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Fin des opérations de rapatriement : quelle solution pour les Algériens toujours bloqués ?

Fin des opérations de rapatriement : quelle solution pour les Algériens toujours bloqués ?

Air Algérie a annoncé la fin des opérations de rapatriement des Algériens bloqués à l’étranger. Le dernier vol a eu lieu vendredi 11 septembre à partir de l’aéroport parisien d’Orly. 300 places étaient disponibles mais le nombre de ceux qui souhaitaient faire le voyage était trois fois plus élevé.

De nombreux Algériens se sont présentés à l’aéroport parisien dans l’espoir de retourner au pays après plusieurs mois passés loin de chez eux dans des conditions difficiles.

Les Algériens résidents et les binationaux

Outre ceux qui étaient en déplacement en France pour des soins, affaires ou tourisme, des Algériens résidents et des binationaux souhaitent aussi voyager pour diverses raisons.

La forte affluence vendredi sur l’aéroport d’Orly est sans doute due à l’annonce par Air Algérie que le vol allait être le dernier de la série de vols entrant dans le cadre de la quatrième phase des opérations de rapatriement.

Les frontières algériennes demeurent fermées et les liaisons aériennes, terrestres et maritimes sont suspendues depuis le 17 mars.

De nombreuses opérations ont été organisées depuis, permettant à plus de 30 000 Algériens de regagner le pays. Jeudi 3 septembre, soit à une semaine de la fin de la quatrième phase, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que 30 863 ressortissants algériens bloqués à l’étranger pour cause de la crise sanitaire de Covid-19 ont été rapatriés.

Dans le bilan détaillé du MAE, il a été précisé que les rapatriements se sont fait à bord de « 115 vols et 4 traversées, en sus des opérations de rapatriements à travers les frontières terrestres des citoyens bloqués en Tunisie, Libye et Mauritanie ».

Le ministère a ajouté que « les opérations de rapatriement se poursuivront pour la 4ᵉ et dernière phase », annonçant que  631 citoyens sont arrivés les 28 et 29 août 2020 provenant de l’aéroport d’Orly de Paris tandis que deux autres vols sont programmés pour les 5 et 11 septembre 2020 à partir du même aéroport.

« Dernier vol de le 4e phase de l’opération de rapatriement les ressortissants bloqués à l’étranger après la fermeture les frontières à cause de le pandémie de coronavirus covid-19 », a indiqué pour sa part le porte-parole d’Air Algérie, Amine Andaloussi.

Les frontières toujours fermées

Le vol du 11 septembre est donc le dernier de la dernière phase qui elle aussi semble être la dernière, du moins pour le moment. Les autorités n’ont en effet pas communiqué sur d’autres opérations à venir, alors que, malgré le nombre important des ressortissants rapatriés, des Algériens demeurent toujours bloqués à l’étranger, comme on l’a vu lors du vol Orly-Alger de vendredi.

Beaucoup d’entre eux, selon leurs témoignages largement partagés, vivent dans des conditions difficiles. Ils ne pourront même pas rentrer par leurs propres moyens, sachant que les frontières sont fermées et aucune date n’est avancée pour leur réouverture.

Le dernier haut responsable en date à s’exprimer sur la question c’est le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum. Il a indiqué que la balle est dans le camp du comité scientifique du ministère de la Santé qui, lui, décidera en fonction de l’évolution de la pandémie.

« Je vous le dit très simplement. Il y a un comité scientifique qui décide, selon les données, selon ses propres critères. Ce comité, composé de scientifiques, de médecins, de sociologues recommande au gouvernement – mais ne statue pas. Il recommande les mesures que vous connaissez quotidiennement. Dès que ce comité recommandera l’ouverture des frontières et que cela est possible sans danger excessif pour la population – vous savez chez nous aussi le principe de précaution prime sur tous les autres principes », a répondu Boukadoum à une question de France 24.

Pour le moment, la situation sanitaire s’améliore de jour en jour et le nombre de contaminations quotidiennes a baissé de plus de la moitié comparativement au niveau de fin juillet. Néanmoins, les autorités prônent la vigilance et de nombreux lieux publics et services et demeurent fermés.

Aucune échéance n’est donc fixée pour la réouverture des frontières et les ressortissants Algériens qui n’ont pas eu la chance d’embarquer lors des quatre phases de rapatriement doivent encore patienter. À défaut d’ouvrir les frontières dans l’immédiat, les autorités sont appelées à lancer une autre phase de rapatriement.

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