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Promotions immobilières à Alger : l’irréparable évité de justesse à Tixeraine

L’anarchie règne dans le domaine de la promotion immobilière à Alger. Profitant du laxisme des autorités locales, les promoteurs immobiliers construisent de véritables cités-dortoirs.

Promotions immobilières à Alger : l’irréparable évité de justesse à Tixeraine
À Alger, les promotions immobilières continuent de pousser comme des champignons / Source image : DR pour TSA
Ali Idir
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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« Nous nous demandons qui donne ces autorisations, où sont les autorités… ». L’homme qui parle ainsi est un citoyen excédé par ce qu’il est advenu du quartier de Tixeraine, Alger, par la faute de la prolifération anarchique des promotions immobilières privées.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il partage des images choquantes en effet. On y voit des bâtiments de plus de dix étages en construction, collés les uns aux autres, sans espace vert ni respect des règles de l’urbanisme moderne.

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« Construire tout cela sur un espace de 500 mètres carrés, où va-t-on comme ça ? », se demande-t-il. L’homme a décidé d’exprimer son ras-le-bol après qu’un de ces chantiers a causé un glissement qui a entraîné l’effondrement de la chaussée. Un drame a été évité de justesse.

Ce cas n’est malheureusement pas isolé. À El Biar, le promoteur immobilier Ahmed Toubal a effectué des travaux de terrassement pour transformer une maison en un immeuble de plusieurs étages, et a mis en danger l’habitation mitoyenne.

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Malgré les réclamations des riverains, la mairie d’El Biar n’a pas réagi. Le chantier fonctionne de jour et de nuit, avec des travailleurs égyptiens et subsahariens qui passent parfois la nuit sur place dans des conditions lamentables.

À Alger, les promotions immobilières continuent de pousser comme des champignons. Entre nuisances des chantiers, mise en danger des constructions mitoyennes et défiguration de l’aspect des villes, les griefs ne manquent pas à l’égard de ces ensembles d’habitation censés être des cadres de vie agréables mais où la quantité et le gain ont, hélas, pris le pas sur la qualité.

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Résidences huppées ou cités-dortoirs ?

Certains quartiers de la capitale sont particulièrement privilégiés par les promoteurs pour des raisons antagonistes : soit parce que le foncier est accessible, soit, au contraire, il est très rare et cher, ce qui permet de vendre les futurs appartements à des prix excessifs.

À Tixeraine, jadis petit quartier de la commune de Birkhadem aux maisons clairsemées, les « promotions » sortent de terre à un rythme effréné. Les terrains nus étant rares dans les quartiers mitoyens de Saïd Hamdine, de Bir Mourad Rais et de Hydra, c’est sur Tixeraine que se ruent les promoteurs. Depuis quelques années, les nouveaux bâtiments contrastent avec les petites bâtisses du vieux village. Et ça continue de pousser. Ce week-end, un promoteur immobilier a failli provoquer

Même si les appartements se négocient au prix fort, les nouvelles constructions dans plusieurs quartiers de la capitale sont plus proches de la cité dortoir surpeuplée que de la résidence huppée, calme et commode.

Appât du gain…

La raison est que pour faire un maximum de gain, les promoteurs font un maximum d’étages. Et le même appât du gain fait naître de nouveaux projets à proximité.

L’expansion est à la fois verticale et horizontale. Parfois, les fenêtres et les balcons se font face à quelques mètres d’espace et les rues deviennent trop exiguës pour contenir le trafic. Les espaces verts sont souvent inexistants, le foncier étant trop cher pour sacrifier le moindre mètre carré.

Sur les réseaux sociaux, les habitants, excédés par ce qu’ils constatent, partagent sur les réseaux sociaux des vidéos qui attestent du massacre. C’est le cas notamment à Bordj El Kiffan.

Dans cette commune de la côte est de la capitale, c’est le foncier pas trop cher qui attire. Les images partagées sont hallucinantes, avec des immeubles collés les uns aux autres, des ruelles exiguës. Il est incompréhensible que des autorisations soient accordées pour de telles constructions qui font fi des moindres règles de l’urbanisme.

Une passivité qui interpelle

Dans bien des cas, la réglementation n’est pas plus respectée pendant les travaux de réalisation. Certains chantiers travaillent même la nuit pour livrer les appartements dans les délais, causant des nuisances insupportables aux riverains. Parfois, ce sont des bâtiments ou villas qui sont mis en danger par les travaux d’excavation, quand ce ne sont pas les réseaux souterrains d’énergie ou d’évacuation qui sont endommagés.

Beaucoup se demandent ce qu’il adviendra à ce rythme des villes algériennes – car le phénomène ne se limite pas à Alger.

Les citoyens et les associations se plaignent et tirent la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux et se demandent pourquoi tant de passivité.

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