
Nouvelle sortie publique de Aïcha Dahdouh, l’épouse de Kamel Daoud poursuivie avec lui par Saada Arbane qui les accuse de violation de sa vie privée dans le roman “Houris”.
Après un communiqué transmis à l’AFP fin octobre, Aïcha Dahdouh s’est exprimée dans un entretien diffusé par le site algérien Casbah Tribune ce dimanche 8 novembre.
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D’emblée, elle confirme son divorce avec l’écrivain et chroniqueur du magazine Le Point. “Mon souhait était de me présenter à mon procès, le 13 octobre. Je n’ai pas pu le faire, en raison de notre situation familiale : nous sommes engagés dans une procédure de divorce, et j’ai le devoir d’anticiper l’impératif de la garde des enfants”, dit-elle.
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Cette affaire a pesé, mais elle n’est pas la seule raison du divorce, révèle la femme qui met en avant ses profondes divergences avec l’écrivain sur de nombreuses questions, comme l’islam, l’Algerie ou la Palestine.
Aïcha Dahdouh, épouse de Kamel Daoud : “Je suis innocente”
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Psychiatre ayant suivi Saada Arbane qui a survécu toute jeune à un attentat terroriste en Algérie dans les années 1990, Aïcha Dahdouh est accusée d’avoir raconté les détails du calvaire de la victime à son mari qui en a fait un roman. “Houris” a été primé en 2024 du prix Goncourt en France.
Ce qu’elle nie catégoriquement. “Non, jamais. Il n’y a jamais eu aucune porosité entre ma vie professionnelle et ma vie privée. C’est un principe fondamental, que je respecte comme tous les praticiens”, assure-t-elle. “Je suis innocente. Je n’ai jamais trahi le secret médical, et je n’ai jamais sorti ni remis aucun dossier médical”, insiste la psychiatre.
Affaire Houris : ce qu’il s’est passé, selon la femme de Kamel Daoud
Elle reconnaît néanmoins avoir eu des échanges avec madame Arbane dans “des cadres différents, notamment amicaux”, expliquant que leurs enfants réciproques étaient “amis”.
“C’est dans ce cadre qu’elle voyait mon mari, avec qui elle a échangé à plusieurs reprises, en ma présence ou non”, dit-elle, ajoutant qu’elle a noté des “similitudes” entre le personnage d’Aube de Houris et madame Arbane et qu’elle a signalé cela aux éditeurs avant la parution du livre, “par devoir de protection”.
Aicha Dahdouh révèle que la mère adoptive de Saada Arbane avait “souhaité, de son vivant, que l’histoire de sa fille soit racontée par Kamel Daoud”.
Selon elle, Mme Arbane était au courant de la volonté de sa mère et a “accédé à sa demande”. “En 2022, une rencontre a donc eu lieu chez nous, un soir de Ramadan. J’ai fait les présentations, puis je suis allée m’occuper des enfants. Je n’ai pas assisté à leur échange. À l’issue de cette rencontre, l’un comme l’autre m’ont dit qu’ils s’étaient mis d’accord sur le projet du livre”, raconte-t-elle.
Sauf que la concernée a retiré plus tard son consentement et le message a été transmis à Kamel Daoud oralement, “comme cela se fait entre des familles qui se connaissent”.
“Les écrits et les positions de Kamel Daoud n’engagent que lui”
Aïcha Dahdouh s’est aussi démarquée des positions controversées de Kamel Daoud.
“Je sais aussi que le retentissement des positions de Kamel Daoud en Algérie est très lourd, et que cela m’a beaucoup impactée. Mais ses positions ne sont pas les miennes”. dit-elle.
“Aujourd’hui, je parle par devoir de vérité. Je ne peux pas accepter que sa voix efface la mienne. Je parle aussi pour mon métier. La psychiatrie, en Algérie, revient de loin. La psychiatrie coloniale servait à justifier la domination. Frantz Fanon a rompu avec elle et rendu au patient sa dignité”, explique la psychiatre.
“Les écrits, les positions et les prises de parole de Kamel Daoud n’engagent que lui, tranche-t-elle. Je peux dire ce que je suis et ce que je choisis. Je suis profondément attachée à ma patrie, l’Algérie. Je suis musulmane, de naissance, de culture et de confession. Je refuse toute violence commise au nom d’une religion, comme je refuse la stigmatisation de toute religion et de ceux qui la pratiquent.”
Assurant qu’elle refuse que l’on “hiérarchise les souffrances”, Aïcha Dahdouh indique que, sur ce qui se passe à Gaza, elle voit, en médecin, “l’ampleur d’une catastrophe humanitaire, dont les blessures dureront des générations”.
“Je respecte sa liberté. Mais respecter sa liberté ne m’oblige pas à renoncer à la mienne. J’ai besoin d’être alignée avec mes valeurs”, assène-t-elle à propos des positions de Kamel Daoud.