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Frais d’inscription: des étudiants algériens dénoncent une double discrimination

Le gouvernement algérien a supprimé les bourses au mérite, celui de la France veut augmenter fortement les frais d'inscription à l'université. Des étudiants algériens, déjà exclus du dispositif d'aide national…

Frais d’inscription: des étudiants algériens dénoncent une double discrimination
Students are pictured in a lecture hall of Nanterre University, 09 October 2007 in Nanterre, a suburb of Paris on the first day of the academic year. Nanterre, the place where the student protests begun in May 68, will celebrate in 2008 the 40th anniversary of the revolt which led to drastic political and social changes in France. AFP PHOTO MARC WATTRELOT (Photo by MARC WATTRELOT / AFP)
Chabi Ouardia
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Le gouvernement algérien a supprimé les bourses au mérite, celui de la France veut augmenter fortement les frais d’inscription à l’université. Des étudiants algériens, déjà exclus du dispositif d’aide national réorienté vers les « enfants de… » ne cachent pas leur amertume vis-à-vis du projet annoncé de Paris.

Pour eux, c’est le risque d’une double discrimination qui se profile. C’est pour cela qu’ils sont venus se joindre ce samedi aux quelques centaines d’étudiants de toute origine qui se sont rassemblés à Paris pour protester contre cette hausse.

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Alors que l’avenue des Champs-Élysées offrait l’image d’un champ de bataille où se joue entre les forces de l’ordre et les « gilets jaunes » une phase décisive du pouvoir du président Macron, les étudiants ont choisi le parvis du Panthéon pour se rassembler dans une ambiance bien plus calme. Ils ont donné de la voix aux cris de « non à l’augmentation des frais d’inscription », « mêmes études mêmes droits » ou encore « solidarité avec les étrangers ». Objectif : faire reculer le gouvernement. L’appel a été lancé par l’Unef, deuxième syndicat étudiant, rejointe par d’autres organisations comme l’Union des Étudiants algériens de France.

A partir de la rentrée 2019, les étudiants résidant hors de l’Espace économique européen (EEE) devront s’acquitter de 2.770 euros en licence et 3.770 euros en master et doctorat, contre 170 euros pour une année de formation en licence, 243 euros en master et 380 euros en doctorat pour les jeunes Européens.

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Au milieu des manifestants, un jeune se présente sous le pseudonyme de Arris. Originaire des Aurès, il est inscrit en thèse de Chimie à l’université de Lorraine, après un Master à l’Inim de Boumerdès.

Arris fait ses comptes. Il faut un minimum de 650 euros par mois (le double à Paris) pour espérer vivre en France. Hormis les boursiers et les enfants de parents riches, les autres doivent travailler à temps partiel pour financer leur séjour. Ils représentent l’écrasante majorité des presque 30.000 étudiants algériens inscrits sur environ 300.000. C’est le troisième contingent après les Chinois et les Marocains. Avec la forte augmentation des frais d’inscription, ce sera encore plus de boulot dans des conditions difficiles et donc moins de chances de succès. L’équation est insoluble pour Arris, fils d’un retraité et d’une mère au foyer. S’il fallait 6.500 euros dans le compte pour obtenir un visa via Campus France, il en faudra bien plus si la hausse est maintenue. Au change parallèle, c’est une fortune pour les familles modestes qui voient dans l’exil de l’enfant une opportunité de promotion sociale. Car en majorité les étudiants ne rentrent pas au pays. Pour peu que des perspectives professionnelles se présentent. Dans l’informatique et l’électronique, les chances sont très fortes, évalue Arris.

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Premier pays d’accueil non anglophone, la France est la quatrième destination mondiale pour les étudiants internationaux, après avoir perdu sa troisième place ces dernières années au profit de l’Australie.

Malgré une remontée depuis 2016, le nombre d’étudiants étrangers a baissé de 8% entre 2010 et 2015. « La France conserve des points d’attractivité mais on voit un début de décrochage », selon son gouvernement

« Nous pouvons faire beaucoup mieux », a affirmé le Premier ministre français Edouard Philippe en présentant la stratégie baptisée « Bienvenue en France », qui vise à mieux accompagner l’arrivée des étudiants étrangers en France.

La politique des visas va être « améliorée », avec des formalités simplifiées et accessibles en ligne. Le nombre d’étudiants ayant accès à des cours en anglais, ainsi qu’aux cours de français langue étrangère (FLE), sera doublé. Chaque étudiant étranger se verra désigner un référent pour l’accompagner.

Un label sera attribué aux établissements remplissant certaines conditions d’accueil et l’accès aux logements étudiants sera facilité.

Il s’agira de « simplifier la vie des étudiants sur place », résume-t-on au ministère de l’Enseignement supérieur.

Un fonds d’amorçage doté de 5 millions d’euros sera mis en place en 2019 pour permettre aux universités de mener les premiers projets. Un fonds de soutien de 20 millions d’euros prendra ensuite le relais.

La hausse envisagée permettra notamment d’augmenter le nombre de bourses ou d’exonérations de droits d’inscriptions, dont bénéficieront « 15.000 étudiants dans les mois qui viennent », venant principalement de pays en développement (contre 7.000 aujourd’hui).

Au final, avec d’autres accords d’exemptions, « un étudiant international sur quatre pourra bénéficier d’une exonération ou d’une bourse », selon le gouvernement.

Il s’agit d’un « choix mesuré », a plaidé le Premier ministre.

« Nous resterons très en-dessous des 8.000 à 13.000 euros de nos voisins néerlandais et des dizaines de milliers de livres en Grande-Bretagne, et de la plupart des pays européens, sans évoquer bien sûr la situation sur le continent nord-américain », a-t-il souligné.

Paradoxalement, le faible coût des frais de scolarité en France décourageait aussi certains candidats, qui s’inquiétaient de la qualité des enseignements, a-t-on souligné à Matignon.

Seuls les étudiants résidant hors de l’Espace économique européen (EEE) sont concernés: les étudiants venant de l’EEE continueront eux à payer les mêmes frais qu’un étudiant français, en vertu des règles européennes.

A défaut de bourses réservées aux privilégiés, les étudiants algériens espèrent des aides consulaires, aussi modestes soient-elles.

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