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La députée Salima Ghezali exclue du FFS à cause d’un article sur Gaid Salah

La députée Salima Ghezali exclue du FFS à cause d’un article sur Gaid Salah

La députée du FFS à Alger Salima Ghezali a été exclue de son parti. « C’est une exclusion du parti pour avoir écrit un article, publié par TSA, sans demander leur aval, parait-il. Je n’ai pas à demander la permission à qui que ce soit pour défendre les principes qui sont les miens et qui, je le croyais, convergeaient avec ceux du FFS. S’ils ont glissé quelque part que la soumission à la direction primait sur les convictions militantes, c’est leur souci, pas le mien », a expliqué Salima Ghezali, dans une déclaration à TSA, ce dimanche 14 octobre.

Le 13 août 2018, Salima Ghezali a signé en tant que journaliste et écrivaine une tribune dans TSA sous le titre « Réponse au général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah ». Elle reprochait notamment au vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP de « défendre un système autoritaire et corrompu (…) qui s’acharne à désorienter la société, à détruire le politique et à coloniser le militaire ». « Ils m’ont sanctionnée parce que j’ai utilisé, comme toujours, comme depuis que j’ai appris à parler, ma liberté d’expression pour défendre un principe théoriquement sacré au FFS qui est la primauté du politique sur le militaire, et autre, la plate-forme de la Soummam », a-t-elle souligné.

« J’avais raison d’écrire cet article »

Comment expliquer cette décision ? « On n’explique pas l’absurde, toutes ces contradictions de notre pays, de notre politique, de l’impasse dans laquelle se trouve le pays. Nécessairement, le FFS fait partie de l’Algérie, de la société algérienne, porte les incohérences et les soubresauts », a-t-elle répondu.

Pour elle, la direction du FFS est libre de prendre la décision relative à l’exclusion. « Et, je suis libre de penser que j’avais raison d’écrire cet article et que j’en referais d’autres parce que c’est ce que je sais faire le mieux. Et, ce qu’ils savent mieux faire, c’est faire passer les gens en Conseil de discipline. Salima va continuer d’écrire et va continuer de parler avec les gens. C’est dommage parce qu’encore une fois, nous arrivons devant une impasse historique qui s’exprime au sein du FFS, comme elle s’exprime ailleurs. Arriver à trouver les moyens de fonctionner d’une façon moderne et cohérente où le fond et la forme vont ensemble, c’est difficile à réaliser pour une société comme la nôtre qui a accumulé les carences, les violences et les incompréhensions », a-t-elle analysé.

La réaction du FFS

Contacté par TSA, Mohamed Hadj Djilani, Premier secrétaire du FFS, a préféré ne pas commenter la décision. « Je n’ai rien reçu pour le moment. On attend de voir le PV de la commission. Il s’agit d’une question interne au parti », a-t-il déclaré.

Jugurtha Abbou, secrétaire national à la communication du FFS, a confirmé la réunion de la Commission nationale de médiation et de règlement de conflits, samedi 13 octobre 2018, pour « étudier le cas Salima Ghezali ». « Salima Ghezali a été auditionnée le samedi 6 octobre. Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas encore reçu le PV de la commission. Nous pouvons avoir de l’information qu’après avoir reçu ce PV. Le parti est régi par des statuts et par des textes imposables et opposables à tous les militants quel que soit leur degré de responsabilité. Chaque militant qui enfreint ces règles est passable devant la commission de médiation », a-t-il expliqué en insistant sur le caractère interne de l’affaire.

Selon une source proche du FFS, Ahmed Sili, président de la Commission de médiation et de règlement de conflits, a déposé sa démission.

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