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Sahara occidental : Rabat veut faire radier le statut de territoire non autonome

Après la non-reconduction de la Minurso, le Maroc entend engager deux batailles diplomatiques pour cibler le Comité des 24 (C-24) et la Quatrième Commission. Ses chances de succès sont ténues.

Sahara occidental : Rabat veut faire radier le statut de territoire non autonome
Rabat veut faire radier le Sahara occidental de la liste des territoires non autonomes | ID 103919873 © Starvarz | Dreamstime.com
Amar Belani
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Après le veto russe au Conseil de sécurité vendredi 30 octobre, Rabat entend déplacer son offensive diplomatique vers l’Assemblée générale, en ciblant prioritairement le Comité des 24 (C-24) et la Quatrième Commission.

L’objectif est désormais d’obtenir le retrait du Sahara occidental de la liste des territoires non autonomes, sur laquelle il figure depuis 1963.

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D’emblée, il convient de rappeler que les Nations unies ne reconnaissent pas le Maroc comme puissance administrante du territoire. Cette absence de reconnaissance prive Rabat de tout fondement juridique lui permettant de présenter son contrôle territorial comme une administration internationalement reconnue.

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La stratégie du Maroc pour s’accaparer du Sahara occidental

Pour parvenir à ses fins, le Maroc compte convertir les soutiens bilatéraux obtenus en faveur de son plan d’autonomie en une majorité multilatérale susceptible de soutenir une initiative de radiation.

Cette stratégie suppose une mobilisation diplomatique tous azimuts. Rabat cherchera à obtenir des engagements de vote, des parrainages de textes et le soutien du plus grand nombre de délégations, notamment en Afrique, dans les Caraïbes, en Asie et dans le Pacifique. Les partenaires européens et américains seront également sollicités pour convaincre les États hésitants.

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Dans ce contexte, Rabat misera prioritairement sur le soutien des États-Unis, du lobby juif AIPAC, d’Israël et de la France. Il cherchera également à mobiliser ses relais d’influence, notamment à Washington, tout en recourant à ses méthodes habituelles de marchandage diplomatique, fondées sur les incitations financières (diplomatie du chéquier) et l’instrumentalisation de ses ressources en phosphates.

La procédure comporte toutefois plusieurs étapes distinctes. Le C-24, organe subsidiaire de l’Assemblée générale, examine la situation des territoires non autonomes et formule des recommandations. La Quatrième Commission examine notamment son rapport et transmet ses recommandations à l’Assemblée générale plénière.

C’est cette dernière qui détient la compétence décisionnelle concernant le maintien ou le retrait d’un territoire de la liste. Une majorité favorable au Maroc au C-24 ou à la Quatrième Commission ne suffirait donc pas, à elle seule, à obtenir la radiation.

Le pari marocain repose sur l’absence de droit de veto à l’Assemblée générale et sur la possibilité de constituer une majorité de circonstance. Mais Rabat devra surmonter une difficulté politique majeure : le soutien au plan d’autonomie ne signifie pas nécessairement adhésion à la souveraineté marocaine, encore moins approbation du retrait du territoire de la liste des territoires non autonomes.

Plusieurs États soutiennent la proposition marocaine comme base de négociation tout en maintenant leur attachement au droit à l’autodétermination et au processus de décolonisation.

L’obstacle est également juridique. La résolution 1514 (XV) consacre le droit des peuples coloniaux à l’autodétermination. La résolution 1541 (XV) prévoit trois modalités d’accession à une pleine autonomie politique : l’indépendance, la libre association et l’intégration. Ces options doivent reposer sur l’expression libre et authentique de la volonté des populations concernées. Or, le plan d’autonomie marocain n’a jamais fait l’objet d’une consultation permettant d’établir cette volonté.

Les reconnaissances diplomatiques et les déclarations de soutien ne sauraient se substituer à cette exigence.

Un autre élément important fragilise la démarche marocaine. Le 15 octobre 2026, le Maroc a voté en faveur du projet de résolution A/C.4/81/L.4, adopté par 152 voix contre deux, avec sept abstentions.

Obstacles majeurs à franchir

Ce texte réaffirme le droit à l’autodétermination, demande au C-24 de poursuivre l’examen du Sahara occidental et sollicite un nouveau rapport du Secrétaire général à la 82e session. Rabat a donc soutenu une résolution qui maintient explicitement le territoire dans le dispositif onusien de décolonisation.

La contre-mobilisation de l’Algérie, du Front Polisario et des États attachés au processus de décolonisation constituera un autre facteur de résistance. Ils pourront notamment s’appuyer sur la continuité des résolutions onusiennes, l’absence de consultation des Sahraouis et les compétences propres de l’Assemblée générale.

Parallèlement, la contestation américaine du mandat du C-24, motivée par son prétendu caractère obsolète, le gaspillage de ressources et la duplication des travaux, pourrait servir certains objectifs marocains. La suppression ou la modification du mandat du Comité resterait toutefois subordonnée à une décision de l’Assemblée générale.

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