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La France veut créer une force commune aux pays du Sahel, incertitude sur le rôle de l’Algérie

Emmanuel Macron est en déplacement ce dimanche 2 juillet à Bamako, au Mali. Le président français, dont c’est la deuxième visite au Mali depuis son élection, va participer au sommet du G5 Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina-Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Outre sa volonté de relancer le processus de paix au Mali, le président français souhaite entériner durant ce sommet la concrétisation du projet de force militaire conjointe des cinq pays du Sahel contre les groupes terroristes, rapporte Le Figaro.

Ce projet consiste concrètement dans la mise en place d’une force militaire commune composée de 5000 soldats issus des armées des cinq pays, qui serait opérationnelle dès l’automne de cette année, explique la même source. Cette force commune, dont le quartier-général serait à Bamako, devrait être commandée par le général malien Didier Dacko, disposera de la prérogative de pourchasser les terroristes indépendamment des frontières des pays du Sahel, devenues complètement poreuses pour les terroristes.

Alors que la France continue d’apporter un soutien militaire à la région à travers l’opération « Barkhane », ayant débuté en 2014 et comptant 4000 soldats, l’objectif affiché de cette force commune est qu’à terme, les pays sahéliens puissent assurer eux-mêmes leur propre sécurité. Le projet se heurte cependant à un obstacle majeur, à savoir le financement. La France prévoit de matérialiser son soutien principalement par la livraison d’équipements et l’Union européenne a promis de contribuer à hauteur de 50 millions d’euros pour ce projet. Bien loin des 400 millions d’euros nécessaires pour le fonctionnement de cette force militaire conjointe.

Les Nations unies, sous l’influence de l’administration américaine du président Trump, ont adressé une fin de non-recevoir à la France en ce qui concerne toute éventualité de participer au financement de cette force commune, indiquant que « c’est aux États du G5 Sahel de lui donner les ressources dont elle a besoin ». Ces pays comptent pourtant parmi les pays les plus pauvres du monde. Le président français en est amené à espérer que certains pays européens déjà impliqués au Sahel, en premier lieu l’Allemagne mais aussi les Pays-Bas et la Belgique, puissent apporter leur soutien à la force militaire conjointe des pays du Sahel.

L’interrogation et les incertitudes demeurent également entières quant au rôle que jouerait l’Algérie vis-à-vis de cette militaire conjointe, alors qu’elle partage près de 3000 kilomètres de frontières avec les pays du Sahel. Le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc), créé en 2010 sous l’égide de l’Algérie et regroupant les états-majors de certains pays du Sahel, dont la base se situait à Tamanrasset, a constitué un échec retentissant. Les réunions du Cemoc n’ont jamais dépassé le stade du superflu et n’ont pas pu aboutir à une coordination réelle avec les pays du Sahel impliqués. Pire : le Comité s’est distingué par son incapacité à prévenir la détérioration de la situation sécuritaire, notamment en 2012 lorsque la crise au Mali a explosé.

Il n’est pour l’instant pas clair quel rôle la France a proposé à l’Algérie de jouer dans le contexte de cette force conjointe, ni même si le sujet a été évoqué durant les « conversations téléphoniques » entre le président Bouteflika et le président Macron.

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