnue

Choléra : l’origine de l’épidémie reste inconnue

L’épidémie de choléra touche jusqu’à ce mardi 28 août 59 cas confirmés parmi 172 patients suspectés et hospitalisés, selon un bilan officiel du ministère de la Santé.

Aucun nouveau décès « n’a été notifié en dehors des deux décès qui ont été enregistrés au niveau de la wilaya de Blida », a affirmé le ministère alors que des informations ont fait état du décès, à Blida, d’une femme suspectée d’avoir été atteinte par le choléra.

Les communiqués émis jusqu’à présent par le ministère de la Santé détaillent la répartition géographique des patients mais n’abordent jamais les questions relatives à l’enquête épidémiologiques et encore moins à l’origine de la propagation de la maladie.

Ainsi, d’après le communiqué de ce mardi, on sait que 30 cas confirmés ont été recensés à Blida, 3 à Bouira, 14 à Tipaza, 11 à Alger et 1 à Médéa. Le communiqué, peu précis comme les précédents, ne donne pas les dates auxquelles a été constatée la contamination de chaque patient. Il reste donc impossible de dire avec certitude d’où provient l’épidémie et il est probable que même le ministère de la Santé l’ignore.

Bouira origine probable de l’épidémie

Chronologiquement, le premier foyer de l’épidémie est sans doute celui de Bouira, où trois cas ont été reconnus par le ministère de la Santé. Les trois malades dont la contamination a été attestée entre le 7 et le 14 août appartiennent tous à la même famille.

« Nous avons des cas à Blida qui sont de la même famille que celle qui a été atteinte à Bouira et quand ils leur ont rendu visite, ils ont ramené avec eux la maladie dans la wilaya de Blida », a déclaré, samedi 25 août, Djamel Fourar, Directeur général de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé.

Cette information, ajoutés au fait que le foyer de Ain Bessem a précédé ceux de Blida, Tipaza, Médéa et Alger, permet de déduire que l’origine de la contamination se situe bien dans la région de Ain Bessem et plus précisément dans les communes de Raouraoua et Bir Ghbalou d’où sont originaires les trois premiers cas.

Cette hypothèse est renforcée par l’information donnée par Youcef Terfani, directeur-adjoint de la prévention au ministère de la Santé, cité par l’APS et selon laquelle il a été recensé deux personnes suspectées d’être atteintes par le choléra et appartenant à la même famille contaminée à Ain Bessem. Ces deux patients ont été contaminés suite à une visite qu’ils ont rendue à leurs proches à Ain Bessem, selon M. Tefrani. Ces informations sont autant d’indices en faveur d’une origine de Bouira de l’épidémie, même si d’autres origines restent possibles.

La source de Sidi Lekbir, une fausse piste ?

La source de Sidi Lekbir, située à Ahmer El Ain dans la wilaya de Tipaza a été déclarée contaminée par le vibrion cholérique par M. Fourar qui a annoncé sa fermeture et l’interdiction de la consommation de son eau.

Le ministre de la Santé Mokhtar Hasbellaoui a affirmé, lors d’une conférence de presse qu’il a donnée le dimanche 26 août, que « l’enquête épidémiologique, initiée par les autorités sanitaires suite à la déclaration du choléra dans quatre wilayas du pays, a débouché sur l’identification du foyer de propagation de la maladie ». Ce foyer est, selon lui, la source de Sidi Lekbir.

Cette volonté de décréter la source naturelle de Sidi Lekbir comme foyer originel de l’épidémie est farfelue et ne cadre pas avec les autres données disponibles, notamment la chronologie de la propagation de la contagion et dans laquelle le foyer de Ain Bessem reste indéniablement le premier, même s’il est officiellement éteint depuis le 14 août, date à laquelle la dernière contamination a été constatée selon le ministère de la Santé.

Les protestations des habitants de Ahmer El Ain qui ont dénoncé l’annonce de la contamination de leur source comme étant un « mensonge », et l’absence de nouveaux cas de choléra à Ahmer El Ain alors que le délai d’incubation de la maladie a été dépassé depuis que plusieurs habitants de cette localité ont bu de grandes quantités de l’eau de cette source supposément contaminée, laissent penser que le ministère de la Santé s’est lancé sur une fausse piste dans la recherche de l’origine de la propagation du choléra.

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