
Pour réduire les importations de viande et de moutons, notamment durant la période de l’Aïd el-Adha, l’Algérie mise sur l’amélioration de la production locale, avec le concours du Conseil scientifique de la communauté algérienne à l’étranger.
Parmi les facteurs permettant d’augmenter les rendements dans les élevages, le secteur de la recherche dans les sciences vétérinaires s’est lancé, ces dernières années, dans la sélection animale et l’amélioration génétique ciblant la filière ovine. L’objectif est d’aboutir à des races ayant de meilleurs rendements économiques.
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En Algérie, plusieurs projets expérimentaux ont été menés par des instituts de recherche en sélection animale et en amélioration génétique. C’est le cas de l’Institut des techniques d’élevage (ITELV) de Baba Ali, à Alger, qui a cumulé de nombreux travaux expérimentaux.
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D’autres projets ont porté sur la diversité génétique et ont été menés par l’École supérieure agronomique d’Alger, avec pour objectif d’aboutir à des races plus performantes et mieux adaptées au climat aride de la steppe algérienne.
« Nous avons entamé, dès 2013, un projet de recherche expérimentale en amélioration génétique. Ce projet, qui s’est décliné en trois étapes, vise à créer une nouvelle lignée ovine hybride ayant de meilleures qualités. Nous avons fait un croisement entre deux races ovines locales. Le croisement a ciblé la race Ouled Djellal, réputée pour la bonne croissance des moutons, mais qui a de faibles capacités de reproduction, avec la race locale D’man, connue pour sa forte prolificité, mais qui présente une faible croissance », explique le chercheur Mohamed Adhouri dans une déclaration à la chaîne web TV d’El Khabar.
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Ce croisement permet une amélioration génétique visant à aboutir à une complémentarité entre les qualités de chaque race.
« Les prochaines étapes porteront sur la reproduction et l’engraissement pour l’amélioration génétique. La troisième phase concernera, quant à elle, la généralisation de la transmission de ces techniques aux éleveurs. Jusque-là, ce projet expérimental a donné de bons résultats », s’enthousiasme ce généticien.
Inscrit en 2022 dans le cadre du Programme national de recherche (PNR), ce projet de recherche en amélioration génétique est financé par la Direction générale de la recherche scientifique. L’avantage principal est que ce projet cible des races locales déjà adaptées au climat et à l’environnement aride des zones steppiques et agropastorales algériennes.
L’amélioration génétique n’est qu’un maillon de la chaîne
La sélection animale vise divers critères, dont la robustesse, la qualité nutritive des viandes et, évidemment, le rendement économique.
Pour les généticiens, « l’amélioration génétique est intéressante sur le plan économique, à condition de disposer d’un nombre suffisant de techniciens qualifiés permettant d’assurer les conditions nécessaires à la réussite des élevages semi-intensifs ou intensifs ». Autrement dit, l’amélioration génétique demande une haute technicité, notamment dans le domaine de l’insémination artificielle.
Des défis à relever
« La réussite des modèles d’amélioration génétique destinés à des élevages intensifs est difficile à atteindre dans des milieux arides, notamment dans les zones steppiques. D’où la nécessité d’allier les objectifs de productivité et d’adaptabilité », explique à TSA un médecin vétérinaire.
Pour ce dernier, l’amélioration génétique exige également « d’impliquer les éleveurs, selon un modèle participatif, car la réussite est tributaire d’une vulgarisation massive auprès des communautés d’éleveurs appelés à adapter ces techniques scientifiques pointues ».
L’amélioration génétique exige également une bonne formation de techniciens généticiens appelés à éviter, par exemple, le problème de consanguinité (accouplement d’ovins ayant les mêmes ancêtres) qui comporte des fléaux sanitaires et met en danger la pérennité des cheptels.
Le rendement et la qualité sont possibles à atteindre avec de tels croisements de races, à condition de réunir les conditions zootechniques optimales. Cela dit, l’amélioration génétique n’est qu’un maillon de la chaîne de la filière ovine, qui nécessite également d’assurer une bonne alimentation, ce qui est un immense défi vu le manque de pâturages, lié à la sécheresse, entre autres.
Création d’une nouvelle lignée de moutons : ce qui est interdit en Algérie
L’amélioration génétique nécessite également des zootechniciens en nombre suffisant et à la hauteur des besoins de la filière, et surtout une conversion des élevages extensifs en fermes semi-intensives et intensives pour moderniser la filière afin d’augmenter la productivité.
Enfin, il est à préciser que la sélection animale comporte un domaine qui est interdit en Algérie pour une raison d’éthique : le génie génétique qui permet de produire des animaux génétiquement modifiés et le clonage d’animaux. L’Algérie se contente de techniques conventionnelles et biotechnologiques menées dans les laboratoires de génétique animale.