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Peine de mort en Algérie : les pour et contre son rétablissement

La décision du président Tebboune de rétablir l’exécution de la peine de mort contre les auteurs de deux crimes graves suscitent de nombreuses réactions.

Peine de mort en Algérie : les pour et contre son rétablissement
Retour à l’application de la peine de mort en Algérie : les pour et les contre. / Par alisaaa
Riyad Hamadi
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Le rétablissement de l’application de la peine de mort en Algérie divise la classe politique. La décision a été annoncée par le président de la République Abdelmadjid Tebboune dimanche 30  août, après les incendies meurtriers qui ont touché plusieurs régions du pays.

Les exécutions se feront uniquement pour deux crimes spécifiques, les incendies volontaires qui causent des décès et l’enlèvement, meurtre et services sur enfants. L’Algérie applique un moratoire sur les exécutions depuis 1993.

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Si une grande partie de la classe politique et de la société civile soutient la mesure de la levée de ce moratoire, certaines voix s’y opposent sans ambiguïté. 

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FLN, RND et FJD soutiennent 

Sans surprise, le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND) ont applaudi la décision présidentielle. 

“Nous sommes avec la décision de l’État algérien. Ces gens ont détruit nos jeunes par la drogue, violé des mineurs. Est-ce que des gens pareils méritent la liberté ?”, a déclaré ce lundi le secrétaire général de l’ex-parti unique, Abdelkrim Benmebarek, d’autant plus, a-t-il appuyé, qu’une telle sentence est prévue par la religion musulmane. 

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Dimanche, le SG du RND, Mounder Boudene, a exprimé son soutien à la décision du président de la République, portant durcissement des peines contre les auteurs et commanditaires des incendies volontaires, notamment à travers l’exécution de la peine de mort à leur encontre.

Abdallah Djaballah, président du Front de la justice et du développement (FJD), a exprimé le même soutien tout en s’attaquant avec véhémence à ceux qui s’opposent à la peine de mort. 

“La laïcité est l’une des pires choses laissées par le colonialisme”, a-t-il estimé dans un communiqué. 

“Ce sont des adversaires de la Charia (…) ils se retranchent derrière le respect du droit à la vie — l’un des droits humains fondamentaux — tout en ignorant les droits des centaines de personnes injustement brûlées vives”, a ajouté Djaballah. 

L’opposition se démarque 

Les opposants sont notamment le Front des Forces socialistes (FFS), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le Parti des Travailleurs et Jil Jadid.

Le FFS, par la voix de son premier secrétaire Youcef Aouchiche, s’est dit  contre la levée du moratoire sur l’application de la peine de mort qui constitue, selon lui, “une régression à tout point de vue”.

Le président du RCD, Atmane Mazouz, a annoncé pour sa part que les députés de son parti voteront contre tout projet de loi visant à rétablir ou à étendre l’application de la peine capitale.

“Cette position n’est ni circonstancielle ni dictée par l’opportunité politique. Elle s’inscrit dans une conviction ancienne et constante”, a-t-il précisé, estimant qu’ “aucun État ne doit s’arroger le droit irréversible de supprimer une vie humaine”.

Il s’agit aussi d’une “position de principe” pour le PT qui a rappelé qu’il s’oppose à la peine de mort depuis sa création. Sa SG, Louisa Hanoune, a expliqué que les États américains qui l’appliquent n’ont pas de taux de criminalité bas. Mme Hanoune a mis en garde contre le risque d’erreurs judiciaires irréversibles en cas d’inexécution de personnes innocentées par la suite. 

Pour Jil Jadid, l’application de la peine de mort “ne constitue pas une solution appropriée”. Il s’agit en outre d’une question fondamentale qui ne peut être tranchée indépendamment d’un débat profond, a estimé le parti.

“Aucun texte international ne contraint l’Algérie à suspendre les exécutions”

Du côté des juristes, Me Boudjemaa Gherchir a expliqué à El Khabar qu’il n’y a pas d’accords internationaux obligeant l’Algérie à ne pas appliquer la peine de mort ou à l’abolir.

L’unique texte que l’Algérie a approuvé de sa propre initiative à cet égard est la résolution 62/149 de l’Assemblée générale des Nations unies, qui appelle les États à suspendre les exécutions en vue d’une abolition progressive de la peine capitale.  Mais ce texte ne constitue pas un traité contraignant, a souligné le défenseur des droits de l’homme. 

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