
Alors que l’Algérie et la France ont entamé résolument un processus de sortie de crise, pour le courant extrémiste, c’est Paris qui “s’agenouille” et qui fait “la courbette” à Alger.
Les réactions se succèdent depuis la visite en Algérie du ministre de la Justice Gérald Darmanin.
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Comme son collègue de l’Intérieur Laurent Nunez qui avait relancé en février dernier la coopération migratoire et sécuritaire, Darmanin a évoqué avec ses collègues algériens les questions de coopération judiciaire qui relèvent de sa compétence.
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Après Bruno Retailleau et Jordan Bardella, Marine Le Pen est aussi montée au créneau pour dénoncer ce rapprochement.
Marine Le Pen ne veut pas d’un traité d’amitié avec l’Algérie
« Il faut dialoguer avec toutes les nations parce que ça permet de défendre les intérêts de la France, mais il ne faut pas s’agenouiller. C’est là que le gouvernement a dû mal à voir la différence », a soutenu la cheffe de file du Rassemblement National (RN) vendredi 22 mai sur BFMTV-RMC.
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A son retour d’Alger, Gérald Darmanin a plaidé pour un traité d’amitié avec l’Algérie. La fille de Jean-Marie Le Pen n’en veut évidemment pas.
“Nous n’avons pas besoin d’un traité d’amitié avec l’Algérie comme le propose Gérald Darmanin, nous avons besoin qu’elle reprenne ses OQTF, qu’elle respecte le droit international, et qu’elle arrête d’accuser la France de tous ses maux”, a-t-elle dit.
Pour elle, les propos du Garde des Sceaux et tous les propos apaisés tenus de part et d’autre, ne sont que “des mots ».
Marine Le Pen a ressorti tout le vocabulaire entendu ces derniers mois sur l’Algérie qui, selon elle, “crache au visage” de la France et lui demande des “genoux flexions ininterrompues”…
Les deux capitales ont beau avancer sur les questions en suspens, le courant anti-algérien trouvera toujours matière à surenchérir.
Le Pen a encore mis en avant l’affaire Boualem Sansal, qui a trouvé une issue il y a six mois ou encore celle des OQTF qui est aussi réglée selon le ministre français de l’Intérieur.
Retailleau et Bardella droit dans leurs bottes
Les mêmes réactions ont été suscitées chez les autres figures de ce même courant par la visite de Gérald Darmanin en Algérie.
Le président de Les Républicains Bruno Retailleau a dénoncé l’ “incroyable naïveté” du président français et de son gouvernement vis-à-vis de l’Algérie.
“Depuis dix ans, Emmanuel Macron nous a entraînés dans une relation toxique avec l’Algérie, marquée du sceau de la repentance et de la crainte. Mais pour quels résultats ?”, s’est interrogé l’ancien ministre de l’Intérieur, lui-même accusé de n’avoir obtenu aucun résultat avec sa politique du “rapport de force” et d’avoir gravement détérioré la relation avec un grand pays.
Retailleau est “le pire ministre de l’Intérieur de la Ve République, celui qui a tout cassé, et pour zéro résultat”, a accusé une source du camp présidentiel citée cette semaine par le journal L’Opinion.
Jordan Bardella est lui aussi sorti de ses gonds pour dénoncer le rapprochement en cours entre Alger et Paris, exigeant une “diplomatie de la fermeté” et non une “diplomatie de la courbette”.
Les montées au créneau synchronisées du courant anti-algérien alors que le gouvernement multiplie les annonces d’avancées notables sur plusieurs dossiers entre les deux capitales. Laurent Nunez a même annoncé mardi dernier que les relations entre les deux pays sont désormais “bonnes”.