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Présidentielle : ces candidats qui se réclament du hirak

Présidentielle : ces candidats qui se réclament du hirak

Ceux qui manifestent chaque mardi et vendredi, et même pendant le reste de la semaine depuis le début de la campagne, le font principalement pour exprimer leur rejet de l’élection présidentielle du 12 décembre.

Sur les pancartes brandies et à travers les slogans scandés, le message est d’une limpide clarté : la « intikhabat maâ el issabat », « pas de vote avec les bandes. »

Les manifestants ne veulent pas de l’élection dans les conditions actuelles qu’ils estiment insuffisantes pour garantir le respect du libre choix du peuple et expriment de ce fait leur rejet et du scrutin et de ceux qui se sont portés candidats qui, de surcroît, ont exercé de hautes fonctions sous Bouteflika ou compté parmi ses soutiens.

Ce rejet s’est aussi traduit par des actions de protestation et parfois des échauffourées lors des sorties de campagne, l’absence des portraits des candidats sur les espaces réservés à cet effet ou encore une faible affluence sur les meetings et autres rencontres électorales.

Cela n’empêche néanmoins pas les cinq postulants de se réclamer du même hirak et d’assurer qu’ils portent ses revendications.

Ali Benflis, dont la candidature a quelque peu surpris pour avoir été dans l’opposition ces dernières années et pour avoir pris part aux multiples initiatives de sortie de crise lancées depuis février, comme le Forum de Aïn Benian en juillet, répète à chaque sortie qu’il entreprendra, s’il est élu, de profondes réformes conformément à la volonté du hirak populaire. Il va même jusqu’à parler de « restes de la bande ».

« Nos objectifs sont identiques à ceux du hirak car nous voulons sauver le pays et le libérer des griffes du reste de la bande qui veut nous mener vers l’inconnu », a-t-il promis lors d’un meeting à Mostaganem.

Lorsqu’il avait dévoilé son programme, il avait promis d’ « aller plus loin que ce que demande la Révolution démocratique pacifique ».

Abdelmadjid Tebboune, lui aussi ancien Premier ministre de Bouteflika, promet à peu près la même chose. «Je m’engage à tout entreprendre, si je suis élu à la magistrature suprême, pour réaliser les attentes et les aspirations légitimes portées par le hirak du 22 février pour un changement global et véritable à même de permettre à notre pays de se redresser et de prendre un nouveau départ, et à notre peuple de vivre dans une Algérie démocratique et prospère… », disait-il le 10 novembre.

Plus explicite, il déclare le 19 novembre à Béchar : «Si je suis élu président de la République, je procéderais à la révision de la Constitution pour répondre aux revendications du hirak populaire, éviter l’autocratie et bâtir une économie qui ne sera basée sur l’exclusion d’une partie de la population au détriment de l’autre. »

Ce lundi 2 décembre, le candidat Abdelkader Bengrina était en campagne à Ghardaïa. Il n’a pas manqué l’occasion d’évoquer le procès de plusieurs anciens hauts responsables qui devait s’ouvrir à Alger, enfonçant ceux avec qui il a au moins fait un bout de chemin, puisqu’il a été ministre du Tourisme de Bouteflika. «L’ouverture du procès est un des acquis du Hirak populaire dont les slogans politiques ont toujours prôné l’unité des rangs, loin de tout régionalisme et sectarisme », a-t-il commenté.

Plus que les autres, Bengrina avait, pour ainsi dire, joint l’acte à la parole lors de son passage à Lakhdaria, près de Bouira, le 25 novembre. Sous la pression de la foule venue empêcher son meeting, il a dû brandir une pancarte explicite rejetant l’élection à laquelle il est candidat.

Ces candidats qui se réclament du hirak évitent cependant d’apporter un soutien franc à ceux qui paient de leur liberté leur engagement dans le mouvement populaire. Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune s’adonnent à une gymnastique verbale à chaque fois qu’ils sont interpellés sur la question des détenus d’opinion, évoquant « l’indépendance de la justice », « la présomption d’innocence » ou le « secret de l’instruction ». Seul Bengrina s’est formellement engagé à libérer le moudjahid Lakhdar Bouregaâ s’il est élu.

Azzedine Mihoubi et Abdelaziz Belaïd sont ceux qui parlent le moins du hirak. Le premier a tenté lors de la présentation de son programme d’expliquer que l’organisation même de la présidentielle est une manière d’appliquer les articles 7 et 8 de la Constitution comme le souhaitent les manifestants, tandis que le second, avant même l’annonce de sa candidature, considérait que le hirak « après avoir été la solution, est devenu le problème ».

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