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Trottoirs d’Alger : confisqués, défoncés et laissés à l’abandon

Trottoirs d’Alger : confisqués, défoncés et laissés à l’abandon

Les trottoirs d’Alger font couler beaucoup d’encre. Ce sujet anime les conversations entre les citoyens tant il est la source d’une flopée de problèmes.

De nombreuses chutes sont enregistrées au quotidien à cause des trous occasionnés par des travaux laissés en suspens. Dans certains quartiers, les automobilistes garent carrément leur véhicule sur les trottoirs obligeant les piétons à marcher sur la chaussée, avec le risque d’être heurtés par les voitures.

Les autorités laissent faire. Les piétons ne savent plus sur quel pied danser et à quel saint se vouer.

Fractures en cascade

Défi à relever. Essayez de parcourir la rue Didouche Mourad à pied sans vous fouler la cheville ou être victime d’une entorse. Marcher tranquillement sur le trottoir s’avère être une mission périlleuse au regard des dizaines de trous, ornières et crevasses qui jalonnent ce parcours ainsi que ceux des grands boulevards de la capitale.

Régulièrement, les dalles sont arrachées pour des opérations de renouvellement et d’embellissement des trottoirs initiées par la commune.


Malheureusement, les travaux ne sont jamais achevés à 100%. Même avec une paire de tennis ou de chaussures plates, les passants trébuchent. Les jours de pluie, des flaques d’eau remplissent ces nids de poules. Les personnes âgées sont celles qui ont le plus de mal à se déplacer. Elles sont souvent victimes de chutes et de fractures dès qu’elles mettent les pieds dehors « Mon père âgé de 76 ans s’est brisé le fémur sur ce tronçon », se plaint un riverain de cette artère principale de la capitale.


Les escaliers sont-ils en papier ?

Récemment, des travaux de réfection ont concerné les escaliers de la capitale. Du côté du Telemly et du Bd Mohamed V, les préposés à ce chantier ont remballé bétonnière, burin, piquet et truelle à la vitesse grand ‘V’. Certaines marches sont restées en l’état. Les finitions n’ont pas été exécutées exposant les passants à des trébuchements continuels.

À proximité du lycée Saint-Elisabeth, un passage en pente a été aménagé pour les handicapés. Louable initiative sauf que par endroit, l’inclinaison est si abrupte et pentue que ces chemins ne peuvent être empruntés par ces personnes à mobilité réduite sans prendre le risque d’avoir un accident.


Rendez-nous nos trottoirs

Que dire des automobilistes qui garent leurs véhicules sur les trottoirs empêchant les piétons de se déplacer en toute sécurité ? Tous les jours, des enfants empruntent ces chemins pour se rendre à l’école. À cause des trottoirs squattés, ils n’ont pas d’autre choix que de marcher sur la chaussée, risquant à chaque seconde de se faire écraser par une voiture.


Incivilités

D’autres personnes considèrent la voie publique comme un espace privé. Mettre une chaise, un cageot, un pot de fleur pour empêcher le stationnement et se réserver la chaussée pour soi est devenue monnaie courante.

Des gestes d’incivilité qui réduisent les places de stationnement comme peau de chagrin. À la rue Hamani (ex-rue Charras), une association mobilise quatre places de stationnement. « Déjà que c’est la croix et la bannière pour stationner, il ne manquait plus que cela. En tant que riverain, garer en ville relève de l’exploit », fulmine un riverain. La situation est pire en dehors du centre-ville. Dans la majorité des quartiers de la capitale, il n’y a quasiment pas de trottoirs.


Déambuler dans les rues d’Alger, en sifflotant, sans surveiller où l’on met les pieds est une expédition à haut risque. Entre trottoirs défoncés et escaliers lépreux, la vigilance est de mise afin d’éviter de se retrouver les quatre fers en l’air, à chaque coin de rue.

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