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Sahara occidental : Abdelaziz Rahabi décrypte les enjeux stratégiques du véto russe

L’ancien ministre et diplomate Abdelaziz Rahabi décrypte les enjeux de la résolution américaine et du véto russe sur le Sahara, l’Algérie et toute la région.

Sahara occidental : Abdelaziz Rahabi décrypte les enjeux stratégiques du véto russe
Enjeux du véto russe sur le Sahara occidental : le décryptage d’Abdelaziz Rahabi. | DR
Rafik Tadjer
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Abdelaziz Rahabi livre sa lecture sur le véto russe contre une résolution sur le Sahara occidental présentée vendredi 30 octobre par les États-Unis, ainsi que les retombées du rejet des résolutions américaine et russe et du nouveau statut de la Minurso.

L’ancien ministre algérien évoque aussi les enjeux stratégiques régionaux derrière le soutien occidental au Maroc. 

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Ce qui devrait se passer après le vote du 30 octobre au Conseil de sécurité 

Pour Abdelaziz Rahabi, ceux qui ont appuyé le Maroc doivent assumer pleinement la responsabilité de la nouvelle situation de la mission MINURSO, et “ils seront comptables de toute perturbation éventuelle dans les territoires sahraouis occupés”. 

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La Mission, insiste-t-il, ne peut être réduite à “une simple instance provisoire” et, de ce fait, elle ne quittera pas le Sahara occidental et elle ne sera pas expulsée de ce territoire par le Maroc, “qui n’exerce aucune souveraineté sur ce territoire”.

Le diplomate estime que, conformément à “une pratique récente de l’ONU”, un débat devrait avoir lieu à l’Assemblée générale, où tous les États sont égaux, après l’exercice du droit de veto par la Russie.

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Sahara occidental : pourquoi la Russie a mis son droit de veto 

L’ancien ambassadeur d’Algérie à Madrid souligne que c’est la première fois que la Russie s’exprime par un vote favorable ou défavorable après huit ans d’abstention devant les résolutions relatives au dossier sahraoui. 

Le véto utilisé vendredi dernier “illustre les limites de la patience des Russes face à la persistance de l’unilatéralisme américain, et traduit également leur agacement face à la tentative de passage en force des Etats-Unis”, écrit Rahabi dans une analyse mise en ligne ce dimanche 1er novembre sur les réseaux sociaux. 

Washington a, selon lui, voulu réduire le rôle de “pen holder” à un “simple privilège dénué de toute responsabilité”. Or, poursuit-il, cette responsabilité exige de “mériter la confiance” de la partie adverse, à savoir le Front Polisario, ainsi que celle des deux États voisins observateurs, l’Algérie et la Mauritanie.

La Russie a une longue histoire de soutien aux luttes anticolonialistes en Afrique et possède sur ces questions “une vision stratégique globale qui dépasse le cadre étroit du Conseil de sécurité”, rappelle Abdelaziz Rahabi. 

La doctrine diplomatique tire sa force de l’histoire des États, et non pas uniquement de leurs intérêts matériels actuels, “contrairement à ce que l’administration Trump s’efforce de démontrer au Sahara occidental après avoir tenté la même chose à Gaza”, note le diplomate.

Une stratégie globale pour la région qui implique même Israël et les Emirats 

Trois exigences ressortent en effet des projets de résolution américain : « l’autonomie marocaine comme la seule base de négociation, la disparition de la lettre R, et enfin les « Sahraouis ne seront plus un peuple mais des réfugiés à placer”, détaille Rahabi.

Les enjeux sont éminemment stratégiques. Selon l’analyse de l’ancien ambassadeur d’Algérie en Espagne, la volonté des États-Unis et de la France

est de transformer le Conseil de Sécurité en un organe de « validation juridique internationale » du Sahara Occidental comme partie intégrante du Maroc pour sortir le royaume de son « insularité » et en « faire l’axe d’une zone d’influence exclusivement occidentale qui commencerait à la frontière entre la Libye et le Niger et se prolongerait jusqu’à la façade atlantique du Sahara occidental. »

Déploiement de l’armée algérienne au Niger, une « mesure préventive »

D’ailleurs, estime-t-il, le nouveau cadre de coopération militaire entre l’Algérie et le Niger peut être interprété comme “une mesure préventive initiale face à cette stratégie qui représente une menace directe sur le continuum humain et la profondeur stratégique de notre pays. pérennité de notre peuple et la profondeur stratégique de notre pays”.

La stratégie englobe plusieurs parties. Pendant que les États-Unis “se servent du Conseil de sécurité comme d’un outil” et qu’Israël “définit la future architecture sécuritaire de notre région”, les Émirats arabes unis financent l’opération, car les deux premiers ne peuvent pas le faire en raison du « contrôle populaire exercé chez eux sur leurs finances publiques. »

Le rôle de la Chine et des BRICS

La Chine, qui s’est abstenue tout en rappelant le principe de l’autodétermination et en soulignant le caractère déséquilibré du texte américain, “reste fidèle à sa ligne de conduite et ne souhaite pas apparaître comme une superpuissance économique dépourvue de vision stratégique en Afrique”. Il est probable, estime Abdelaziz Rahabi, que la Chine ait subi “des pressions de la part des alliés arabes du Maroc, mais elle reste un pays attaché aux causes de la libération des peuples”. 

En évoquant la Chine, Rahabi trouve “regrettable” que les membres des Brics “ne manifestent pas un grand intérêt pour ces valeurs universelles, alors même que leur histoire commune en regorge”. “Ces pays se concentrent en effet davantage sur la dimension commerciale, ce qui donne finalement l’impression que le Sud n’est pas aussi homogène qu’on voudrait le faire croire”, écrit-il.

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