search-form-close
  • Brent: $56,71+0,39%
  • Taux de change: 1 € = 134 DZD (Officiel), 196,5 DZD (Parallèle)
  • TSA Météo

Quand la maladie du Président perturbe le protocole d’arrivée des ambassadeurs

La maladie de Bouteflika et la diminution de son activité présidentielle a perturbé ces dernières années un aspect particulier du fonctionnement de la diplomatie algérienne, à savoir le protocole autour de l’arrivée des nouveaux ambassadeurs en Algérie.

La convention de Vienne

La convention de Vienne, qui régit les règles de la diplomatie internationale, stipule que « le chef de mission est réputé avoir assumé ses fonctions dans l’État accréditaire dès qu’il a présenté ses lettres de créance ». Le chef d’État occupe un rôle central dans la prise de fonction de l’ambassadeur, étant donné que ce dernier est le représentant du chef de l’État auprès du chef d’un autre État.

À défaut, la convention de Vienne prévoit que l’ambassadeur est réputé avoir assumé ses fonctions « dès qu’il a notifié son arrivée et qu’une copie figurée de ses lettres de créance a été présentée au ministère des Affaires étrangères de l’État accréditaire ». L’ambassadeur peut donc techniquement prendre ainsi ses fonctions en déposant « une copie figurée » de sa lettre de créance auprès du ministre des Affaires étrangères. Sur le plan protocolaire cependant, dans un domaine aussi scrupuleux des règles que peut l’être la diplomatie, la cérémonie de réception de la lettre de créance par le chef de l’État revêt une grande importance.

Depuis son accident vasculaire cérébral en 2013 et sa très longue convalescence ayant suivi, la santé précaire du président Bouteflika a rendu impossible d’organiser de manière régulière des cérémonies de réception de lettres de créances. Ainsi, plusieurs ambassadeurs ont dû patienter plusieurs mois avant d’être reçus par le président Bouteflika, et plusieurs exemples marquants en attestent.

Haroun Brahim été nommé ambassadeur du Tchad le 5 mai 2016, et il lui a fallu attendre le 26 octobre de la même année pour remettre ses lettres de créances l’accréditant en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Tchad en Algérie au président Bouteflika, soit près de six mois plus tard. L’ambassadeur d’Éthiopie à Alger, Solomon Abebe Tessema, a pour sa part dû attendre dix mois et un jour entre le moment où il a obtenu son agrément de la part du ministère des Affaires étrangères (le 24 décembre 2015), et le moment où il a remis au président Bouteflika ses lettres de créances, chose faite le 25 octobre de l’année suivante.

Plus de trois ans d’attente…

L’ambassadeur du Burkina Faso, Dominique Djindjere, a été nommé à son poste le 10 juillet 2013, mais n’a cependant pu remettre ses lettres de créances au président Bouteflika que le 25 octobre 2016, plus de trois ans plus tard. L’Indonésienne Safira Machrusah a reçu l’agrément du ministère des Affaires étrangères le 7 janvier 2016. Il a cependant fallu attendre le 25 octobre de la même année pour qu’elle soit reçue par le président Bouteflika et lui remettre ses lettres de créances l’accréditant en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République d’Indonésie en Algérie. L’ambassadeur (en partance) du Royaume-Uni, Andrew Noble, avait obtenu son agrément du ministère des Affaires étrangères le 26 janvier 2014. Il n’avait cependant remis ses lettres de créances au président Bouteflika que le 28 octobre de la même année, plus de neuf mois plus tard.

« Tant que la présentation des lettres de créance au chef d’État n’a pas eu lieu, l’ambassadeur désigné doit se considérer comme incognito (a non-person en anglais), c’est-à-dire qu’il ne pourra effectuer de visites aux autorités nationales, ni assister à des manifestations publiques dans l’exercice d’une fonction qui n’est pas encore reconnue par l’État hôte », affirme La Lettre Diplomatique, revue spécialisée en relations internationales.

Mais la santé du président Bouteflika a tant décliné ces derniers mois que ce dernier ne semble plus être en mesure de recevoir les lettres de créances, la dernière cérémonie de réception datant du mois d’octobre 2016. Pour contourner cette règle et permettre aux ambassadeurs de travailler, les autorités algériennes ont ainsi été contraintes de demander aux nouveaux ambassadeurs de remettre les copies figurées des lettres de créances les accréditant en qualité d’ambassadeur au ministre des Affaires étrangères.

Cela a par exemple été le cas du nouvel ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, qui a été reçu par le ministre Abdelkader Messahel le 6 juillet dernier et à qui il a remis les copies figurées des lettres de créances. Nommé en tant qu’ambassadeur de Pologne en Algérie en juin 2016, Witold Spirydowicz avait remis les copies figurées des lettres de créances au ministre des Affaires étrangères de l’époque, Ramtane Lamamra, en septembre 2016. Faute de pouvoir être reçu par le Président, l’ambassadeur des Pays-Bas Robert Van Embden a lui également dû se contenter de remettre les copies figurées des lettres de créances au ministre des Affaires étrangères au mois de septembre 2016. Les vraies lettres de créances, celles signées par les chefs d’État, dorment dans les coffres de ces ambassades.

La décision de privilégier la remise de copies figurées des lettres de créances n’est cependant pas sans risque d’un point de vue diplomatique. Les ambassadeurs de Pologne et des Pays-Bas ont remis les copies figurées des lettres de créances en septembre 2016. Un mois plus tard, à la fin octobre, le président Bouteflika semble à l’évidence avoir trouvé les ressources pour recevoir les lettres de créances des ambassadeurs d’Indonésie, du Burkina Faso, d’Éthiopie, du Tchad, d’Irak et du Pakistan.

Cet état de flottement subi du fait de la maladie du président Bouteflika peut très vraisemblablement avoir laissé de manière involontaire l’impression d’une diplomatie à deux vitesses où l’honneur d’être reçu par le Président n’est accordé qu’à une catégorie de pays privilégiés au détriment de relations avec d’autres pays. Quelle qu’en soit la lecture effectuée par les ambassades étrangères, il est difficilement imaginable que l’image de l’Algérie soit autre chose qu’affectée de manière négative par cette situation.

  • Ailleurs sur le Web

  • Les derniers articles

  • Votre avis (22)

    • abbesm

      abbesm

      Et j’ai même le nom de la personnalité qui peut occuper ce poste d’ici la fin du mandat de Mr le Président c’est notre ancien ministre de l’intérieur Mr TAYEB BELAZ, une personnalité qu’on a su appréciée lors de son passage à Oran, vous me diriez que c tjrs les gens de l’ouest qui nous commande mais celui là une pièce rare, un vrai justiciable, et point d’intrigues, comme cette histoire de habacha du temps du prophéte(qlss),malk adel, voilà ce qu’il nous faut, de toute façon ça reste juste un avis.

      • liamines

        liamines

        Il faut déjà qu’il règle son problème de prêt non remboursé à l ‘agence Khalifa de Kolea …

    • abbesm

      abbesm

      Je pense mes amis qu’il y’à une solution médiane à cette crise, il s’agit de la nomination d’un vice Président comme aux Etats unis, il suffit d’amender la constitution, et comme ça on laissera tranquille Mr le Président dans son fauteuil, si non l’emmener dans le meilleur hôpital qui existe à l’Etranger bien sur, ce n’est que justice rendue à ce moudjahid.

    • KamYEM

      KamYEM

      Si vous croyez que c’est avec ça que vous allez remettre en cause la légitimité de ALB, vous êtes vraiment naïfs, le gars il a brigué un mandat présidentiel alors qu’il est victime d’un AVC, et vous pensez qu’une telle formalités de recevoir des ambassades va l’ébranler.

    • EAEAEO

      EAEAEO

      ELFELLAG
      11 Sept. 2017 à 19:17
      il vivra ou moins 120 ans c’est une malédiction de dieu
      Dieu est juste si c’est si tu fais partie de cette nation cette malédiction la subira dernier jour de ta vie et si tu n’en fait pas partie ne t’inquiète la subira aussi car Dieu est juste

      • ELFELLAG

        ELFELLAG

        EAEAEO
        Heureusement que dieu est juste et il ne fait pas de différence entres humains;ni chef,ni roi;ni président; ni SG de la FLN;ni leurs cireurs de babouches;tous a la meme enseigne;et chaqu’un doit payé pour le mal qui l’a causé a la population;quand a moi ne te fait pas de soucis pour moi;j’assume mes erreurs et je ne dois rien a personne et surtout a tes amis les corrompus;mais entre moi et dieu sa ne regarde personne; dieu n’aime pas ceux qui se melent des affaires des autres compris

    • Bellom

      Bellom

      Là bàs, içi chez nous “comme il a dit lui” on dit en Arabe Dialectal ” Goul Bêêêêê…ou Tebêêêê !!! (Traduction de Gooooogle) “Dit Ouiiii et suit…. 🙂
      à bons entendeurs…. bonne journée 😉

    • Fouroulou

      Fouroulou

      Ce n’est pas une maladie ou tout du moins il ne faut le percevoir comme tel, Boutef est HS, il a fait son temps !!! Il a fait son temps et n’a surtout rien branlé pour l’Algérie tout du long de sa carrière. J’en ai marre d’entendre parler de cet homme, son frère devrait assumer le pouvoir franchement, il ne sera pas moins légitime que son grand frère, voilà quoi !!! Ras le bol des Bouteflika et de leurs grandes gueules.

      • ELFELLAG

        ELFELLAG

        Non samia il vivra ou moins 120 ans c’est une malédiction de dieu contre une nation qui a trahi le serment faites a nos chahids

    • Genseric

      Genseric

      On aimerait bien qu’on nous explique comment un président qui a ( selon le menteur 1er ministre) présidé un conseil des ministres qui dure des heures , ne peut même pas recevoir l’accréditation ne serait-ce que d’un seul ambassadeur par jour ( ou par semaine ou même par moi ) pendant juste 5 minutes ? Une preuve (encore une autre ) que le président est inapte et que l’article 102 de la constitution est plus que d’actualité .

    • Genseric

      Genseric

      Et avec tout ça d’irresponsables individus osent nous dire que le Président se porte “normal” ? Apparemment ces gens là sont anormal dans leur tête .

    • Bichouhe

      Bichouhe

      La maladie de Bouteflika et l’entêtement du son clan familial appuyé par les corrompus tenus par la barbichette affectent la vie de toute une nation . Il n’y a pas que les ambassadeurs qui trinquent dans leur attente. Tout un peuple est ridiculisé, abaissé, réduit à être un rassemblement de tubes digestifs sans plus. Les Bouteflika se comportent en véritables maîtres qui régentent la vie de tout un pays, pays qui n’a connu depuis 1999 que rapines, vols, détournements, enrichissements spectaculaires de certains décideurs,…….HEUREUSEMENT qu’à la mort de Boumédienne le responsable de cette situation n’a pas pris les rênes du pays ; que seront nous devenus aujourd’hui : un amalgame de Corée du Nord (sans sa puissance de frappe), d’Albanie, de Zimbabwe, de Turkménistan, d’Ouzbékistan, de Soudan, …… Dans notre malheur on a eu quand même un moment de répit de 1979 à 1999.

    • liamines

      liamines

      Suite …

      3. La reine d’Angleterre du haut de 91 ans reçoit les lettres de créances de tous les ambassadeurs souvent dans le mois qui suit leur arrivée dans un impressionnant cérémonial qui reflète l ‘histoire de son pays et de son peuple cérémonial .Elle reçoit chaque semaine son Premier Ministre .

    • liamines

      liamines

      L’Algérie se distingue encore une fois car Il s’agit là d’une pratique unique au monde Pourquoi :
      1. C’est le seul pays au monde où un ambassadeur étranger arrive et quitte l’Algérie sans avoir présenté ses lettres de créances, rencontré et/ou au revoir à notre chef d’Etat. Ils sont plus d’une centaine dans cette situation ces 5 dernières années. Les seuls qui y ont échappé et signalés dans l’article, sont ceux dont les chefs d’Etat ont visité l ‘Algérie et qui sont tenus d’assister aux entretiens.
      2. Les très rares présentations des lettres de créances chez se font dans des conditions indignes (un Président assis et aphone et entouré d’aucun cérémonial ) ce qui déconsidère un moment qui devrait être chargé de la plus haute symbolique pour nous et pour l’ambassadeur . Avec Bouteflika elle est réduite à une ziara ( visite ).

    • ELFELLAG

      ELFELLAG

      Nuance monsieur le journaliste la convention de vienne est destinée aux vraies républiques démocratique;mais n’est pas pour les républiques bananière et autres comme les juntes militaires;des dictatures et les états privé appartient a une famille comme le notre;si comme Mr bouteflika est unique ou monde irremplaçable,qu-es-qu’il a fait de bien a part ruiné l’Algérie au détriment du Maroc;tot ou tard l’histoire le confirmera;pour le moment toute est falsifie et manipuler;du moudjahid a l’imam du village;(la nation tawain)ou contre fait;rien n’est vrais et originale le harki devient grand moudjahid; et le moudjahid un hors la loi, c’est la république privée appartienne a une famille venant de nul part

  • À la une

  • L'Actualité en temps réel

  • International

close
close