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VIDÉO. Réécoutez la dernière interview de Kamal Eddine Fekhar

VIDÉO. Réécoutez la dernière interview de Kamal Eddine Fekhar

Le militant et défenseur des droits de l’Homme, Kamal Eddine Fekhar est décédé ce mardi matin à l’hôpital psychiatrique Frantz Fanon de Blida, de la suite d’une grève de la faim qu’il a entamée pour protester contre son emprisonnement depuis le 1er mars.

Quelques jours avant son arrestation, il avait accordé une interview au journaliste Mohamed Ali Alalou, dans laquelle il était revenu sur les poursuites judiciaires qu’il affrontait, la situation politique à Ghardaïa et sur le mouvement populaire contre le pouvoir qu’il a qualifié de « lueur d’espoir ».

Revenant sur les précédents procès qui lui ont été intentés, notamment à l’occasion des violences qu’à connues Ghardaïa entre 2013 et 2015, le Dr Fekhar a affirmé avoir fait de la prison « pour ses écrits » et ses positions politiques.

« Durant les années 1960 et 1970, ils tuaient les opposants, maintenant, ils les emprisonnent, la justice est devenue l’arme fatale du pouvoir », a dénoncé le militant. C’est « la justice du téléphone », avait-t-il affirmé, expliquant que « pendant deux ans, on m’a poursuivi pour des accusations dangereuses, sans qu’il n’y ait de faits définis dans le temps ou l’espace ».

« N’importe quel Algérien qui dit la vérité ou exprime son opinion va en prison », déplorait alors Kamal Eddine Fekhar pour qui, « contrairement au passé, où ils (le pouvoir) inventaient des faits pour étayer les accusations, maintenant, ils ne le font plus ». « Il y a des hommes qui ont fait deux ans de prison parce qu’ils ont été vus à une réunion de défenseurs des droits de l’Homme ouverte à tous », a poursuivi le militant.

Le défenseur des droits de l’Homme avait relaté ses mésaventures avec la justice. « Des choses graves se passent ici à Ghardaia, je suis poursuivi pour 18 accusations dont 18 crimes », avait-il affirmé.

Revenant sur les violences qu’à connues Ghardaïa entre 2013 et 2015, Kamal Eddine Fekhar a affirmé que ces événements « ont été provoqués par le pouvoir qui a l’habitude de le faire de façon périodique, on ne sait pourquoi ». « Un plan machiavélique du pouvoir », selon lui, qui fait partie « des grands crimes de la bande au pouvoir, tout comme les événements de Kabylie en 2001 ».

Il a également pointé du doigt la complicité et la responsabilité de certains médias dans l’embrasement de la ville, en citant, notamment, des chaînes de télévision privées. « Pour embraser Ghardaia, ils ont utilisé certains médias qui ont créé un rideau de fumée », a expliqué le militant.

Dans la dernière interview qu’il a accordée, Kamal Eddine Fekhar avait exprimé son enthousiasme et sa joie de voir le mouvement populaire contre le pouvoir se déclencher, il s’est félicité que les manifestants sortent en famille, « joyeux, avec le sourire ».

« Le pouvoir a cassé ce pays, il a cassé les partis politiques, toutes les organisations, il a créé des rancunes entre citoyens, l’égoïsme. Si ce changement réussit, ça sera très bénéfique pour l’Algérie », avait-il espéré. Malheureusement, il n’assistera pas à l’éclosion du printemps démocratique dans son pays.

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