
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a pris 10 mesures radicales pour une réforme profonde de l’agriculture algérienne. Présidant ce dimanche 8 novembre une réunion du conseil des ministres, le chef de l’Etat a donné au gouvernement des instructions et des orientations qui s’apparentent à une refonte du fonctionnement du secteur agricole.
La réunion du conseil des ministres est consacrée à l’examen d’un exposé sur la situation actuelle et les perspectives du secteur, comme cela avait été prévu lors de la réunion du conseil le 4 octobre dernier. Le président a donné ses instructions détaillées après avoir entendu et “salué” un exposé “approfondi” présenté par le ministre de l’Agriculture, Sid Ali Khaldi, en pleine crise de la pomme de la terre qui a montré les failles de l’agriculture algérienne.
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Un plan d’organisation de l’agriculture et un service dédié aux statistiques
La première instruction de Abdelmadjid Tebboune concerne l’élaboration d’un “nouveau plan d’organisation locale de l’agriculture, afin d’assurer une plus grande transparence et des statistiques plus précises et plus modernes”, lit-on dans un communiqué de la présidence de la République.
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Toujours en ce qui concerne les chiffres, il a ordonné la création “immédiate” d’un service dédié aux statistiques, “couvrant l’ensemble des activités et des métiers liés au secteur agricole”, dans le but de mettre fin à toutes les formes de “retard dans l’approvisionnement du marché national en produits de consommation, en particulier les produits de grande consommation”.
L’autre décision du président concerne la création d’un office dédié aux légumineuses sèches et au stockage des céréales, relevant de la compétence de l’Office algérien professionnel des céréales (OAIC).
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Une réorganisation du ministère est aussi à prévoir. Le ministre de l’Agriculture est chargé d’élaborer un plan de répartition des missions du secteur de la pêche et celles du secteur des forêts entre un ministre délégué chargé de la Pêche et un secrétaire d’État chargé des Forêts.
Interdiction de la mise en jachère des terres et de l’utilisation du maïs comme fourrage
La prochaine récolte doit être préparée dès maintenant. Le président de la République a ordonné de commencer, dès le mois de novembre en cours, la mise à disposition du matériel agricole nécessaire, “tant en quantité qu’en qualité, pour toutes les zones de production”, et cela après la mise en œuvre de la décision du conseil des ministres relative à la création de coopératives de mécanisation.
La mise en jachère des terres sera désormais interdite en Algérie, sur décision du président Tebboune, qui a estimé qu’il s’agit de “pratiques fondées sur des arguments erronés qui n’ont aucun rapport avec l’agriculture moderne et contemporaine”.
L’autre interdiction “totale” prononcée concerne l’utilisation du maïs comme fourrage vert pour l’alimentation du bétail. La pratique “n’a en aucun cas eu d’effet positif sur la production de viande ni sur la satisfaction des besoins du marché national”. Elle a, “au contraire, entraîné une grave pénurie du maïs en grain”.
Lutte contre les fraudes et la rétention de la production
Dans un contexte de spéculation sur certains produits comme la pomme de terre, le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité de lutter contre “toutes les formes de rétention de la production agricole par les agriculteurs”, d’autant plus que, a-t-il souligné, l’État a “largement ouvert la voie à l’achat des récoltes agricoles stratégiques aux meilleurs prix”. Tout comme il a ordonné de lutter contre toutes les formes de fraude dans le secteur agricole, “de la production à la distribution et à l’approvisionnement.”
Tout en instruisant de réexaminer le fonctionnement et l’organisation des entreprises relevant du secteur agricole, ainsi que la pertinence de leurs rôles, le président de la République a chargé le ministre de l’Agriculture de préparer un exposé spécifique, qu’il présentera à nouveau devant le conseil des ministres, sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de ces recommandations et sur les effets de l’entrée en vigueur de la loi-cadre agricole.