
Le photographe yougoslave Stevan Labudovic est connu pour être l’un de ceux qui ont immortalisé les combats de l’Armée de libération nationale (ALN) pendant la guerre d’Algérie.
La chaîne qatarie Al Jazeera a diffusé sur les réseaux sociaux un documentaire retraçant son engagement en faveur de la Révolution algérienne.
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Le film a été mis en ligne le 5 juillet, jour de célébration de l’indépendance de l’Algérie. Il contient des images rares du quotidien des soldats de l’ALN dans les maquis.
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Guerre de libération : des images rares de moudjahidine dans le maquis
On y voit de jeunes combattants nettoyant leurs armes ou apprenant à les manier, s’entraînant au parcours du combattant, marchant en ordre serré ou partageant un repas, et même une cigarette. Ces images avaient beaucoup servi à contrer la propagande de l’armée coloniale.
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“Je n’ai pas filmé les meilleures images, mais elles pourraient être utiles”, dit humblement l’auteur des films et photographies, décédé en 2017.
Comment ce photographe officiel du maréchal Tito s’est-il retrouvé en Algérie ? Son histoire est racontée dans le documentaire.
Stevan Labudovic est né en 1926 dans l’actuel Monténégro. En 1959, face à la machine médiatique coloniale, les dirigeants de la Révolution ont demandé à Josip Broz Tito, alors président de la Yougoslavie, d’envoyer quelqu’un pour filmer la réalité de la guerre d’Algérie. Le maréchal, grand soutien de l’Algérie combattante, a alors envoyé son meilleur photographe et cameraman.
Venu pour 3 jours en Algérie, il y est resté 3 ans
Initialement, la mission de Labudovic devait durer trois jours, à Ghardimaou, en Tunisie, où il devait filmer des interviews des chefs de la Révolution. Mais il a décidé de franchir la frontière malgré le grand danger. Les deux pays maghrébins étaient alors séparés par les lignes Challe et Maurice, électrifiées et minées.
Le Yougoslave est resté en Algérie trois ans, jusqu’à l’indépendance. Il a immortalisé le quotidien des moudjahidines dans les maquis des wilayas I (Aurès) et II (Nord constantinois), leurs batailles et les exactions de l’armée coloniale. Il a raconté au monde, par l’image, le combat de “40 000 combattants contre une armée des plus modernes, d’au moins 500 000 soldats”.
Il a filmé 83 kilomètres de pellicule
En trois ans, il a filmé 83 kilomètres de pellicule, réalisé 27 films et pris 274 photos. Le tout est soigneusement conservé aux archives de la société d’actualités cinématographiques Filmske novosti en Serbie.
“Voici l’Algérie, elle est toujours là. Quand il s’agit de l’Algérie, tu trouves tout ici”, dit-il en caressant soigneusement les dizaines de bobines empilées.
Stevan Labudovic, le photographe qui a montré au monde la réalité du combat du peuple algérien
Le photographe est décédé en 2017. L’Algérie indépendante lui a rendu hommage de son vivant et après son décès. En 2012, il a été décoré de la médaille du Mérite national.
À l’annonce de son décès, le 25 novembre 2017, le président de la République de l’époque, Abdelaziz Bouteflika, avait salué la mémoire d’un homme qui s’est “investi pleinement dans la lutte de l’Algérie contre le joug colonial, au péril de sa vie”, qui a mobilisé “avec courage et abnégation, sa caméra et son savoir-faire au service de notre cause” et qui, par “son engagement sans faille et fraternel” a permis de “dévoiler à l’opinion publique internationale la réalité du combat de notre peuple face à la propagande coloniale”.
En visite à Belgrade en juin 2023, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a rendu visite à la veuve du caméraman de la Révolution algérienne, Stevan Labudovic, Mme Rozika Labudovic.
« Ce geste dénote la fidélité de l’Algérie à ses amis qui l’ont soutenue, par le passé, dans sa lutte contre le colonialisme, et qui sont, aujourd’hui, un trait d’union entre l’Algérie et les autres pays, à l’image de la Serbie », a déclaré M. Attaf.