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Malgré le jeûne et la chaleur : les étudiants maintiennent la flamme

Malgré le jeûne et la chaleur : les étudiants maintiennent la flamme

Première entorse à la routine qui s’est installée depuis plusieurs semaines : le chef d’état-major de l’armée n’a pas parlé, comme il a pris l’habitude de le faire chaque mardi.

Ahmed Gaïd Salah a effectué une visite en deuxième Région militaire en début de semaine et ne s’est pas exprimé sur la situation politique, laissant au chef de l’Etat par intérim le soin de lancer un appel direct et formel au dialogue.

En revanche, les étudiants, eux, ont été au rendez-vous de leurs marches hebdomadaires. Ce mardi 7 mai, deuxième jour du mois de ramadan, les campus du pays ont été le théâtre de marches et de rassemblements, comme chaque mardi depuis le début du mouvement populaire en février dernier.

Ce premier mardi du mois sacré était particulièrement attendu pour avoir une idée sur l’effet que pourrait avoir le jeûne sur la mobilisation des étudiants et plus globalement sur celle de tous les citoyens.

Depuis la première marche, le 22 février, beaucoup a été dit sur ce que sera la mobilisation avec le début du ramadan, certains prédisant l’essoufflement définitif de la contestation, d’autres au moins une pause d’un mois. Une première réponse est donc livrée ce mardi : la mobilisation dans les campus est intacte. Les étudiants ne sont pas affectés par le jeûne, ni par la chaleur, l’autre facteur redouté.

A Alger, ils ont même tenu leur traditionnel rassemblement à la place de la Grande Poste. Des actions similaires ont eu lieu dans les campus aux quatre coins du pays, dont ceux de Tizi Ouzou, Mostaganem, Bouira, Béjaïa, Sidi Bel-Abbès…

La mobilisation est intacte, du moins la flamme est maintenue, dans l’attente des prochaines marches populaires. Les étudiants ont donné un avant-goût de ce que sera la suite de la mobilisation. Comme les étudiants, les citoyens devraient donc continuer sortir dans la rue lors des marches hebdomadaires. Quand bien même ils ne seraient pas aussi nombreux que les semaines précédentes à cause des effets conjugués du jeûne et de la chaleur, la poursuite des marches à elle seule serait synonyme d’une détermination qui ne s’estompe pas.

Les marches des étudiants de ce mardi ont été aussi l’occasion pour entendre la première réaction de la rue à la dernière offre de dialogue émise par le chef de l’Etat par intérim puisque, jusque-là, seules quelques formations politiques ont réagi, presque toutes négativement.

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La réponse des étudiants est aussi une fin de non-recevoir. « Nous sommes déterminés à poursuivre le combat pacifique jusqu’au démantèlement du système et l’instauration d’une République démocratique », a-t-on scandé à Mostaganem. « Nous refusons Bensalah », « Non au plan du pouvoir sans le peuple », « Le hirak continue », « Pourvoir dégage », ont pour leur part crié les étudiants à Oran.

L’arrestation de figures importantes du pouvoir de l’ancien président n’a donc pas fait oublier aux contestataires les principales revendications du mouvement, dont une véritable transition démocratique. En marchant en masse en ce deuxième jour de ramadan, sous une forte chaleur de surcroît, les étudiants ont aussi délivré un message d’une nette clarté à ceux qui ne désespèrent pas de voir s’essouffler le magnifique élan populaire.

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