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Quatre choses à savoir sur l’élection présidentielle iranienne

Les Iraniens se déplacent aux urnes ce vendredi pour désigner leur futur président de la République, qui sera connu 24 heures après la fermeture des bureaux de vote. Favori dans les sondages, le président sortant Hassan Rohani doit faire face au conservateur Ebrahim Raïssi, qui a le soutien du clergé chiite.

Les Iraniens choisissent ce vendredi leur prochain chef de l’Etat pour les quatre années à venir. Le guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé les électeurs à se mobiliser. “Tout le monde doit voter lors de cette importante élection”, a-t-il déclaré à la télévision publique, après avoir lui-même déposé son bulletin dans l’urne à Téhéran. “Le sort du pays est déterminé par le peuple.”

Le dépouillement débutera à minuit et les résultats définitifs sont attendus 24 heures après la fermeture des bureaux de vote à 18 heures, rapporte l’agence de presse Fars. Des élections municipales se déroulent en parallèle.

Quelque 56 millions d’Iraniens, sur 80 millions d’habitants, sont inscrits sur les listes électorales. Si aucun candidat ne passe la barre des 50% des suffrages exprimés, blancs compris, un second tour sera organisé vendredi prochain. Depuis 1989, les trois prédécesseurs du président sortant Hassan Rohani ont tous exercé deux mandats consécutifs.

■ Quatre candidats mais deux ténors

Après l’évaluation de 1.600 candidatures, le Conseil des Gardiens (qui compte six grands mollahs nommés par un Guide suprême au sommet du pouvoir) a officialisé six candidats : le président sortant Hassan Rohani, le conservateur Ebrahim Raïssi, le maire de Téhéran Bagher Ghalibaf, le numéro 2 du gouvernement Eshagh Jahanguiri, Moustafa Hachemitaba et Moustafa Mirsalim.

Un sondage réalisé le 10 mai par l’institut International Perspectives for Public Opinion (Ippo) donnait le président sortant toujours gagnant avec 55% des intentions de vote. Mais en début de semaine, Bagher Ghalibaf, désigné comme troisième homme du scrutin, s’est désisté au profit d’Ebrahim Raïssi et Eshagh Jahanguiri au profit d’Hassan Rohani. Ce match à quatre se joue surtout entre deux favoris : d’un côté le président sortant, plutôt modéré et en faveur d’une ouverture de l’Iran, et Ebrahim Raïssi, dirigeant religieux soutenu par les Gardiens de la Révolution. Il est connu pour avoir fait partie des quatre juges islamiques chargés de superviser l’exécution de milliers d’opposants politiques en 1988.

■ 12,5% de chômage

Les détracteurs d’Hassan Rohani lui reprochent son incapacité à redresser une économie affaiblie par plusieurs décennies de sanctions internationales. Le taux officiel de chômage s’établissait l’an dernier autour de 12,5% de la population active, selon des données publiées à l’automne par l’institut iranien de la statistique. A cela s’ajoutent des accusations de corruption lancées durant la campagne.

Nombre d’Iraniens estiment également que l’accord de 2015 avec les grandes puissances occidentales sur une levée des sanctions internationales en échange de concessions de Téhéran sur son programme nucléaire n’a pas permis de créer les emplois et la croissance attendus, ni d’attirer les investissements étrangers que promettait le président Rohani. L’économie a été un enjeu majeur de la campagne électorale. Ebrahim Raïssi a cherché à récupérer le vote des classes défavorisées en promettant de créer des millions d’emplois.

■ Quel avenir pour l’accord sur le nucléaire ?

L’accord de Vienne, portant sur le nucléaire, conclu en 2015 entre Téhéran et six grandes puissances, était au cœur du débat télévisé entre les six candidats qui s’est déroulé le 5 mai. Le président sortant, Hassan Rohani, a été la cible d’attaques du camp conservateur qui lui a reproché de l’avoir mal négocié et de ne pas avoir suffisamment relancé l’économie de la République islamique.

S’il a apporté un soutien prudent à cet accord, le guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, en a lui aussi critiqué les termes et a dit à de multiples reprises que les mesures économiques d’Hassan Rohani avaient échoué.

Malgré ces critiques, tous les candidats se sont déclarés en faveur du maintien de cet accord. Son avenir dépendra surtout de la position américaine. Donald Trump n’a cessé de critiquer l’Iran, même depuis sa prise de fonction, mais sans jamais dévoiler de stratégie ou d’action concrètes.

■ La succession du guide suprême en jeu

Le système politique iranien confie au président la gestion des affaires intérieures, l’économie notamment, et il peut agir sur la politique extérieure, mais le guide suprême a le dernier mot pour tout ce qui touche aux affaires de l’Etat.

A bientôt 78 ans, la succession du guide suprême Ali Khamenei, en fonction depuis 1989, pose question dans la République islamique. Ebrahim Raïssi, 56 ans, est cité parmi les possibles prétendants. Une victoire lors de ce scrutin lui donnerait un sérieux ticket.

(avec Reuters)

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