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Russie et Israël aux JO Paris 2024 : deux poids, deux mesures ?

Russie et Israël aux JO Paris 2024 : deux poids, deux mesures ?

À quelques mois des Jeux olympiques Paris 2024, la question de l’impartialité du Comité olympique international (CIO) se pose avec acuité à cause de ses positions antagoniques vis-à-vis de la guerre Russie-Ukraine et celle que mène Israël à la bande de Gaza.

Avant le CIO, c’est la FIFA qui a exclu la Russie de toutes les compétitions internationales de football, notamment la Coupe du monde 2022.

Pour les JO de Paris 2024, la Russie est exclue en tant que nation. Ses athlètes sont toutefois autorisés à participer, mais sous plusieurs conditions.

Ils ne doivent pas avoir soutenu la guerre en Ukraine et devront concourir sous bannière neutre. La Russie avait déjà été suspendue des JO de Tokyo en 2021 où seuls 10 de ses athlètes ont été autorisés à participer sous bannière neutre. Mais c’était pour une histoire de dopage.

Cette fois, c’est pour des raisons politiques que des restrictions sont apportées à la participation d’un grand pays comme la Russie. La dernière en date a été annoncée, mardi 19 mars, et porte sur l’interdiction à la délégation russe de parader à la cérémonie d’ouverture des JO Paris 2024. Les mesures du comité international s’appliquent aussi à la Biélorussie, allié de Moscou dans sa guerre contre l’Ukraine.

La décision a donné lieu à une polémique très virulente entre les deux parties.

La Russie, par la voix d’une porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, a estimé que « ces décisions démontrent à quel point le CIO s’est éloigné de ses principes déclarés et a basculé dans le racisme et le néonazisme ».

Le CIO y a vu une attaque directe et personnelle contre son président, l’Allemand Thomas Bach. « Cela dépasse tout ce qui est acceptable. En liant le président, sa nationalité et l’Holocauste, le gouvernement russe tombe encore plus bas », a dénoncé un porte-parole de M. Bach.

Les choses risquent toutefois de ne pas rester au stade de la polémique puisque l’éventualité d’un boycott des jeux par la Russie devient de plus en plus plausible à cause des mesures du CIO vécues à Moscou comme une « humiliation ».

Plus grave, le monde se dirige peut-être vers un schisme du mouvement olympique avec l’organisation par la Russie d’une sorte de Jeux olympiques-bis appelés « les Jeux de l’amitié ».

Le CIO a proféré des menaces de sanctions à l’encontre des athlètes qui prendraient part à ces jeux qu’il considère à « motivation purement politique » et de « tentative cynique d’exploiter les sportifs à des fins de propagande politique ».

Le CIO à propos de la Russie et d’Israël : « Deux situations différentes »

Le CIO lui-même n’échappe pas aux mêmes soupçons et les accusations ne viennent pas uniquement de Moscou. De nombreuses voix s’élèvent à travers le monde pour fustiger le silence du Comité olympique international vis-à-vis des crimes israéliens dans la bande de Gaza.

En cinq mois et demi, l’armée israélienne a tué 32.000 civils dans l’enclave palestinienne, dont une majorité de femmes et d’enfants, en plus d’affamer les habitants et de commettre toutes sortes de crimes de guerre.

Le 20 février dernier, une trentaine de députés français ont saisi le CIO, lui demandant « d’appliquer à Israël les mêmes sanctions qu’à la Russie et à la Biélorussie ».

Les auteurs de l’appel ont toutefois proposé de laisser « ouverte la possibilité d’une levée de ces sanctions en cas de cessez-le-feu durable » à Gaza.

La réponse est tombée le 8 mars. « Il n’est pas question d’envisager des sanctions (contre Israël) », a rétorqué sèchement le président de la commission de coordination des JO de Paris.

Le responsable a évoqué « deux situations différentes », accusant la Russie et son comité olympique d’avoir « clairement bafoué des éléments essentiels de la charte olympique », ce qui, selon lui « n’est le cas ni du comité olympique palestinien, ni du comité olympique israélien » qui, soutient-il encore, « coexistent de manière pacifique entre eux ».

Un argument très discutable au vu de la situation sur le terrain à Gaza, et même en Cisjordanie où siège le comité olympique palestinien.

Pour la Russie, il s’agit d’une « discrimination sans précédent » qui démontre que le CIO, « sous l’influence des élites politiques occidentales » est en train de détruire « l’idéal de l’olympisme ».

Un parti pris qui a fait réagir le leader de La France Insoumise (LFI). Pour Jean-Luc Mélenchon, les normes doivent « s’appliquer à tout le monde ».

« Si les Russes viennent sous bannière neutre, alors le gouvernement de M. Netanyahou et les athlètes israéliens, qui sont des athlètes d’un pays qui commet un génocide, doivent aussi venir sous bannière neutre », a-t-il jugé.

Pour Mélenchon, il s’agit d’abord de « montrer au monde entier qu’il n’y a pas deux normes ». « Tout le monde pense qu’il y a un double standard et nous, ils nous mettent dans la catégorie Occident, menteur, à double face », a-t-il dit.

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