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Produits alimentaires : flambée générale des prix et rareté des pâtes

Produits alimentaires : flambée générale des prix et rareté des pâtes

Les Algériens sont confrontés depuis quelques jours à une hausse générale des prix des produits alimentaires, avec un nouveau phénomène qui a fait son apparition : la rareté des pâtes alimentaires dans les magasins.

Vous l’avez certainement constaté. Les prix de la quasi-totalité des produits alimentaires ont connu une importante hausse ces dernières semaines. Certaines marques de pâtes, couscous et autres dérivés, prisées par les consommateurs algériens ont carrément disparu des étals des magasins.

La semoule conditionnée en paquet de 1 ou 2 kilos est aux abonnés absents. Les commerçants se plaignent des augmentations des prix chez les grossistes. Quant aux consommateurs, ils ne savent plus à quel saint se vouer devant cette énième flambée qui met à rude épreuve leur  pouvoir d’achat, déjà fragilisé par la crise économique et sanitaire.

Pâtes, couscous : des marques ont disparu

À la superette El Baraka à El-Biar, les étiquettes des produits alimentaires ont récemment été changées. Entre 10 et 25 dinars d’augmentation, selon les produits, ont constaté des consommateurs. Mayonnaise : 170 da, flan : 25 da, lait Candia : 100 da, margarine Matina : 160 da, huile de table : 130 da, moutarde : 140 da, lait en poudre Loya : 415 da, levure boulangère entre 100 et 250 da…

Habituellement, orné d’un florilège de pâtes (macaroni, penne, linguine, lasagne, torsade, coquille, cannelloni)… produits de haute facture, fabriqués en Algérie, le rayon des pâtes alimentaires a désormais grise mine.

Les quelques marques encore disponibles ont vu leur prix augmenter : Fusilli Garrido : 120 da (500 grs), spaghettis Sim (65 da) au lieu de 50 da, plomb Sim (65 da) au lieu de 45 da. Le couscous s’est également fait la belle. La marque Amor Benamor, reine des tables algériennes, est depuis quelques jours, introuvable.

Les autres marques comme Mama et Sim sont présentes avec parcimonie. Leur prix a également connu une hausse. 155 da pour la première au lieu de 120 da et 145 da pour la seconde au lieu de 115 da.

« Depuis que l’Etat a mis fin à la subvention du blé tendre et dur, destinés à la fabrication des pâtes et du couscous, j’ai vraiment du mal à m’approvisionner chez les grossistes », nous confie Mohamed Djelaoui, gérant de cette supérette.

« Et quand  je trouve quelques marques de pâtes, de couscous et de leurs dérivés, les prix sont élevés. Tout a flambé ces derniers temps chez les grossistes. Nous, commerçants, ne faisons que répercuter ces augmentations pour entretenir notre marge ».

Après avoir instauré un système de subvention ciblée des céréales en excluant le blé dur destiné à la fabrication des pâtes début septembre, le gouvernement a fait machine arrière et décidé de revenir à l’ancien système, mercredi 11 novembre.

Semoule, un produit nommé désir

L’autre produit nommé désir, c’est la semoule. « Nous n’en proposons qu’en sac de 10 kilos, nous révèle le gérant d’El Baraka. Impossible de trouver des paquets de 1 et 2 kilos. En plus, les bonnes marques auxquelles sont habitués nos clients ont disparu ».

Petit tour à la mini superette Le Gourmand, rue Didouche Mourad, dans le centre d’Alger. Même constat. De nombreux produits se sont vus pousser des « ailes ».

«  La brique de lait des marques Candia et Obeï d’un litre est passée sans crier gare de 90 à 100 da. Du coup, la plupart de mes clients se rabattent sur la marque Soummam qui coûte encore 85 DA », nous informe  Belkbir Mohamed, le patron. Lui aussi confirme la rareté et la cherté des pâtes alimentaires et leurs dérivés : « Chez les grossistes, il n’y a plus que les pâtes Sim et Extra qui sont disponibles. Leur prix a augmenté. Je les vends entre 65 et 70 da le paquet de 500 grs. Quant à la semoule, je n’en trouve plus chez les grossistes. C’est devenu une denrée rare. Farine, couscous pâtes, tous les produits de premières nécessité ont vu leurs prix s’envoler  ».

Hausse des prix, stagnation des salaires

Un petit tour au marché des fruits et légumes Réda Houhou dans le centre d’Alger confirme la tendance haussière de tous les produits de large consommation. Les prix des légumes secs ne dérogent pas à la règle : lentilles : 180 da le kg, pois cassé : 200 da ; haricots secs rouges : 320 da, riz long : 250 da… Viandes, légumes frais et fruits de saison restent également chers  pour les modestes bourses : mandarine : 250 da, pommes : 250 da, orange : 200 da, poire : 250 da, grenade : 190 da.

Seule la banane a connu une diminution de son prix : autour de 190 da. Ce qui provoque la sidération d’une dame rencontrée dans ce marché. « Je n’arrive pas à comprendre comment la mandarine qui est pourtant  cultivée en Algérie coûte plus cher que la banane qui vient de pays si lointains ? ».

Les viandes sont carrément hors de prix. L’escalope de poulet vendue il y a à peine quelques jours autour de 600 da le kilo, s’affiche à 800 da. Même chose pour les œufs, dont le prix est subitement passé de 11 à 14 da pièce.

Rencontrés lors de ce reportage, de nombreux consommateurs nous ont fait part de leur difficulté à joindre les deux bouts. « Ce n’est pas normal que les salaires stagnent alors que les prix ne cessent d’augmenter », nous lance un père de famille. « Tout a augmenté, y compris les sachets de levures et les cubes Jumbo qui sont passés de 5 à 10 da. Comment s’en sortir lorsqu’on a toute une famille à charge ? ».

Une femme, la soixantaine, passe devant un marchand de légumes. Elle lui jette un regard suppliant. « Fais-moi don d’une tête de chou-fleur, je t’en prie. Je n’ai rien à mettre dans ma marmite pour le dîner ». Le commerçant hésite, puis se plie de mauvaise grâce à sa demande. « Tu es déjà venue hier ! Tu ne vas pas te pointer chez moi tous les jours, tout de même ! », S’emporte-t-il  en lui remettant toutefois le légume demandé.

Les dernières augmentations mettent à mal les petits budgets. Même les classes dites moyennes peinent à joindre les deux bouts avec ces hausses de prix intempestives, dont on nous annonce que ce ne serait pas les dernières. Que dire des pères de famille qui ont perdu leur emploi suite à la crise sanitaire ? Une situation qui inquiète au plus haut point les consommateurs, dont le pouvoir d’achat se dégrade un peu plus chaque jour.

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