
Tout d’abord, il faut désigner le principal responsable de l’impasse au Conseil de sécurité dans le dossier du Sahara occidental : l’administration américaine. Washington a sacrifié le compromis onusien aux exigences marocaines.
En abusant de sa position de porte-plume, elle a imposé son propre agenda, écarté plusieurs amendements et verrouillé toute possibilité de compromis. Elle a ainsi renoncé à rechercher un texte équilibré, susceptible de consolider le processus politique, au profit d’une résolution largement alignée sur les revendications marocaines.
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Comme je l’ai rappelé à maintes reprises, la partialité de l’administration Trump ne pouvait aboutir qu’à une résolution profondément déséquilibrée en faveur du Maroc. Un tel texte ne pouvait qu’être inacceptable pour certains membres du Conseil de sécurité. Le veto russe en a finalement révélé les conséquences.
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Sahara occidental : le Maroc soutenu par les réseaux de lobbying pro-israéliens
Sous l’administration Trump, cette démarche répondait à une logique politique précise : satisfaire les revendications de Rabat, soutenues par les réseaux de lobbying pro-israéliens, notamment l’AIPAC, et marginaliser la MINURSO. Cette dernière est devenue, aux yeux des partisans de cette stratégie, un témoin institutionnel gênant d’un conflit de décolonisation toujours irrésolu.
L’objectif était également de modifier la nature même du dossier. Il s’agissait de faire glisser une question de décolonisation vers une problématique de réfugiés, en plaçant l’humanitaire au premier plan et en reléguant les dimensions politiques, territoriales et le droit à l’autodétermination au second plan.
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Ce changement de paramètres, en faisant abstraction du droit du peuple sahraoui à déterminer librement son avenir, visait à consacrer un fait accompli colonial. Il ne s’agissait plus de rechercher une solution politique conforme au droit international, mais d’adapter le cadre onusien aux objectifs territoriaux du Maroc.
Autrement dit, Washington n’a pas cherché à rapprocher les positions. Elle a voulu remodeler le cadre institutionnel des Nations unies pour l’adapter aux exigences marocaines. C’est cette politique de passage en force qui a conduit le Conseil de sécurité dans l’impasse actuelle.