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Le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin, séjourne en Algérie depuis jeudi 23 avril. Le déplacement discret survient alors que les deux pays tentent de sortir d’une crise sans précédent qui dure depuis juillet 2024.
La visite de Patrick Martin se distingue des précédentes sur plus d’un aspect. D’abord, le président du Medef n’a pas l’habitude de conduire lui-même des délégations à l’étranger. C’est le président du Medef International qui le fait habituellement.
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Ensuite, Martin est en Algérie pour quatre jours, ce qui n’est pas non plus habituel. Enfin, le président du Medef n’est pas accompagné d’une délégation d’hommes d’affaires pour négocier ou conclure des partenariats, ou encore pour débloquer des projets gelés par le fait de la crise politique ou d’autres facteurs. Seuls deux de ses plus proches collaborateurs font partie du voyage.
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Une mission importante
Tout cela confère au déplacement le caractère d’une mission ad-hoc et importante, celle de remettre le dialogue économique sur les bons rails avant de passer aux actions concrètes. Cette situation illustre l’ampleur de la crise : les deux pays se sont largement éloignés de l’étape de la signature de contrats.
Autrement dit, une tentative de faire contribuer la sphère économique au processus global de rapprochement entamé en février dernier avec la reprise de la coopération sécuritaire et migratoire à la suite de la visite du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en Algérie.
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Le Medef apporte dans l’équation le poids de 240.000 entreprises économiques, par définition apolitiques et dont le souci est de conclure des partenariats bénéfiques.
Patrick Martin ne nie pas que les deux pays tentent, en plus des autres outils, la carte de la diplomatie économique. Il parle de la nécessité de développer « la relation historique » avec l’Algérie. Sans prétendre la substituer à la diplomatie étatique, il estime que la diplomatie économique peut contribuer à « la paix du monde ».
« On est très soucieux d’établir les partenariats les plus respectueux, les plus durables, les plus équilibrés possibles avec le plus grand nombre de pays à la surface du globe. C’est un peu plus compliqué en ce moment avec certains, c’est une raison supplémentaire pour que la relation historique avec l’Algérie soit encore développée », a déclaré le président du Medef au site algérien Casbah Tribune.
Cette déclaration d’à peine une demi-minute est la seule que Patrick Martin a faite depuis son arrivée à Alger. Et il est très probable qu’il ne sera pas plus prolifique pendant sa mission, conformément à la nouvelle stratégie de gestion de la crise dévoilée récemment par le ministre français de l’Intérieur.
Le président du Medef : développer la « relation historique » avec l’Algérie
Dans des déclarations au journal L’Opinion, Laurent Nuñez a fait savoir que le président Emmanuel Macron a opté pour la discrétion dans ce dossier. « On ne communique pas sur la reprise de la politique migratoire avec l’Algérie. On ne dit pas ni c’est pas bien, ni c’est bien. Voilà, on ne dit rien », a révélé Nuñez.
La même approche semble être retenue pour ce qui est de la relance du partenariat économique. Et pas que du côté français.
En Algérie aussi, on semble opter pour la discrétion, comme le montre la communication autour de la visite de Patrick Martin. Le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), principale organisation patronale algérienne et vis-à-vis du Medef pendant ce déplacement, n’évoque pas la visite sur ses canaux de communication habituels.
Des précautions qui s’expliquent par le souci partagé de part et d’autre de mettre la visite et ses objectifs à l’abri de l’interférence du courant qui, en France, a pris le mauvais pli de mettre des bâtons dans les roues à chaque tentative de rapprochement entre Alger et Paris.
« La relation est devenue tellement sensible et délicate, que chaque déclaration peut être exploitée par ceux qui sont hostiles à la poursuite du processus de réconciliation entre les deux pays », explique un proche du dossier.
À Alger, Patrick Martin a rencontré samedi des chefs d’entreprises français. Il devait échanger avec les représentants des médias, mais la rencontre a été annulée.