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Interview de Massad Boulos : les quatre phrases qui font mal à Rabat

En quatre phrases, Massad Boulos, l’émissaire de Trump, vient de mettre à mal le récit que le Maroc répète depuis un an sur le Sahara occidental.

Interview de Massad Boulos : les quatre phrases qui font mal à Rabat
Les quatre phrases de Massad Boulos qui font mal à Rabat / Capture Youtube
Amar Belani
Durée de lecture 2 minutes de lecture
Clock 2 minutes de lecture

L’entretien accordé cette semaine par Massad Boulos à France 24 n’a rien d’un exercice de style diplomatique. En quatre phrases, l’émissaire de Trump vient de mettre à mal le récit que le Maroc répète depuis un an.

Première phrase, le constat d’une impasse momentanée là où Rabat annonçait le triomphe

« Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de solution qu’on puisse sentir ou toucher ». Le Maroc a construit toute sa communication sur un postulat simple. La résolution 2797 du Conseil de sécurité aurait tranchée et il ne resterait plus qu’à en récolter les dividendes.

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Cette phrase remet directement en cause ce postulat. La réalité est qu’après trois cycles de pourparlers, le dossier patine. Deuxième phrase, l’attentisme qui humilie ceux qui réclamaient l’ultimatum

Massad Boulos attend la réponse du Polisario. Pas de délai, pas de sommation, alors que Rabat réclamait une diplomatie américaine beaucoup plus agressive. La diplomatie marocaine avait misé sur l’impatience américaine pour accélérer le processus. Washington préfère pour l’heure attendre sa réponse.

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Troisième phrase, Alger félicitée et non montrée du doigt

Depuis des années, Rabat répète quel’Algérie constitue le véritable verrou du dossier. Elle serait l’obstacle qu’il faudrait désigner pour débloquer les négociations.

Massad Boulos choisit précisément ce moment pour faire l’inverse. Il salue un partenariat constructif et remercie les autorités algériennes.

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Quatrième phrase, l’Algérie ne peut pas imposer une solution

C’est la phrase qui fait siffler les oreilles à Rabat. Le conseiller de Donald Trump précise surtout que l’Algérie ne peut pas imposer une solution au Sahara occidental, mais qu’elle peut encourager le processus, ce qu’elle a fait selon Washington.

Cette position va directement à l’encontre du narratif marocain qui cherche depuis des années à présenter l’Algérie comme la partie principale du conflit. Or, dans le cadre onusien, les deux parties au conflit sont le Maroc et le Front Polisario. L’Algérie et la Mauritanie sont appelées à coopérer au processus en tant que pays voisins.

Ce que Rabat refuse de voir

Ces quatre phrases disent une seule chose. L’administration américaine n’a jamais signé un chèque en blanc au Maroc. Dans son triomphalisme fébrile et de mauvais aloi, le Maroc a pris la résolution 2797 pour une reddition algérienne actée.

Le responsable américain vient de rappeler qu’il ne s’agissait que d’un cadre de négociation. Or, un cadre ne produit pas de résultat à lui seul. Il faut encore parvenir à un accord et surtout obtenir l’adhésion franche et librement consentie du Front Polisario, seule condition permettant de parvenir à une solution mutuellement acceptable.

*Amar Belani est ancien ambassadeur d’Algérie

 


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