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Ramadan : l’offensive des chaînes de télévision algériennes pour conquérir le public

Ramadan : l’offensive des chaînes de télévision algériennes pour conquérir le public

Le ramadan est un grand moment de télévision. L’audimat augmente considérablement surtout dans la tranche horaire entre 16 h et 23 h. Toutes les chaînes, selon leurs moyens, s’adaptent pour attirer le plus grand nombre de téléspectateurs et pour rassurer, dans la foulée, les annonceurs.

« Toute situation concurrentielle pousse à la réflexion et à la remise en cause. Nous n’avons malheureusement pas d’instruments de mesure réelle de l’audience. Nous sommes obligés de nous adapter en prenant en compte un certain nombre de paramètres comme l’attrait publicitaire et en retenant un programme qui peut susciter le maximum d’adhésion », a souligné récemment Tewfik Khelladi, directeur général de l’ENTV, en regrettant l’absence d’instituts spécialisés d’études d’audimat et d’analyse de marché en Algérie. « Nous faisons un travail interne. Nous avons l’avantage d’être partout dans le pays. Le retour d’écoute n’est pas celui d’Alger. Cela nous permet d’avoir une vision plus large que d’autres chaînes qui arrivent sur le marché », a-t-il ajouté. L’ENTV a évité de tout miser sur le divertissement cette année. « Car, nous ne sommes pas en période estivale. Nous avons gardé une partie de la grille habituelle comme les émissions économiques », a justifié Tewfik Khelladi, en défendant l’idée de « l’algérianisation des programmes » de la télévision publique. L’ENTV entend attirer les téléspectateurs avec des feuilletons tels que « Ibn Badis » de Amar Mohcine et « Samt al abria » (silence des innocents) de Amar Tribèche ainsi que les sitcoms « Machi sahel » de Lassad Ouslati et « Dar si Tahar » de Karim Bessaissa.

El Djazaria affine sa stratégie

El Djazaria, la chaîne privée qui célèbre cette année ses cinq ans d’existence, a changé son look pour ce ramadan. Elle s’est bien adaptée à la concurrence, selon ses responsables. « Même si en réalité nous voulons être les concurrents de nous-mêmes. Nous avons capitalisé une certaine image de marque de la chaîne. Nous voulons relancer la chaîne pour se repositionner davantage dans le champ médiatique algérien. Nous allons revoir la ligne éditoriale et la cible des téléspectateurs. Il y a une vision macro et une nouvelle stratégie pour mieux préciser à qui doit s’adresser El Djazaria », développe Mohamed Salah Daas, directeur général d’El Djazairia. “Cela dit, notre cible est les jeunes et la ménagère“, résume-t-il.

Avant de changer son habillage, El Djazaïria a réalisé un sondage. « Nous sommes actuellement une chaîne généraliste. Mais, demain avec le cahier des charges (de l’Arav) nous allons nous positionner dans la thématisation. On verra si nous serions une chaîne culturelle ou une chaîne de divertissement », explique-t-il.

El Djazaira a fait un partenariat avec la boîte de production Not Found pour alimenter sa grille de programmation avec notamment le feuilleton dramatique « El Khawa » de Madih Bélaid et la sitcom « Casbah city » de Issam Boukera. La chaîne espère faire de l’audience aussi avec la saison II de la sitcom « Tahta al mourakaba » (Sous contrôle) avec le comédien Abdelkader Secteur.

Ennahar TV mise sur les caméras cachées

Ennahar TV a pris option pour les caméras cachées telles que « Aaref nejmek » (Connais ta star) et « « Machi marti » (Ce n’est pas mon épouse). « Notre programme de cette année est le prolongement de celui du ramadan de l’année dernière. Nous avons choisi la production par nos propres moyens des caméras cachées. Nous n’avons pas les capacités des chaînes qui achètent les programmes à 40 milliards de centimes. Nos équipes ont assuré la production de caméras avec une touche et une vision nouvelles. Donc, nos programmes sont à 100 % Ennahar », se vante Anis Rahmani, directeur général d’Ennahar TV.

Selon lui, la chaîne, qui se présente comme la première en matière d’audience en Algérie, cible les jeunes et les femmes durant le ramadan. « Nous ciblons surtout les 15-35 ans dans nos programmes », précise-t-il.

Ennahar TV, qui a fermé son deuxième canal destiné aux femmes  Ennahar laki  pour des raisons budgétaires, suit de près les programmes des chaînes concurrentes comme Echourouk TV, l’ENTV et El Djazairia. « Pour avoir une idée sur l’audience durant ce mois de ramadan, il faut attendre encore quelques jours. Nous verrons quels sont les programmes qui ont capté le plus l’attention des Algériens. Mais, je sais que les caméras cachées d’Ennahar font le buzz actuellement. Elles cartonnent sur des plateformes telles que Youtube. Certaines ont déjà dépassé le 1 million de vues », se félicite déjà Anis Rahmani.

« Âchour el Âcher » revient sur Echourouk TV

Echourouk TV a quant à elle misé sur la saison II du feuilleton « Âchour El Âcher » de Djafar Kacem avec Salah Aougrout, sur la caméra cachée « Al wa’âra » de Rym Ghezali et sur les programmes religieux. « En plus de ces programmes, nous avons acheté les droits du feuilleton turc « Wadi al dhi’âb » (La vallée des loups) doublé en dialecte algérien. Nous consacrons 40 % de la grille aux programmes religieux comme la grande émission « Mafatih al jana » (Les clefs du paradis) qui réunit une vingtaine de savants dont la référence religieuse est algérienne. L’émission est filmée en dehors des studios », détaille Toumi Ayad Ahmadi, directeur de la production à Echourouk.

Jornane El Gosto, programme à grande audience de Abdelkader Djeriou, est diffusé cette année par Echourouk News. La chaîne cuisine du groupe Echourouk a changé de nom et de vocation cette année pour s’appeler CBC El Benna après la signature d’un partenariat avec un réseau arabe de production audiovisuelle. « CBC El Benna est désormais destinée à la femme et va également diffuser des feuilletons et des émissions spécialisées », explique Toumi Ayad Ahmadi, qui plaide pour la construction de cités de production médiatique en Algérie comme cela existe en Égypte, aux Émirats arabes unis, en Tunisie et au Maroc. « Nous devons nous ouvrir sur les expériences des autres et encourager la coproduction entre les pays arabes. Sur les plans technique et artistique, les productions algériennes sont de bonne qualité. C’est un acquis pour nous tous », assure-t-il.

Dzair TV s’adresse à « l’ensemble de la famille ».

Dzaïr TV mise sur des programmes algériens pour se différencier. « Nous proposons des programmes que les Algériens n’ont pas l’habitude de voir. Des programmes 100 % algériens. Nous voulons que les familles algériennes se voient à la télévision. Nous prenons en compte la concurrence mais Dzair TV, depuis ses débuts en 2013, veut être une chaîne entièrement algérienne à travers ses produits », affirme Chawki Smati, animateur-producteur à Dzair TV.

Ce ramadan, Dzair TV met les joueurs de football dans les cuisines pour raconter leur carrière dans « Me stade lel cousina » (Du stade à la cuisine) et propose un jeu en live tourné en extérieur jour, « Game of Ramadan » avec Chawki Smati.

« Dzair TV s’adresse à l’ensemble de la famille. Une famille qui se réunit pendant le ramadan. Donc, nous cherchons à répondre à tous les goûts. En 2014 et en 2015, nous avons constaté que les contenus algériens captent plus l’attention du public durant le mois de ramadan que les programmes étrangers. Le coût de ce que nous avons produit cette année est estimé à moins de 200 millions de dinars », argumente Mohamed Hakem, directeur général du groupe Media Temps Nouveaux, propriétaire de Dzair TV et de Dzair News. « Dzair News restera une chaîne infos durant le ramadan, mais nous rediffuserons après 20 h, les programmes de Dzair TV comme le jeu ‘Game of Ramadan’ et ‘Me stade lel cousina’. La nouveauté cette année est l’émission ‘Sahra news’ diffusée en live à partir de 23h15 pour revenir, chaque soir, sur l’actualité de la journée », détaille-t-il.

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