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En réponse aux manifestations, les pro-Bouteflika rappellent la décennie noire de l’Algérie et la Syrie

En réponse aux manifestations, les pro-Bouteflika rappellent la décennie noire de l’Algérie et la Syrie

Plusieurs personnalités favorables à un cinquième mandat du président sortant Abdelaziz Bouteflika ont récemment commenté les manifestations populaires ayant eu lieu en Algérie depuis vendredi 22 février en évoquant l’histoire de l’Algérie, faisant référence en particulier à la période ayant précédé la décennie noire des années 1990.

La première référence sur ce sujet a été effectuée hier mercredi à Chlef lors du meeting électoral pour le candidat Abdelaziz Bouteflika. « Si nous continuons à douter, nous allons détruire nos institutions. Vous savez ce que nous avons vécu dans les années 1990. Qui veut revenir à cette période ? », a déclaré dans un discours Amara Benyounes, directeur de la communication de la campagne du président sortant. « Quels que soient nos différends, nous devons sauvegarder l’Algérie. L’Algérie est notre trésor commun », a insisté le président du MPA, parti membre de l’Alliance présidentielle.

« Même à l’étranger, des voix se sont fait entendre, les mêmes voix sionistes qui, dans les années 1990, usaient du « qui-tue-qui » et qui aujourd’hui appellent à un nouveau « printemps arabe » en Algérie, comme ce fut le cas en Syrie, en Libye et en Égypte », a affirmé M. Benyounes. « Il est vrai que nous devons écouter nos jeunes, mais la solution est le vote. Est-il possible, dans la conjoncture que nous vivons, que la solution vienne de la rue ? Personnellement, je ne le pense pas », a-t-il estimé en outre.

Ce jeudi, c’est au tour du Premier ministre Ahmed Ouyahia de faire référence à la cette période sombre. « Depuis une semaine, il y a des manifestations […] Nous sommes confiants en les enfants de l’Algérie mais nous avons peur des manipulations et des manœuvres », a affirmé aujourd’hui M. Ouyahia lors de sa réponse aux questions des députés sur la déclaration de politique générale du gouvernement.

« Je rappelle 1991, c’était comme aujourd’hui […] je lis maintenant qu’il y a un appel à la grève, je rappelle la grève de 1991 », a rappelé le Premier ministre, qui a, comme M. Benyounes, également fait référence à des « milieux étrangers » qui « commencent à bouger, à commenter, à dire que le peuple algérien s’est réveillé ».

« Je ne parle pas pour faire peur au peuple, non, je ne parle pas pour exploiter le passé », a affirmé Ahmed Ouyahia. Ce dernier a par ailleurs averti du parallèle entre les événements actuels en Algérie et le début de la guerre civile syrienne en 2011. « Les citoyens ont offert des roses aux policiers, c’est beau, mais je rappelle qu’en Syrie, ça a commencé aussi avec les roses », a indiqué le Premier ministre.

« Je leur dis la vérité et ils se lèvent pour confirmer qu’ils veulent le chaos », a affirmé en outre M. Ouyahia après avoir été chahuté par les députés de l’opposition.

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