
Les routiers et les voyageurs qui traversaient la Route transsaharienne (RN 1) la connaissaient tous : Khalti Malika tenait un relais routier au bord de la RN1, à un jet de pierre d’El Ménéa.
Les routiers faisaient une halte dans son estaminet, le temps de siroter un café, un thé et de grignoter quelque chose, avant de reprendre la route du grand Sud.
A lire aussi : Inscription à la vaccination anti-Covid : prenez rendez-vous en ligne
La septuagénaire vivait de peu. Un sourire, quelques mots échangés avec les voyageurs constituaient son seul réconfort. Khalti Malika a tiré sa révérence mardi 25 août, à l’âge de 78 ans. Sa disparition a bouleversé les internautes qui lui ont rendu un vibrant hommage sur les réseaux sociaux.
A lire aussi : Algérie : révélations glaçantes sur le drame du bus de Oued El Harrach
Surnommée « La Reine du désert » ou « la maman des routiers », elle était respectée et appréciée par les transporteurs. Sa vie solitaire, au cœur désert, suscitait l’admiration de tous ceux qui croisaient son chemin.
Un petit air du film ‘Baghdad Café’
Le désert s’étend à perte de vue. Immense nappe de pierres et de sable écrasée par le soleil. Au milieu de cette immensité, un relais-gargote s’érige au bord de la Route nationale Nᵒ 1 qui relie Alger à Tamanrasset. La gardienne des lieux s’appelait Malika. Une femme courageuse qui a osé ouvrir un relais en 1994, au niveau du carrefour routier reliant El Menea, Tamanrasset et Timimoun, alors que le terrorisme faisait rage.
A lire aussi : Caricatures : de Chirac à Macron, comment la position de la France a évolué
Son estaminet nous rappelle le film ‘Bagdad Café’ de Percy Adlon (1987), et on croirait même entendre ‘’Calling You », la bande originale du film interprétée par Jevetta Steele qui donne des frissons.
Khalti Malika est devenue célèbre suite au documentaire ‘143 rue du Désert’ de Hassan Ferhani, sorti en 2019. « Khalti Malika nous a quittés ce matin sans souffrance ! Adieu femme courageuse au grand cœur », a réagi le réalisateur.
La défunte était l’incarnation de la résilience, de la générosité et de la bienveillance. Dans son modeste relais, elle représentait l’ultime présence humaine avant les étendues désertiques.
Khalti Malika manquera aux routiers qui s’étaient habitués à sa chaleureuse présence sur la route transsaharienne, depuis plusieurs décennies.