
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a abordé la hausse des prix de certains produits de consommation sur le marché national et plus globalement la problématique du pouvoir d’achat.
Pour le chef de l’État, qui s’exprimait lors de son entrevue périodique avec des représentants de la presse nationale diffusée samedi soir sur la Télévision algérienne, l’augmentation subite des prix est compréhensible pour certains produits, mais ne l’est pas pour d’autres.
A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison
« Cupidité », « spéculation » et « parasites » : les mots forts de Tebboune
Les feux de forêt de l’été dernier ont pu impacter la production agricole dans certaines régions du pays, a-t-il admis. Mais pour de nombreux produits, « la seule explication, c’est la cupidité » de certains qui « profitent des moments d’inattention pour sortir comme des parasites ».
A lire aussi : Visas diplomatiques : l’Algérie accuse la France de « mauvaise foi »
Cette spéculation est inacceptable, car l’État « a tout donné aux agriculteurs et personne ne peut le nier », a indiqué M. Tebboune, citant les subventions de l’électricité, du gasoil, de l’eau et des engrais. « L’agriculteur ne doit pas perdre certes, mais il ne faut pas exagérer sur les prix », a-t-il tonné.
L’Algérie subventionne 26 produits, dont cinq produits agricoles saisonniers et, « en principe, on ne touche pas à ces produits, sinon proportionnellement à l’impact des circonstances, une augmentation de 15 ou 20 %, mais pas de 400 % », a insisté le président qui dénonce « un crime contre le peuple ».
A lire aussi : L’Algérie instaure un triple contrôle des importations
Pouvoir d’achat : Tebboune prend deux engagements
« D’après les premières investigations, a-t-il dit, la majorité des agriculteurs ne sont pas responsables de la hausse des prix. L’agriculteur vend la tomate à 20 DA et elle est revendue à 140 dinars au consommateur. C’est un crime contre le peuple. »
Abdelmadjid Tebboune a pris deux engagements. Celui d’abord de faire face à ces pratiques avec toute la rigueur de la loi. « Nous allons y faire face (…) Celui qui faute, qu’il assume. Moi je dois préserver le pouvoir d’achat du citoyen en attendant de parvenir, fin 2027, à le rehausser encore plus », a-t-il promis. « Celui qui touche au peuple me touche, la base du développement c’est le citoyen », a-t-il encore insisté.
Le deuxième engagement du chef de l’État est de faire en sorte que les prix reviennent à la normale dans l’immédiat. « J’ai donné des instructions au gouvernement, à partir de demain (dimanche 4 octobre) les prix vont baisser », a-t-il assuré.
Une situation jamais vue en 60 ans ? « C’est faux, l’exagération, ce n’est pas bien »
Si la hausse des prix est une réalité pour certains produits et que « le citoyen a raison de se plaindre », le président a toutefois déploré une certaine exagération dans des propos tenus sur cette question.
« Il y a des propos exagérés que je ne prends pas en considération parce qu’ils sont erronés », a-t-il dit, citant ceux qui prétendent que « le peuple est malade parce qu’il ne mange pas », ou ceux qui avancent que l’Algérie n’a pas connu une telle flambée depuis 60 ans.
« Ce sont des choses qui ne se disent pas (…) Celui qui dit ça fait 60 ans, c’est faux (…) l’exagération, ce n’est pas bien », a-t-il reproché, rappelant que « sous la Issaba », il était arrivé que l’ail atteigne 2.500 dinars le kilogramme.
Dans les moments difficiles, le citoyen est compréhensif, a reconnu le président qui, par ailleurs, a accusé des parties qui tenteraient de faire entrer le pays dans une « phase d’instabilité » en cherchant à « agiter une partie de la rue ». Ceux-là, a-t-il assuré, se trompent et ceux qui leur ont soufflé l’idée « se trompent encore plus », car « ils ne sont pas des Algériens et ne connaissent pas la réalité de l’Algérie ».