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Textile : un marché de 4 milliards de dollars entièrement dominé par l’importation à bas prix

L’industrie nationale du textile représente moins de 0, 15% du PIB, avec une production nationale extrêmement faible couvrant uniquement 4% de la demande locale. Et pourtant le marché est très juteux. Selon un document du ministère de l’Industrie et des Mines dont TSA détient une copie, « la production nationale de chaussure et de prêt-à-porter satisfait à peine 4% des besoins estimés à environ 4 milliards de dollars.  Les 96% restant sont comblés par les importations ».

Le démantèlement des entreprises publiques préconisées.

Le document en question donne un aperçu de la situation actuelle du secteur de textile. Le constat est sans appel : le secteur public est totalement déficitaire ; le secteur privé enregistre de bons points, mais il n’est pas en mesure actuellement d’affronter la concurrence étrangère.

Dans le domaine de la confection par exemple, le document souligne : « la majorité des entreprises publiques n’ont visiblement pas de perspective en tant qu’unité industrielle potentiellement viable ». Le ministère propose « leur démantèlement » pur et simple. Quant à la filière privée, globalement elle semble mieux armée. « Cette filière présente toute les caractéristiques d’une industrie naissante qui ne demande qu’à être soutenue avec des incitations fiscales et parafiscales », précisent les rédacteurs du document.

La situation n’est pas très différente pour le textile. Si le secteur privé « présente plusieurs atouts» (créativité, réactivité), les entreprises publiques « sont virtuellement en cessation d’activité compte tenu de l’état lamentable de leurs trésoreries », précise le texte.

Des avantages fiscaux pour relancer le secteur

Pour mettre en place son plan de relance du secteur, le ministère de l’Industrie et des Mines compte s’appuyer sur le groupe public Getex créé en février 2015 et l’usine de textile de Relizane lancée en partenariat avec les turcs. « À travers ces projets, le ministère compte structurer l’ensemble de la filière pour voir émerger autour des milliers de TPE et PME dans la confection, l’habillement la chaussure, la distribution ».

En plus du complex de Relizane, « qui créera 25.000 emplois », le plan prévoit aussi la relance des unités de textile partout à travers le pays :  Tizi Ouzou, Bejaia, Alger, Bouira, Oran…

« La reconquête » du marché nationale perdu au profit des importations à bas prix passe aussi par des mesures incitatives au profit des investisseurs. Le document en cite quelques unes. Il est proposé notamment « la marginalisation du secteur informel en réduisant le différentiel fiscal supporté par l’entreprise du secteur formel à travers notamment la défiscalisation de l’IBS, la réduction des charges sociales de (35% à 25%)… ».

« L’assainissement des pratiques illicites à l’importation », constitue l’autre priorité. Le ministère de l’Industrie suggère aussi « la recherche de partenariats internationaux » et « l’organisation du marché par la prise de mesure de protection douanière ».

Cibler le milieu de gamme

Le document préconise la création de sociétés mixtes avec l’État et des capitaux privés pour la production de coton et de société  anonymes par actions de taille moyenne ( 150 à 500 personnes) pour le textile, ainsi que la création de plusieurs entreprises industrielles recentrées et spécialisées dans des activités en lien avec cette industrie.

Le document préconise de privilégier « le milieu de gamme tiré progressivement vers le haut de gamme ». Un choix « justifié par l’importance d’un marché local de 40 millions de consommateurs et de quatre milliards de dollars (de valeur). Le textile bas de gamme s’est durablement installé en Asie et le haut de gamme demeure une niche très européenisée », explique le document.

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