
La région de Maghnia, dans la wilaya de Tlemcen, dans l’extrême Ouest de l’Algérie, subit les conséquences désastreuses de la pollution de l’Oued Mouilah par les rejets des unités industrielles implantées de l’autre côté de la frontière, à Oujda au Maroc.
Ces rejets toxiques constituent une menace pour la population locale et l’agriculture. Parmi les victimes figure le barrage de Hammam Boughrara, qui dispose d’une capacité de 177 millions de m³ et qui est approvisionné par cet oued pollué.
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Les préjudices n’épargnent ni l’activité agricole ni les écosystèmes naturels de cette zone située à la frontière avec le Maroc. En septembre et octobre 2024, ce barrage a connu une catastrophe écologique d’envergure avec plus de 45 tonnes de poissons morts, selon El Moudjahid.
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La pollution de l’Oued Mouilah a fait l’objet d’un document-enquête projeté à l’ouverture de la Conférence internationale sur la protection et l’utilisation durable des cours d’eau transfrontaliers et la prévention de la pollution environnementale (IC-TWEP-2026), organisée par l’université de Tlemcen la semaine passée.
Le court-métrage a recueilli des témoignages qui ont fait état de dommages considérables causés à l’activité agricole. Des riverains ont signalé la mort de leurs bêtes des suites de la consommation de l’eau de cet oued. « Tout le bétail dont nous dépendons est mort », témoigne un éleveur de moutons. L’eau est devenue impropre à l’irrigation, pénalisant ainsi pas moins de 8 000 hectares de terres agricoles.
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Le chercheur Mohamed Doumir tire la sonnette d’alarme : « Les eaux en provenance du royaume du Maroc sont empoisonnées sur les plans bactériologique et chimique ».
Plus loin au Sud, ajoute le chercheur au micro d’Ennahar TV, « le Makhzen recourt à la construction méthodique de barrages pour empêcher le cours naturel des oueds qui traversent le territoire marocain avant d’arriver dans la région de Béchar ».
Doumir a dénoncé « un comportement malsain et injuste de la part des autorités marocaines qui recourent à l’empoisonnement des eaux et à la construction orientée de barrages dans le but de nuire à l’Algérie ».