
Benjamin Stora participe à la 29 eme édition du Salon international du livre d’Alger. En marge d’une vente-dédicace de son livre ‘Un historien et des images : l’Algérie en guerre (1954-1962), paru aux éditions Dar El Hikma, l’historien spécialiste de la colonisation a accepté de répondre à nos questions.
Pouvez -vous nous présenter votre nouveau livre ?
Benjamin Stora : Je suis heureux de publier mon nouveau livre « Un historien et des images : l’Algérie en guerre (1954-1962) » en Algérie, par un éditeur algérien.
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Cet ouvrage, qui sera traduit en arabe, traite du rôle des images et des représentations de la guerre d’indépendance algérienne. Beaucoup d’images ont été réalisées par l’armée française.
Il y a aussi une absence d’image parce que c’est une guerre inégalitaire, opposant une armée de maquisards à une armée régulière.
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J’essaye de traiter la façon avec laquelle les Français et les Algériens ont montré cette guerre. Aujourd’hui la force des images est très importante dans la société. Pour comprendre une guerre et une Histoire, il faut passer par les images.
–Quel importance revêt pour vous le Salon international livre d’Alger ?
Benjamin Stora : C’est un évènement à la fois culturel et politique à mon avis.
Il montre que l’Algerie compte sur les générations futures pour écrire davantage sur le savoir, les sciences, l’éducation, et la culture surtout au moment où nous sommes confrontés au défi redoutable de l’intelligence artificielle.
Restés accrochés aux livres et à l’écriture est le meilleur rempart pour lutter contre la désinformation et les fake news.
Ce salon montre l’attachement des Algériens non seulement à la culture traditionnelle mais à la préparation de l’avenir de leur nation sur la question culturelle.
Quelle responsabilité pour l’extreme droite dans l’attaques de Trappes qui a fait un mort et plusieurs blessés vendredi 23 octobre? Le maire de Trappes appelle à criminalise la théorie du grand remplacement. Quel est votre avis ?
Benjamin Stora : Il faut d’abord nommer les choses pour pouvoir ensuite les combattre. Ce qui s’est produit à Trappe est un crime raciste et islamophobe.
C’est une communauté particulière qui est visée ; d’ailleurs l’auteur lui-même le reconnait et le revendique.
Malheureusement nous sommes passés des déclarations, des débats, des mots qui sont prononcés aux actes, et les mots comme le disent les manifestants peuvent tuer.
Nous savons malheureusement l’importance de ce déversement perpétuel de stigmatisation et de stéréotypes qui dévalorise les autres et qui entraine malheureusement le passage à des actes meurtriers. Il faut se préparer, de plus en plus, à cette guerre culturelle qui existe aujourd’hui en France
La commission d’historiens algéro-francaise sur la mémoire va- t-elle reprendre ses travaux ? Y a-t-il du nouveau sur ce dossier ?
Benjamin Stora : Franchement non, il n’y a rien de nouveau pour l’instant mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de relations particulières entre historiens.
On a gardé le contact. Ce travail représente un énorme chantier qu’il faut défricher. Il ne peut pas être interrompu d’une part et se régler d’un simple geste. C’est tout un travail mémoriel qu’il va faire refaire démarrer maintenant ».