
La réaction de l’Union européenne par l’un de ses porte-paroles au déploiement d’unités de l’armée algérienne au Niger suscite de nombreuses réactions en Algérie.
Si le ministère des Affaires étrangères n’a pas réagi, l’agence officielle APS a publié une dépêche dans laquelle elle tire à boulets rouges sur le franco-marocain Anouar El Anouni, auteur de la déclaration, Paris et Bruxelles.
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D’abord, l’agence de presse algérienne précise que des sources autorisées lui ont confirmé qu’« aucune démarche de cette nature n’avait été entreprise auprès des autorités algériennes » par l’Union européenne.
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Déploiement de l’ANP au Niger : « Aucune demande de clarification » de l’UE à l’Algérie
« Aucune demande de clarification, aucune sollicitation officielle, aucun échange diplomatique correspondant aux propos de ce prétendu porte-parole n’a eu lieu », affirme-t-elle.
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Car si telle était le cas, de telles démarches de la part de l’UE auraient fait l’objet d’un « rejet catégorique » de la part de l’Algérie, au motif évident qu’elles constitueraient une « ingérence intolérable dans les affaires intérieures et les choix souverains d’un Etat indépendant », explique-t-elle.
Dans ce contexte, estime l’APS, la déclaration d’Anouar El Anouni qui a demandé des explications à l’Algérie sur le déploiement d’unités de l’ANP au Nigerrelève de « l’affabulation pure et simple. » Pour comprendre, l’agence met en avant l’origine franco-marocaine de l’auteur de la déclaration. « Tout s’éclaire dès lors que l’on en connaît les ressorts. El Anouni est d’origine franco-marocaine », assène l’APS, en ajoutant que cette déclaration, a été « lue sur papier et préparée en réponse à une question d’un journaliste français », ce qui, selon elle, « renforce le sentiment d’une séquence soigneusement orchestrée, loin d’une réaction spontanée. »
Pour l’APS, cet épisode révèle surtout un « acharnement français contre l’Algérie qui semble décidément ne connaître aucune limite ». L’agence enchaîne en reprochant à Paris son incapacité à « accepter les évolutions géopolitiques qui consacrent l’affirmation des Etats africains et la recomposition des rapports de force au Sahel ».
L’APS accuse Paris d’instrumentaliser l’UE dans sa crise avec Alger
Elle accuse Paris de chercher à déplacer ses confrontations « sur le terrain européen, en tentant d’instrumentaliser les institutions de l’Union Européenne pour donner une dimension communautaire à son hostilité envers Alger. »
L’APS ajoute que la France a « subi un recul considérable de son influence dans cette région » et que les transformations politiques intervenues dans plusieurs pays du Sahel ont « profondément bouleversé les équilibres hérités de l’époque où Paris disposait de leviers d’influence considérables sur une partie du continent africain. »
Et alors que la France se voit écarter du Sahel, l’Algérie, en raison de sa position géographique, de son expérience sécuritaire et de ses relations historiques avec les pays de la région, « demeure un acteur majeur de cette recomposition », poursuit l’APS.
Pour l’agence de presse officielle, c’est précisément ce rôle régional de l’Algérie qui « semble déranger certains milieux français », et ce qui « paraît insupportable » à certains responsables parisiens, c’est « manifestement de voir l’Algérie agir en fonction de ses propres intérêts régionaux, sans que Paris puisse imposer son agenda. »
Pour l’APS, l’Algérie et le Niger « n’ont attendu ni les recommandations de Bruxelles ni les appréciations de Paris pour mesurer les dangers qui pèsent sur leur environnement commun. »
L’agence estime qu’il est « plus singulier encore » de voir une telle communication de la part d’un porte-parole de l’UE donner le sentiment que les « décisions souveraines de deux pays africains devraient être soumises à l’appréciation d’acteurs extérieurs. »
« La coopération algéro-nigerienne n’a pas vocation à satisfaire les calculs géopolitiques européens ou français. Elle répond aux intérêts de l’Algérie et du Niger. Cela devrait suffire à en comprendre la logique », tranche l’APS qui rappelle le contexte des relations algéro-européennes « déjà fragilisées, sur instigation de la France, par plusieurs différends, notamment les restrictions commerciales visant des produits algériens et les difficultés entourant le fonctionnement du Conseil d’association. »
Pour elle, , la déclaration du « prétendu » porte-parole de l’UE vient ajouter une « nouvelle source de crispation » à des relations algéro-françaises qui « nécessiteraient, au contraire, davantage de responsabilité. »
L’Algérie « n’a aucune justification à fournir »
Pour l’APS, l’UE doit faire « toute la lumière » sur les conditions dans lesquelles cette demande d’éclaircissements et de « veiller à ce que ses institutions ne deviennent pas, une nouvelle fois, les instruments de contentieux bilatéraux. »
Enfin, l’agence officielle affirme que l’Algérie « n’a aucune justification à fournir à ceux qui cherchent à politiser ses initiatives régionales. » « Car, au-delà de cette déclaration et de son caractère pour le moins contestable, une réalité demeure : l’indépendance algérienne n’est pas un sujet de discussion, la souveraineté nationale n’est pas une concession diplomatique et la coopération avec les pays voisins n’est pas une faveur accordée par une quelconque puissance extérieure », conclut l’APS.