
Le premier ministre Abdelmadjid Tebboune a instruit les banques à débloquer l’argent nécessaire pour financer les différents programmes de logement soutenus par l’État. Le secteur du bâtiment qui a connu un sérieux problème de financement ces derniers mois, causant l’arrêt de plusieurs chantiers, respire enfin. Selon nos informations, les banques ont jusqu’à la fin du mois de juin pour fermer cette parenthèse.
L’instruction donnée par Tebboune concerne les programmes AADL dans sa globalité (470.000 logements) mais aussi les logements publics participatifs (LPP). L’instruction s’est déjà traduite par la signature d’une convention cadre, jeudi, entre le ministère de l’Habitat, le Crédit populaire d’Algérie (CPA) et la Caisse nationale du logement (CNL) pour le financement du programme de 120.000 logements de type location-vente AADL pour un montant de près de 329 milliards de DA. Ce programme, lancé en 2015, a été perturbé par le manque de financement.
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L’instruction du Premier ministre est intervenue au lendemain de la tenue du Conseil des ministres. Durant cette réunion, le président Bouteflika a mis l’accent sur l’intérêt apporté par l’État au secteur de l’habitat. L’État a d’ailleurs toute les raisons de le faire : le logement a été considéré par le pouvoir comme un facteur de paix sociale et de stabilité. La méthode a prouvé son efficacité ces dernières années.
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S’il a joué un rôle dans le maintien de la paix sociale, le logement a servi aussi comme moyen de pression dans les bagarres politiques au sein même du pouvoir. Rappelons le conflit inédit entre l’ancien premier ministre Abdelmalek Sellal et son ministre de l’Habitat de l’époque Abdelmadjid Tebboune.
Une bataille qui s’est soldée par l’arrêt du financement des chantiers du logement. Le secteur avait cumulé les dettes qui ont atteint 1,3 milliard de dollars. Ce qui avait amené Tebboune à tirer la sonnette d’alarme en pointant du doigt le ministre des Finances et le premier responsable du CPA. Selon certaines indiscrétions, l’arrêt du financement fut décidé par Abdelmalek Sellal à « l’insu du Président». Et dans l’objectif de « sanctionner Tebboune et lui barrer la route du Palais du gouvernement ».
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