
Dans un contexte de réchauffement de la relation politique entre l’Algérie et la France, de nombreuses entreprises françaises sont présentes à la 57ᵉ édition de la Foire internationale d’Alger (FIA).
Le signe d’une forte volonté de rattraper le temps et le terrain perdus. C’est la première fois depuis dix ans que la France tient un pavillon à cet important rendez-vous économique algérien.
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À la 57ᵉ Foire d’Alger : la France revient en force
Le recul de la présence économique française en Algérie est antérieur à la crise politique déclenchée en juillet 2024. La France a été détrônée par la Chine du rang de premier fournisseur de l’Algérie dès 2013.
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Ces dernières années, des projets français sont mis à l’arrêt, comme l’usine Renault d’Oran, et certaines filières d’exportation ont perdu leurs parts en Algérie. C’est particulièrement le cas de la filière céréalière française qui fournissait la moitié des importations de l’Algérie avant d’être réduite à quasiment rien.
Néanmoins, les deux pays ont pu, malgré la crise, maintenir leurs échanges commerciaux à environ 11 milliards de dollars par an.
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À la Foire internationale d’Alger de cette année 2026, qui se tient depuis lundi 22 juin, la présence française est très remarquée avec 26 entreprises exposantes implantées et non implantées en Algérie. Précisément, 19 entreprises déjà présentes en Algérie comme productrices ou même exportatrices et 7 autres venues de France, a indiqué à TSA Michel Bisac, président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF). Ces entreprises représentent près d’une quinzaine de secteurs d’activités.
Michel Bisac : « Consolider le lien économique au bénéfice des deux pays »
C’est le pavillon étranger le plus important de la FIA et il aurait pu être encore plus significatif s’il y avait plus d’espace. « Nous avions la possibilité, si nous avions eu plus d’espace, de faire venir au moins une dizaine d’entreprises en plus », indique M. Bisac.
De nombreux groupes français mondialement connus sont présents, à l’image de Sanofi, Alstom, TotalÉnergies, CMA CGM, Schneider Electric, Société Générale, AXA, BNP Paribas, Lesieur, Bel, Legrand…
Signe d’une implication politique forte pour le rétablissement d’un plein partenariat économique, la CCIAF a annoncé avoir reçu au pavillon français au palais des expositions d’Alger l’ambassadeur de France en Algérie Stéphane Romatet et la présidente de l’association France-Algérie (AFA), Ségolène Royal.
« Cette visite a été l’occasion de présenter l’engagement des entreprises françaises en Algérie et la nécessité de consolider et de développer le lien économique au bénéfice des deux pays », écrit la chambre de commerce dans un message sur LinkedIn.
Lors de sa visite très médiatisée en Algérie en janvier dernier, Ségolène Royal avait été invitée par la CCIAF justement. L’ancienne ministre avait indiqué avoir constaté combien l’Algérie a changé sur le plan économique et pressé la France d’agir pour ne pas se faire distancer davantage par la concurrence, notamment italienne et chinoise.
« C’est à la France de se rendre compte que les choses avancent en Algérie, et que si elle veut continuer à être dans ce partenariat, il faut qu’elle se bouge », a-t-elle déclaré, mettant en garde les autorités françaises que « l’Algérie ne va pas attendre la France puisqu’elle a diversifié ses partenariats ».
Une décision qui a coïncidé avec le réchauffement politique
Fin avril, c’est Patrick Martin, le président du MEDEF, qui s’est rendu en Algérie. Fait inhabituel, le patron des patrons français s’est déplacé en personne alors que c’est le président du MEDEF International qui conduit d’habitude les délégations à l’étranger.
Martin a lui aussi regretté que les Chinois et les Italiens « prennent la place » des exportateurs français en Algérie, insistant sur le fait qu’il faut être « attentif », parce que, a-t-il dit, « c’est un pays qui a un réel potentiel » et « un marché intérieur qui est important avec bientôt 47 millions d’habitants ».
Ces visites successives sont survenues alors que les deux capitales multipliaient les signes respectifs d’une volonté d’apaisement. L’économie est l’un des segments sur lesquels Alger et Paris se sont appuyés pour tenter de dépasser leur pire crise depuis l’indépendance.
Michel Bisac confirme la corrélation entre ce retour en force de la France à la Foire d’Alger et le réchauffement politique en cours. Bisac a indiqué à TSA que la décision de tenir un pavillon a été prise il y a un peu plus d’un mois, « lorsque nous avons vu que les relations s’amélioraient entre la France et l’Algérie ».
« Nous sommes contents d’avoir à nouveau hissé le drapeau français sur la FIA et j’espère que l’année prochaine nous serons encore plus nombreux », espère-t-il.