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France : une vaste campagne d’ingérence islamophobe menée depuis Israël, selon une enquête

La théorie complotiste du « grand remplacement », chère aux extrémistes français a été diffusée en masse en Europe  via une vaste opération d'influence, vraisemblablement orchestrée depuis Israël.

France : une vaste campagne d’ingérence islamophobe menée depuis Israël, selon une enquête
Ingérence en France : la théorie du “grand remplacement” téléguidée depuis Israël, selon une enquête. | Par Leo altman - Adobe Stock
Riyad Hamadi
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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Alors que la justice est sollicitée pour pénaliser certains concepts de l’extrême-droite, comme le “grand remplacement”, une enquête de chercheurs a fait ressortir que cette théorie complotiste précisément est promue sciemment par une campagne savamment orchestrée à partir d’Israël. Pendant ce temps, c’est l’Algérie que l’extrême-droite française préfère accuser d’ingérence.

Il y a bien ingérence étrangère en France et elle vient d’Israël et pas d’Algérie. Une preuve supplémentaire en est apportée. Une enquête intitulée “Manufacturing the Great Replacement” publiée le 29 octobre dernier, a fait ressortir que cette théorie complotiste, chère aux extrémistes français comme Éric Zemmour, a été “diffusée en masse en Europe via une vaste opération d’influence, vraisemblablement orchestrée depuis Israël”.

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L’Europe et la France ciblées en périodes électorales

Les initiateurs de la campagne tentent de convaincre les opinions publiques de la menace d’une “islamisation de l’Europe” afin de les pousser à voter pour les partis extrémistes et xénophobes.

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L’étude a été menée par Sohan Dsouza, chercheur indépendant à l’Université américaine Northwestern sur son campus de Doha (Qatar) et Marc Owen Jones, professeur à la même université.

Selon des extraits repris par le journal français Le Monde, l’enquête a fait état d’une “gigantesque campagne d’influence” qui a “arrosé la France de publicités racistes et islamophobes”.

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Depuis trois ans, la France et d’autres pays d’Europe sont ciblés par cette campagne à chaque période électorale. Parmi les exemples documentés par les deux chercheurs, le ciblage de la France pendant les mois qui ont précédé les élections législatives de l’été 2024, ou encore l’Allemagne en 2026 à l’occasion de l’élection régionale en Saxe-Anhalt. Ces deux scrutins ont vu une forte poussée de l’extrême-droite.

La campagne a touché 830 millions de personnes 

La campagne passe par tous les réseaux sociaux, tente de convaincre de la menace d’une islamisation de l’Europe et accuse le Qatar d’être le promoteur de l’immigration de masse.

Il s’agit de “l’une des plus grandes campagnes d’influence et de désinformation jamais documentées” de par sa durée et son ampleur, ont conclu les chercheurs. La campagne a en effet touché 830 millions de personnes dans 30 pays, utilisé toutes les plateformes et coûté plus de 10 millions de dollars.

Malgré des signalements, la campagne s’est poursuivie sur de nombreux réseaux comme TikTok, Facebook ou Youtube. De nouveaux comptes étaient créés moins de 24 heures après la suppression des précédents.

Les preuves qui accablent Israël 

Les chercheurs ont décelé de nombreux indices et preuves qui incriminent Israël dans cette campagne.

Un problème technique a par exemple révélé accidentellement une adresse IP localisée en Israël. Les métadonnées des vidéos de la campagne ont aussi indiqué que les monteurs travaillaient sur le fuseau horaire israélien. Des pseudonymes de créateurs israéliens sont aussi utilisés, comme un certain “Shukid” qui, selon Le Monde, aurait collaboré à des campagnes pour des politiques israéliens.

Cette semaine, les députés écologistes français Sabrina Sebaihi et Steevy Gustave ont déposé un projet de loi visant à “renforcer la lutte contre les discours incitant à la haine et aux actes racistes et xénophobes”, proposant notamment de pénaliser certaines formulations et expressions telles que “remigration” ou “grand remplacement”.

Et alors que les preuves des ingérences israéliennes dans la politique française s’accumulent, des figures de l’extrême droite détournent le regard pour pointer du doigt l’Algérie et l’accuser, sans preuves, d’être impliquée ou de pousser à la détérioration du climat social en France, en utilisant des influenceurs ou des membres de sa diaspora sur place.

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