
La nouvelle édition 2026 du rapport Sending Money Home publié par l’organisme onusien le Fonds international pour le développement de l’agriculture (Fida), est consacrée cette année à l’impact des tendances et des innovations dans les envois de fonds provenant des diasporas et leur rôle dans la résilience et l’inclusion financière des familles rurales dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
Le rapport fait état du montant global atteint par les entrées de transferts de fonds effectués par les diasporas, qui ont presque doublé en 10 ans, passant de 375,6 milliards $ en 2016 à 728,6 milliards $ en 2025, surpassant ainsi l’aide officielle et l’investissement direct étranger.
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Le document montre comment ces flux financiers aident les ménages dans les pays d’origine à satisfaire leurs besoins essentiels, à répondre aux crises et à l’incertitude, et à renforcer leur résilience économique.
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Par continent, l’Asie à elle seule a reçu plus de la moitié de ces fonds, suivie de l’Amérique latine puis de l’Afrique. Il y a également une concentration par pays puisque cinq d’entre eux ont reçu près de la moitié de tous les envois de fonds.
Transfert d’argent de la diaspora : l’Algérie a reçu 1,799 milliard en 2025
On distingue en premier l’Inde qui a reçu le plus avec 150,7 milliards $, suivie du Mexique avec 64,4 milliards $, des Philippines avec 41,6 milliards $, de l’Égypte avec 41,5 milliards $ et du Pakistan avec 40,5 milliards $. Ensemble, ces cinq pays ont reçu 338,7 milliards $, soit près de 47 % de toutes les entrées enregistrées dans les pays couverts par le rapport.
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Les transferts de fonds à destination du continent africain ont presque doublé atteignant 124,2 milliards $ en 2025, soit une augmentation de 86 % sur la décennie 2016 – 2025.
Là également, il y une concentration au niveau de quelques pays que sont l’Égypte qui devient le premier pays récipiendaire (41,5 milliards $), suivie du Nigéria (22,78 milliards $), du Maroc (13,65 milliards $), de l’Éthiopie (7,13 milliards de dollars) et du Kenya (5 milliards $).
S’agissant de l’Algérie, elle a reçu 1,79 milliard $ avec une baisse de 10 % sur la décennie. Comment expliquer ce montant et cette évolution, comparativement à d’autres pays ? De prime abord, il y a lieu de rappeler qu’historiquement, l’économie algérienne a toujours compté sur ses recettes d’exportation des hydrocarbures, reléguant en second rang la captation de l’épargne de la diaspora.
L’impact du marché noir des devises
Ensuite, il y a la situation spécifique liée à l’existence d’un marché informel de devises. Aussi, l’écart important entre le taux de change officiel de la Banque d’Algérie et celui du marché informel, incite le plus souvent les ressortissants résidant à l’étranger à faire passer leurs devises par des circuits informels.
En raison de la proximité géographique avec les lieux de résidence (France, Espagne, Royaume-Uni, etc.) et des flux de voyage, une part significative de l’aide financière ou des devises est acheminée physiquement « de main à main » lors des retours au pays, échappant ainsi aux réseaux bancaires. Or ces flux informels ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles de la Banque mondiale ou de la Banque d’Algérie.
En troisième lieu, le secteur bancaire algérien peine à faire admettre les solutions digitales de paiements aux acteurs économiques, comme cela a été démontré dernièrement par le CNESE lors de la journée d’étude consacrée à cette question.
En effet, les transferts internationaux instantanés et les services de FinTech/Mobile Money sont moins intégrés qu’en Égypte ou en Tunisie par exemple. Ajouté à cela, la réglementation rigide sur la détention et la libre circulation des devises crée une certaine défiance vis-à-vis des banques.
Enfin, la spécificité de la diaspora algérienne, principalement installée en Europe et au Canada, réside dans le fait qu’elle est davantage composée d’immigration d’installation de longue durée. Ceci fait qu’une part importante de son épargne reste investie ou consommée dans le pays d’accueil.
*Brahim Guendouzi est économiste
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