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E.N : ce que doit faire Belmadi pour réussir sa mission

E.N : ce que doit faire Belmadi pour réussir sa mission

Désigné à la tête de l’équipe nationale de football pour l’extirper du fond du gouffre, le nouveau sélectionneur Djamel Belmadi aura du pain sur la planche pour permettre à cette sélection d’en finir avec cette traversée du désert.

Pour permettre aux Verts de retrouver des couleurs, le successeur de Rabah Madjer doit suivre une feuille de route de quoi lui permettre de réussir ses débuts, une manière de conforter le choix porté sur ses services par la fédération algérienne (FAF). Trois étapes incontournables que Belmadi va certainement tenter de réaliser pour mener la sélection à bon port. Décryptage.

Libérer les joueurs sur le plan psychologique

Ayant bu le calice jusqu’à la lie jusqu’à être ridiculisés par une équipe Cap-Verdienne en match amical disputé en juin dernier au stade du 5-juillet (défaite 3-2), les joueurs de l’E.N restent sur quatre revers de rang en tests amicaux, une mauvaise série qui a fini par porter un sérieux coup au moral des troupes.

Conscient de cette donne importante, Belmadi va certainement prononcer un discours direct et mobilisateur lors de son premier face à face avec les joueurs, précédant la prochaine sortie officielle prévue le 7, 8, 9 septembre en déplacement face à la Gambie, dans le cadre de la 2e journée (Gr.D) des qualifications de la CAN-2019.

En sa qualité d’ancien capitaine de l’équipe nationale, Belmadi (42 ans) est appelé à trouver les mots justes pour d’abord responsabiliser les joueurs sur la « gravité » de la situation qu’ils traversent depuis plusieurs mois déjà, chose qui nécessaire pour rebondir et aller de l’avant.

« Je dirais que c’est un gars qui dit les choses franchement. Il tiendra certainement un discours très fort dans le but de créer une certaine harmonie ainsi qu’un nouvel état d’esprit. Ces détails ont vraisemblablement manqué à l’équipe nationale durant ces quatre dernières années », a anticipé l’ancien coach national Abdelghani Djadaoui (2000-2001) à propos de Belmadi, dans un entretien accordé vendredi soir au site sportif La Gazette du Fennec.

Renouer avec la victoire

Tout en libérant nécessairement les joueurs sur le plan psychologique, Belamdi va s’attaquer au registre purement technique des choses, en visant rapidement une victoire, de quoi permettre aux Verts de mettre fin à une longue période disette et retrouver le sourire.

Le prochain match à Banjul face à la Gambie, sera une belle occasion pour provoquer le déclic une fois pour toutes, d’autant que le rendez-vous se jouera à l’extérieur et ses retombées positives seront assez importantes en vue du reste du parcours

Une éventuelle victoire permettra à Belmadi de poursuivre son travail en toute sérénité, loin de toute pression populaire. Même si dans le cas d’un mauvais résultat à Banjul, Belmadi n’aura rien à se reprocher surtout qu’il n’aura pas bénéficié d’assez de temps pour préparer une équipe compétitive et conquérantes, au vue des circonstances actuelles.

Pour cela, les coéquipiers de Yacine Brahimi devront impérativement adhérer à sa méthode de travail et son discours, pour pouvoir faire le grand saut et renouer avec les bons résultats.

Même si on l’a répété à maintes reprises que le remède de cette sélection ne se résume pas dans le simple changement d’entraineurs, les Verts seront plus que jamais appelés cette fois-ci à se donner à fond et montrer leur engagement et dévouement aux couleurs nationales.

Instaurer une discipline de fer

On se souvient du régime « militaire » instauré par l’ancien sélectionneur national le Bosnien Vahid Halilhodzic pendant son règne (2011-2014), une politique fructueuse qui avait permis aux Verts de faire douter l’ogre allemand aux 1/8es de finale du Mondial 2014 au Brésil (défaite 2-1, a.p). Une qualification historique au 2e tour du tournoi qui restera l’une des plus belles pages du football national.

Réputé rigoureux et intransigeant avec ses joueurs, Belmadi est appelé à suivre le chemin de « Coach Vahid », en instaurant une discipline de fer, gage de toute réussite. Il est vrai que les derniers écarts disciplinaires vécus sous l’ère Rabah Madjer (Taider, Mahrez), se sont répercutés négativement sur les résultats que tout le monde connait.

Djadaoui qui avait permis à Belmadi de faire ses premiers pas en sélection, estime que son ancien joueur était capable de gérer le groupe : « Le connaissant comme joueur, il avait du caractère d’autant plus que c’est un vrai meneur d’hommes, donc je pense sincèrement que c’est un coach qui fera l’affaire ».

D’aucuns estiment que Madjer, et même les sélectionneurs qui l’ont précédé ont perdu le contrôle du groupe, ce qui a provoqué quelques « étincelles » notamment concernant le choix des joueurs retenus dans le onze de départ. On se souvient d’ailleurs du clash entre l’attaquant Hilal Soudani et le technicien français Christian Gourcuff (2014-2016) survenu lors d’un stage effectué à Pretoria (Afrique du Sud) en septembre 2015.

Belmadi a d’emblée annoncé la couleur en déclarant dans l’entretien accordé au site officiel de la FAF : « à la mi-août, je pense qu’on va établir une liste élargie qu’on va dégraisser par la suite au fur et à mesure en fonction des donnés qu’on aura entre les mains », autrement dit, l’ancien entraîneur d’Al-Duhaïl (Div.1/ Qatar) va faire appel aux joueurs les plus en forme quelque que soit leurs noms et leur statut. Un message assez clair sur la méthode Belmadi.

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